La décision d’humains et non d'une machine

L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) ne commentera pas le dossier de plagiat du candidat caquiste dans Jonquière, Benoit Rochefort. L’établissement d’enseignement assure toutefois que ce n’est pas un logiciel, mais bien plusieurs intervenants humains qui déterminent s’il y a plagiat ou non.

« On ne prend pas de décision sur la foi d’un logiciel. Compilatio est un outil parmi beaucoup d’autres. Compilatio engendre une analyse humaine », assure d’emblée Marie-Karlynn Laflamme, directrice du Service des communications et des relations publiques à l’UQAC.

Le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Jonquière, Benoit Rochefort, a été renvoyé du doctorat en management de projets après avoir échoué son examen doctoral pour plagiat. Le candidat affirme que le document plagié était en fait une version du même travail qu’il avait remis précédemment. Il dit avoir retravaillé ses versions à la suite des commentaires de son directeur de recherche. Benoit Rochefort disposait de 10 jours pour en appeler de la décision. Il affirme avoir rencontré le comité d’appel qui a maintenu la décision du comité de lecture.

Marie-Karlynn Laflamme, directrice du Service des communications et des relations publiques à l’UQAC

Jugement humain
La porte-parole de l’UQAC ne peut commenter le dossier du candidat. Elle assure toutefois que les décisions prises par l’UQAC ne sont pas le résultat d’une analyse du logiciel de détection de plagiat Compilatio.

« Compilatio aide à détecter les similitudes entre des textes lorsqu’il y a un doute. Il n’est pas utilisé systématiquement, mais il l’est fréquemment. Ensuite, des bibliothécaires formés vont repérer les similitudes. Puis un jury évalue la situation. Il y a beaucoup d’analyse humaine. Un professeur et le directeur de programmes annoncent ensuite la décision à l’étudiant qui a recours d’appel. »

L’étudiant peut présenter sa version à un comité permanent constitué d’un étudiant de cycle supérieur, de deux professeurs ou chargés de cours, ainsi que du doyen des études. Pour ce faire, il peut être accompagné d’un représentant du MAGE-UQAC. Le jury présente aussi sa version.

« C’est ensuite seulement qu’on décide si on maintient ou non la décision, précise la porte-parole de l’UQAC. Quand on a encore des doutes, on fait appel à d’autres types de spécialistes et à des spécialistes de discipline. » Marie-Karlynn Laflamme confirme que Compilatio conserve les versions précédentes d’un travail déposé. Elle insiste toutefois sur le fait que ces cas ne représentent pas des dossiers d’autoplagiat.

« Compilatio va détecter des portions similaires d’un texte remis pour un même cours, pour lequel on a demandé des corrections. Mais l’analyse humaine va déceler qu’il s’agit du même travail. On peut penser qu’un professeur qui demande des corrections pour un travail va vite détecter ces cas. On parle d’autoplagiat quand quelqu’un remet un même travail dans deux cours différents. Dans un même cours, on n’est pas dans le registre de l’autoplagiat. On parle plutôt d’un processus d’amélioration. La marge d’erreur est humaine, mais jamais un logiciel ne va prendre des décisions à la place des comités. Le processus est très rigoureux. Le plagiat est inacceptable. On lui donne l’importance qu’il se doit puisqu’on est dans un établissement de savoir et de recherche », conclut-elle.