Le PLQ a tenu son premier rassemblement de militants de la campagne électorale à Sainte-Angèle-de-Prémont. Le premier ministre sortant, Philippe Couillard, était accompagné pour l’occasion d’une douzaine de ministres de son cabinet ainsi que de tous les députés de la Mauricie.

La bataille de la Mauricie s’amorce

SAINTE-ANGÈLE-DE-PRÉMONT — Le coup d’envoi de la bataille de la Mauricie a officiellement été donné jeudi. Quelques heures après la dissolution de l’Assemblée nationale et le déclenchement des élections, le premier ministre sortant s’est rendu en Mauricie où la lutte promet d’être chaude. Et la principale cible de Philippe Couillard en ce début de campagne est, sans grande surprise, la Coalition avenir Québec (CAQ). Le parti de François Legault, en tête dans les sondages, nuirait à l’économie de la Mauricie s’il était élu, estime le chef libéral.

«Marmen est une entreprise qui emploie 1000 personnes à Cap-de-la-Madeleine. Ce sont des emplois très bien rémunérés. Et en voulant mettre fin à l’éolien, François Legault menace directement ces emplois», mentionne en entrevue au Nouvelliste le chef libéral.

«Je trouve ça paradoxal qu’il dise d’un côté que dans la région les emplois ne sont pas de qualité et de l’autre qu’il présente des politiques qui menacent directement des emplois dans la région.»

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) a également tenu ses propos lors d’un rassemblement militant tenu en soirée à Sainte-Angèle-de-Prémont où près de 300 personnes, dont de nombreux ministres et candidats, étaient réunies pour le lancement de la campagne électorale. Tous les députés sortants de la région, Marc H. Plante, Pierre Michel Auger, Pierre Giguère et Jean-Denis Girard étaient aux côtés de leur chef.

La salve du premier ministre contre la CAQ survient au lendemain de la publication d’un sondage de la firme Recherche Mainstreet pour le compte du Groupe Capitales Médias qui soutient que Sonia LeBel, candidate de la CAQ dans Champlain où l’on retrouve l’entreprise Marmen, remporterait 44 % des voix, contre 22,7 % pour le député libéral sortant Pierre Michel Auger et 18,6 % pour le péquiste Gaétan Leclerc.

Couillard mise sur son bilan
Le lancement de la campagne libérale en Mauricie n’a rien d’anodin. Lors des dernières élections, les électeurs de la région votent souvent pour le parti au pouvoir. En 2014, la population des cinq circonscriptions de la région a élu des députés libéraux. Pour conserver la région, Philippe Couillard mise sur le bilan économique de son gouvernement pour convaincre à nouveau les électeurs.

«Nous avons une belle équipe et nous avons réussi de belles choses en Mauricie», soutient le premier ministre sortant fier du bilan économique régional de son gouvernement.

«Il y a quelques années, c’était toujours précaire en Mauricie. La région sert maintenant d’exemple sur le plan économique à plusieurs égards.»

La transformation de la foresterie et de l’industrie des pâtes et papier, comme la conversion de l’usine Kruger Trois-Rivières qui produit maintenant du carton, est un des exemples cités par Philippe Couillard.

Le premier ministre sortant et chef du PLQ, Philippe Couillard, a accordé une entrevue au Nouvelliste jeudi, quelques heures après le déclenchement des élections.

«Il y a aussi le DigiHub de Shawinigan qui a inspiré les pôles régionaux d’innovation. Ils ont été inspirés par la Mauricie. Il y a 4 % de moins de chômage qu’en 2014, ce n’est pas rien. Il y a eu un progrès considérable en Mauricie. Ce n’est pas arrivé par hasard, c’est arrivé parce que nous avons fait beaucoup d’efforts ici. [...] La Mauricie de 2018 n’a rien à voir avec celle de 2014», affirme le premier ministre sortant. «Est-ce qu’on continue l’élan ou on l’arrête? C’est ça le choix.»

Cette lecture positive de l’économie régionale par Phillipe Couillard s’appuie sur la pénurie de la main-d’œuvre vécue par de nombreux employeurs. Il s’agit d’un enjeu majeur pour la Mauricie, croit le premier ministre sortant. À ce titre, il affirme que l’immigration est une solution et pourrait contrer le vieillissement de la population.

«On a besoin de travailleurs de partout. Dans ce temps-là, on ne dit pas qu’on va limiter leur nombre», soutient Philippe Couillard qui écorche une fois de plus la CAQ qui propose de baisser les seuils d’immigration de 20 %.

«Au minimum on les garde au même niveau. Il y a des entreprises qui refusent des contrats ou qui n’ouvrent pas de deuxième quart de travail parce qu’il manque de main-d’œuvre.»

Au cours des dernières semaines, les libéraux ont annoncé un peu partout dans la région des investissements d’environ 100 millions $. Quels seront maintenant les projets porteurs pour un prochain mandat libéral? Philippe Couillard répond que ces projets doivent venir de la région.

«Vous avez vu le rapport de la vérificatrice générale, nous avons de la marge de manœuvre pour plusieurs années et on va continuer de développer l’économie et l’éducation», précise le chef libéral qui se défend bien d’avoir condensé les annonces tout juste avant le déclenchement des élections.

«Les projets annoncés dernièrement étaient tous prévus dans le budget. Le temps d’avoir les crédits, ça nous mène en été pour les annonces. Tous ces projets qui ont été si longs à mettre en œuvre, on va dire qu’on n’en parle pas parce que les élections s’en viennent?», questionne le premier ministre.

Une circonscription de moins
La Mauricie passe de cinq à quatre circonscriptions électorales. En raison de la baisse démographique, la carte a été redécoupée et prévoit maintenant la fusion de Laviolette et de Saint-Maurice. Mécontent de la perte du poids politique de la région, Philippe Couillard rappelle toutefois que le Directeur général des élections est une institution indépendante. À ce titre, il n’avait d’autres choix que d’accepter cette réalité.

«Je trouve ça surtout curieux que la CAQ veuille amener une réforme du monde de scrutin qui va amener une diminution du nombre de circonscriptions en région», dénonce celui qui est aussi député de Roberval.

Le départ de Julie Boulet de la vie politique ne signifie pas pour autant son retrait du PLQ. Philippe Couillard affirme qu’elle est toujours la bienvenue. La ministre responsable de la région était d’ailleurs du rassemblement de jeudi soir et elle a confié être prête à prêter main-forte à ses collègues de la région.

À l’instar des chefs de tous les partis, Philippe Couillard devrait régulièrement être présent dans la région lors des prochaines semaines. D’ailleurs, il commence sa journée de vendredi à Trois-Rivières où il doit faire l’annonce d’un engagement concernant les familles au parc Lambert avant de prendre la route vers Québec.