Le Planétarium de Montréal

Le PQ, QS et la CAQ se défilent d’un projet de science

Une initiative du célèbre «Pharmachien» et d’un professeur de l’Université Laval (UL) qui visait à amener plus de science dans la campagne électorale s’est butée à un étonnant manque de participation de la part des principaux partis politiques.

Le projet consistait à poser 10 questions de science aux partis sur divers sujets, mais seul le Parti libéral y a répondu (de manière incomplète), alors que ni le Parti québécois (PQ), ni la Coalition avenir Québec (CAQ) ni Québec solidaire (QS) ne se sont prêtés à l’exercice. En fait, seuls les verts et les conservateurs ont pleinement participé.

Les 10 questions visaient à évaluer la relation de chaque parti avec la science et les données. Par exemple, on demandait à chaque parti de dire si les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont plus dangereux pour la santé et l’environnement que leurs équivalents non-OGM. Le consensus scientifique est que non, les OGM ne posent pas de risque particulier, mais les libéraux ont répondu de manière neutre, comme les verts d’ailleurs, et la seule la réponse en accord avec la science actuelle fut celle des conservateurs. (Notons que ce fut l’inverse pour une question sur les changements climatiques. Pour les réponses complètes, voir : 10questionsdesciences.ca)

QS a refusé net de répondre aux questions, alors que le PQ et la CAQ ont accusé réception, mais sans répondre. Le PLQ a pour sa part répondu, mais sans indiquer explicitement s’il était d’accord ou non (ou neutre) avec les énoncés, comme il était demandé.

«La reconnaissance des faits est incontournable pour définir des politiques publiques qui vont fonctionner. [... Mais] trois des quatre partis principaux n’ont démontré aucun intérêt à répondre aux enjeux scientifiques que nous avons soulevés. C’est inquiétant», a déploré le chercheur en agroenvironnement de l’UL Serge-Étienne Parent, co-instigateur du projet, dans un communiqué.

Pour sa part, l’autre scientifique derrière le projet, le pharmacien et vulgarisateur Olivier Bernard (alias Le Pharmachien), a déploré que «les partis n’hésitent pas à baser leur stratégie politique sur des enjeux qui relèvent de la science, comme l’environnement, la santé et l’éducation. Pourtant, nous ignorons sur quels faits ou données factuelles ils appuient leurs positions; l’initiative aurait permis de comprendre davantage leur raisonnement.»

Transparence totale: l’auteur de ces lignes a été brièvement consulté à propos de ce projet, mais n’y a pas activement pris part.