Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu, Jean-François Gosselin, l'instigatrice de la Marche blanche Sophie Dupont et un membre du chapitre de Québec des Bikers against Child Abuse, «Walther», en point de presse, jeudi.

La CAQ pas pressée de créer un registre des délinquants sexuels

La Coalition avenir Québec (CAQ) est le seul parti clairement en faveur d’un registre public des délinquants sexuels, mais celui-ci se trouve en bas de la liste de ses priorités. Une position qu’espère changer Sophie Dupont, instigatrice de la Marche blanche pour la création d’un tel registre, qui aura lieu le 15 septembre à Québec.

En entrevue téléphonique, le porte-parole de la CAQ, Ewan Sauves a justifié la décision de François Legault de laisser un peu de côté la création de ce registre, même si la CAQ avait déposé une motion sur ce sujet à l’Assemblée nationale il y a quelques mois. 

«On va continuer à défendre la création du registre, mais on a d’autres priorités avant, comme la réforme en éducation et l’entente pour la rémunération des médecins spécialistes, qui vont prendre beaucoup de temps», a-t-il expliqué. «On veut le réaliser dans les meilleurs délais, mais on ne peut pas promettre que ça sera possible dans un premier mandat», a-t-il poursuivi. 

Mais Sophie Dupont, qui se bat depuis 14 ans pour la création de ce registre, entend bien persuader les candidats de la CAQ de la région de Québec, qui seront présents à la Marche blanche, de le mettre en haut de la liste des priorités.

«Ça pourrait être utile, c’est prouvé dans d’autres provinces. Il est temps que des partis politiques s’engagent formellement à créer ce registre dans un premier mandat de quatre ans», a-t-elle plaidé lors d’un point de presse devant l’Assemblée nationale, jeudi. 

Selon le sénateur conservateur Pierre-Huges Boisvenu, qui appuie la démarche de Mme Dupont, la CAQ doit revoir ses priorités. «Je pense qu’on est capable de faire deux choses en même temps, on est capable de réformer le système de justice, qui est la priorité de la CAQ, et, en même temps, protéger les enfants», a-t-il fait valoir. 

Mme Dupont demande également aux autres partis de prendre position. «Il y a des partis qui sont silencieux jusqu’à aujourd’hui. Ils vont devoir prendre position. Et pour ceux qui ont décidé de dire non au registre. On leur demande de constater les faits et d’admettre qu’un registre public pourrait vraiment aider nos enfants», a-t-elle martelé.

En fin de journée, dans un courriel envoyé au Soleil, la porte-parole du PLQ, Catherine Maurice a écrit que le parti libéral est «ouvert à analyser tout outil en matière de prévention de la criminalité. Toutefois, il est important de bien saisir l’ensemble des impacts d’une telle décision et agir de façon responsable en évaluant les effets peut-être indésirés d’un tel registre. Des études sont toujours nécessaires avant de se prononcer définitivement et nous devons tenir compte de ce qu’il adviendra du projet de loi C-26 toujours à l’étude par le gouvernement fédéral».

Le registre public des délinquants sexuels est autorisé au Canada depuis 2006 par la Cour suprême du Canada. Chaque province décide de s’en prévaloir.