Donald Martel, de la CAQ, Marie-Claude Camirand, du PQ, Marc H. Plante, du PLQ, et Steven Roy Cullen, de QS, ont assisté ensemble au visionnement du débat des chefs dans les locaux du Nouvelliste.

L’effet d’un plat de bonbons...

TROIS-RIVIÈRES — En arrivant au bureau du Nouvelliste avec son plat de jujubes, le candidat libéral dans Maskinongé, Marc H. Plante, était loin de se douter qu’il contribuerait ainsi à rendre le visionnement du débat des chefs plutôt agréable en compagnie de trois adversaires régionaux.

«Ça part solide. Ça va être de même tout le long», lui a d’abord lancé la candidate péquiste dans Trois-Rivières, Marie-Claude Camirand, en voyant Philippe Couillard se faire attaquer d’entrée de jeu.

Et quand le débat a porté sur le temps d’attente en urgence, Marc H. Plante a demandé au député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, d’expliquer la position de François Legault.

«Ça n’a pas de bon sens la différence de salaires des enseignants entre l’Ontario et le Québec», a laissé échapper le représentant de la CAQ, sur le segment relatif à l’éducation.

Or, il n’a pas hésité à se dire d’accord avec le chef de Marc H. Plante sur le maintien des écoles privées. Tout comme Marie-Claude Camirand, du PQ, a approuvé la position de Manon Massé sur la non-nécessité des maternelles 4 ans et l’utilité des CPE. Comme quoi la convivialité s’installait au fil du débat, entre deux bouchées de jujubes.

De toute évidence, le candidat de Québec solidaire dans Champlain, Steven Roy Cullen, était toutefois agacé par «le manque de politesse» de Jean-François Lisée. Et devant les promesses de la co-porte parole de sa formation politique, Donald Martel a lancé un: oui papa! bien senti.

Par ailleurs, au sujet de la déclaration de Philippe Couillard sur le salaire minimum, celui-ci a prévenu Marc H. Plante que «mon chef va avoir une réponse à ça».

Ce dernier a néanmoins pris sa revanche quand est arrivée la question de l’immigration. «Un petit bonbon Donald?», lui a-t-il offert. Or, les circonstances ont voulu que le député caquiste sorte quelques instants de la salle pendant que les chefs discutaient du fameux test des valeurs de François Legault.

À la fin de la soirée, Donald Martel était visiblement fier de son chef, surtout pour ses propositions relatives à la prématernelle quatre ans et la maison des aînés.

«On savait qu’il serait attaqué, mais il a bien réagi même s’il est sanguin», croit-il.

Du même souffle, le député de Nicolet-Bécancour lève son chapeau à Manon Massé pour un premier débat, même s’il fut scandalisé par certaines de ses idées.

Le sujet de la santé est venu le rejoindre, dit-il, en raison des pertes de services que Nicolet a connues.

«L’immigration est un sujet très émotif. M. Legault a été capable d’expliquer. On est loin d’être raciste et ce n’est pas parce qu’on n’aime pas les immigrants», a-t-il décrit comme moment fort.

Pour sa part, Steven Roy Cullen a trouvé Manon Massé «très bonne, authentique, naturelle». Tout en déplorant que la formule n’ait pas permis de mettre les idées de l’avant, selon lui, il reconnaît l’expérience de Philippe Couillard et l’habileté de Jean-François Lisée pour répondre aux questions.

Quant au dossier qu’il a trouvé important pour la région, c’est tout ce qui s’appelle transition économique et écologique. Son fait saillant du débat? «Le ouf! de Manon», a-t-il confié.

De son côté, Marie-Claude Camirand s’est dit impressionnée par la performance de son chef, Jean-François Lisée, «la façon qu’il amène le sujet, soit simple et imagée».

Si elle considère que Manon Massé connaissait bien ses dossiers, la candidate péquiste a été interpellée par le débat sur la santé, l’éducation et l’immigration. «Et j’avais le goût d’applaudir la déclaration de clôture de mon chef», a-t-elle avoué.

Finalement, Marc H. Plante est d’avis que Philippe Couillard a su démontrer qu’il avait l’étoffe d’un «grand chef d’État» avec la maîtrise complète des dossiers et sa réponse aux enjeux. «On a fait ce qu’on avait dit et il a bien défendu le bilan tout en disant où on va», a-t-il commenté tout en trouvant que Jean-François Lisée «s’était bien débrouillé».

Au plan régional, il retient l’impact du débat entourant la gestion de l’offre. «Legault n’était pas à l’aise et il était absent à la rencontre de l’UPA», a-t-il conclu avant de retenir comme moment fort le sujet de l’immigration «qui différencie les partis».

Quant à la place de la région au débat, outre la mention de la Mauricie à deux reprises par le premier ministre sortant, on peut noter la présence des lockoutés de l’ABI qui ont manifesté à l’extérieur des studios de Radio-Canada.