Robert Benoit, ancien député d’Orford.

Le PLQ a été plombé par l’ère Charest selon Robert Benoit

Les libéraux provinciaux ont-ils causé leur propre perte en faisant preuve d’une trop grande inertie au cours des dernières années? Ancien président du Parti libéral du Québec, Robert Benoit n’est pas aussi catégorique, mais il laisse entendre que le chef du PLQ, Philippe Couillard, et ses troupes ont commis une erreur en ne prenant pas davantage leurs distances vis-à-vis l’ère Jean Charest.

M. Benoit raconte qu’il s’était permis d’offrir un conseil à M. Couillard alors que ce dernier effectuait ses débuts comme premier ministre. « Je lui avais dit qu’il fallait qu’une cassure soit opérée par rapport à la période Charest. Mais ça ne s’est pas fait et le Parti libéral a traîné l’époque Charest ainsi que son équipe. La dissociation n’a pas été réalisée », soutient cet ancien député d’Orford.

Cela dit, il affirme que le jugement de la population sur l’époque Couillard n’est pas juste. Il juge que Philippe Couillard « n’était pas toujours d’une grande sagesse, mais qu’il a été un bon premier ministre ».

Robert Benoit croit par ailleurs que le PLQ traversera une période de reconstruction au cours des mois et années à venir. « Il faut rebâtir à partir de la base. Et retourner aux écrits de Claude Ryan par rapport aux valeurs libérales. Renaître de ses cendres est possible. Par contre, dans ce cas-ci, le parti devra comprendre ce que veulent les gens plus jeunes », dit-il.

Plus largement, il considère que le scrutin de lundi ressemble beaucoup à celui de 1976 lorsque le Parti québécois avait défait les libéraux pour la première fois. Les lendemains de cette élection avaient été difficiles pour le PLQ.

Et le député Bélanger?

Quand on demande à Robert Benoit son opinion au sujet du nouveau député d’Orford, il a de bons mots pour lui. « C’est une personne de qualité qui a du panache. En plus, son parcours au plan éthique est correct. »

Occupant la présidence de l’organisme Memphrémagog conservation, M. Benoit reconnaît dans la foulée que l’intérêt pour l’environnement démontré par Gilles Bélanger tend à le rassurer.

« Je pense cependant qu’il faudra éduquer le parti auquel il appartient par rapport à l’environnement. Dans le dossier de la protection des milieux humides, le discours de la CAQ est préoccupant. Des partis comme le Parti québécois et Québec solidaire pourront peut-être influer sur les caquistes s’ils jouent bien leur rôle. C’est à espérer en tout cas. »