Jean-François Lisée a conclu son point de presse matinal à Acton Vale en faisant le signe de la victoire avec les doigts, invitant ses candidats à l'imiter — dont la vice-chef Véronique Hivon. «Nous sommes très optimistes», a-t-il dit.

Le PQ souhaite utiliser les surplus «non prévus» pour l'environnement

ACTON VALE — S'il est élu, le Parti québécois propose d'utiliser une partie des surplus budgétaires pour réduire la «dette environnementale» du Québec, en se servant de cet argent pour nettoyer les rivières et les lacs et décontaminer les sols.

«Il faut réparer ce qui a été brisé», a soutenu vendredi le chef péquiste Jean-François Lisée.

Mais d'abord, il faut calculer cette dette environnementale. Pour le moment, il n'y a que les sols contaminés qui sont comptabilisés dans les livres de l'État québécois, a souligné le chef en faisant cette annonce vendredi matin à Acton Vale, en Montérégie. Ce passif s'élève à environ 3 milliards $.

«Mais la dette environnementale, c'est plus que ça», a-t-il fait valoir. Il faut aussi évaluer le coût des déchets qui s'accumulent, des berges qui s'érodent et des sites miniers abandonnés.

La formation politique parle d'utiliser les surplus «imprévus», c'est-à-dire ceux qui seraient engrangés dans le cas d'une croissance économique plus forte qu'anticipée, si les transferts fédéraux sont plus élevés et si les «provisions pour éventualités» du gouvernement ne sont pas utilisées au cours d'une année, précise le PQ. Actuellement, ils servent à la réduction de la dette financière.

Quant aux surplus pouvant être anticipés, ils seront utilisés pour assurer les services à la population.

S'il est élu, M. Lisée promet de mandater les ministères des Finances et de l'Environnement afin qu'ils calculent le montant de cette dette de la manière la plus précise possible.

Un nouveau fonds sera créé, appelé «le Fonds de restauration du patrimoine environnemental», pour accueillir les surplus non prévus. L'argent n'y sera toutefois versé que si la réserve de stabilisation de l'État est supérieure à 2 milliards $.

En plus de la décontamination des sols, il pourra servir à améliorer les systèmes de traitement des eaux et la gestion des matières résiduelles, ainsi que pour réduire l'utilisation des pesticides.

M. Lisée s'engage aussi à ce que chaque décision du conseil des ministres tienne compte de l'impact sur la dette environnementale.

«Nos enfants commencent à être très insistants sur la planète qu'on leur laisse et ils ont raison», a dit le chef, ajoutant qu'il voulait pouvoir les «regarder dans les yeux».

Optimisme de fin de campagne?

Après des arrêts à Acton Vale et à Sherbrooke, le chef est revenu à Montréal pour la visite du local électoral de la circonscription d'Hochelaga-Maisonneuve et un souper avec les candidats locaux.

M. Lisée a conclu son point de presse matinal en faisant, et invitant ses candidats à l'imiter, le signe de la victoire avec les doigts. «Nous sommes très optimistes», a-t-il dit.

Pas besoin d'électrochoc pour la campagne péquiste, a ajouté le chef après avoir rencontré des militants vendredi après-midi dans un bar d'Hochelaga-Maisonneuve, dans la métropole.

«Tous les indicateurs que l'on a sont extrêmement positifs», a-t-il dit.

«J'ai assez vu neiger pour dire que la possibilité d'une victoire du PQ est réelle. On y croit, on la veut, on travaille pour ça.»

Il refuse de se laisser abattre par les résultats du plus récent sondage Ipsos, mené pour le compte de La Presse et de Global News, qui montre que sa formation politique n'a pas réalisé de gains dans les intentions de vote. Le coup de sonde montre que 18 % des électeurs accordent leur appui au Parti québécois et que Québec solidaire (QS) se trouve non loin derrière à 16 %.

La journée de vendredi se concluait avec une grande soirée-spectacle de fin de campagne au théâtre Le National, toujours à Montréal.

«Pour célébrer la fierté qu'on a de notre campagne», a lancé la vice-chef Véronique Hivon, aussi présente à Acton Vale.

La présence du chef péquiste dans la circonscription d'Hochelaga-Maisonneuve avait son importance. QS lorgne cette circonscription de l'est de Montréal avec son candidat Alexandre Leduc, qui tente pour une troisième fois de se faire élire. Lors du dernier scrutin, la députée péquiste Carole Poirier avait remporté sa circonscription avec un peu plus de 34 % des voix, contre M. Leduc qui avait fini deuxième avec plus de 30 % du vote.