Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée et le candidat Pascal Bérubé, à Matane, lundi

La carrière d'Éric Caire devrait être terminée, selon Lisée

CARLETON-SUR-MER — Pour le chef du PQ, ça suffit. La carrière politique du candidat caquiste Éric Caire devrait être terminée, tranche Jean-François Lisée.

Le dirigeant du Parti québécois (PQ) réagissait ainsi aux propos tenus mardi par le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, en entrevue au FM93, voulant qu'Éric Caire a encore des chances d'être ministre dans un futur gouvernement caquiste malgré la controverse dans laquelle il est embrouillé.

«Il est pas tassé, Éric a beaucoup de qualités. Il a fait une erreur (...). Je pense que de dire demain matin qu'il y aurait pas de chance d'être ministre à cause de ça, ça serait exagéré», a dit M. Legault.

C'est que le candidat, alors qu'il était député, a accepté avec son ex-conjointe un prêt de 55 000 $ du maire de L'Ancienne-Lorette, une municipalité située dans sa circonscription.

Pour M. Lisée, il est clair que si cette situation s'était produite dans un autre parti, François Legault aurait demandé la tête du député en cause.

«Alors la crédibilité de M. Legault en matière éthique, il vient de la gaspiller complètement», a dit le chef péquiste.

M. Lisée n'est pas plus tendre envers le député sortant de La Peltrie, Éric Caire.

Manque de jugement

En acceptant ce prêt, il s'est disqualifié au plan éthique, juge-t-il. «Tu ne peux pas manquer de jugement à ce point», a-t-il déclaré lors d'une mêlée de presse spontanée sur le quai municipal de la ville gaspésienne de Carleton-sur-Mer, alors qu'il avait encore la canne à pêche à la main.

«Si tu n'as pas compris que ce n'est pas éthique, tu n'as pas d'affaires en politique», estime le chef.

«Je pense que sa carrière devrait être terminée.»

M. Caire était député et non ministre quand il a accepté ce prêt, mais l'argument ne trouve pas grâce aux yeux du chef péquiste.

La semaine dernière, le chef de la CAQ avait laissé entendre qu'il aurait agi différemment avec Éric Caire si celui-ci avait été un élu du gouvernement et non un député qui siège dans les banquettes de l'opposition.

Le code d'éthique est le même pour tous: députés comme ministres, tranche M. Lisée. Et puis, si un député manque à ce point de jugement, «imaginez ce qu'il fera quand il sera ministre?».