Une grève générale illimitée des 830 employés de TVA, membres du Syndicat canadien de la fonction publique, affilié à la FTQ, pourrait être déclenchée le 22 septembre.

Le syndicat de TVA demande aux 4 chefs de s'abstenir de donner des entrevues

Le syndicat des employés de TVA amène son conflit dans l’arène politique : à 10 jours du déclenchement possible d’une grève illimitée, il demande aux chefs des quatre principaux partis de refuser de donner une entrevue à TVA, à compter du moment où une grève ou un lock-out serait effectivement déclenché.

Une grève générale illimitée des 830 employés de TVA, membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, pourrait être déclenchée le 22 septembre.

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Dans cette lettre qui a été adressée aux quatre chefs, et dont La Presse canadienne a obtenu copie, le président du Syndicat des employés de TVA, Réjean Beaudet, rappelle qu’advenant le déclenchement d’une grève, les tâches effectuées normalement par ses membres seraient désormais effectuées par des travailleurs de remplacement.

Le Code du travail du Québec interdit le recours à des travailleurs de remplacement, communément appelés scabs, mais pas le Code canadien du travail. Or, la télédiffusion est de compétence fédérale.

«Votre présence en ondes pourrait alors être interprétée publiquement comme une approbation du plan d’affaires du Groupe TVA et de Québecor ou comme une posture qui entre en contradiction directe avec les valeurs du Québec, dont le Code du travail comporte des dispositions anti-briseurs de grève», écrit M. Beaudet dans sa lettre.

Il leur demande donc de réfléchir à leur «éventuelle participation à des entrevues, reportages ou débats sur les antennes du Groupe TVA, advenant un conflit de travail à la station-mère de Montréal», le 22 septembre.

Au cours d’une entrevue, Réal Leboeuf, conseiller syndical au SCFP, a été on ne peut plus clair : «nous, ce qu’on souhaite, ce qu’on demande, c’est que les partis politiques décident de ne pas donner d’entrevue à TVA, peu importe le lieu, compte tenu qu’il y a un conflit de travail».

Le principal point en litige n’est pas les salaires, mais les abolitions de postes et ce que le syndicat appelle la sous-traitance des emplois de TVA vers d’autres filiales de TVA ou de Québecor, comme les studios Mel’s.

Réponses des partis

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, n’a pas voulu répondre directement à la question. Il a d’abord exprimé son souhait que les deux parties continuent de négocier pour s’entendre.

«Je ne veux pas envoyer de message ni d’un côté ni de l’autre, je ne veux pas prendre position, je souhaite que les partis négocient», a-t-il dit. Selon lui, il est trop tôt pour se prononcer sur la possibilité de franchir une éventuelle ligne de piquetage.

«Je ne veux pas être présomptueux et me mettre dans une position comme si les négociations n’aboutissaient pas», a précisé le chef caquiste.

Sur le même ton, le Parti québécois a simplement répondu que «nous allons laisser les négociations se faire».

Par voie de courriel, Québec solidaire a répondu que le parti «ne traverse pas de ligne de piquetage. Nous avons discuté au téléphone avec le syndicat et on nous a indiqué que ce sont des employés syndiqués qui travailleront le soir du face à face [le 20 septembre]. Pour la suite, des représentants de notre parti rencontreront en personne les syndiqués, afin de connaître avec précision la situation et leurs revendications.»