Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, et le candidat caquiste Ian Lafrenière

Intimidation: Lafrenière pourrait avoir plus de protection, dit Legault

TROIS-RIVIÈRES — Le candidat caquiste Ian Lafrenière a déposé une plainte auprès de la Sûreté du Québec (SQ) après avoir fait l’objet d’une campagne d’affichage menaçante.

«Le dossier est entre leurs mains», a affirmé vendredi après-midi Émilie Toussaint, attachée de presse de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Des affiches à l’allure de pancartes électorales montrant un graffiti de l’ancien porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avec une balle dans la tête ont été accrochées il y a quelques jours au cégep de Saint-Jérôme.

Face à cette situation, le chef caquiste François Legault avait affirmé qu’il étudiait la possibilité d’offrir une protection policière additionnelle au candidat de la circonscription de Vachon, en banlieue sud de Montréal.

«C’est malheureux. Évidemment, je pense qu’on va s’assurer qu’il [Ian Lafrenière] soit protégé, évidemment. Comme vous le savez, il a remis son arme [de service], donc il faut que ce soit les policiers qui le protègent», a déclaré François Legault.

Le leader de la CAQ a spécifié qu’il s’attendait «à ce que la Sûreté du Québec et les corps policiers» s’assurent de la sécurité du policier devenu politicien, «peut-être» en lui offrant une protection additionnelle.

«Il a déjà été menacé, Ian, et je sais que c’est une préoccupation qu’il avait, puis moi je lui ai dit qu’on va s’assurer qu’il soit protégé», a-t-il indiqué en mêlée de presse à Saguenay, vendredi après-midi.

Et c’est pour cette raison qu’avant même qu’il ne saute dans l’arène politique, «sa sécurité était déjà assurée par une firme de sécurité privée», a-t-on mentionné à la CAQ.

Du côté de l’établissement collégial, on a expliqué que les affiches ont été «rapidement retirées» dès que leur présence a été signalée, vendredi dernier.

«On a ensuite informé les services de police. Mais depuis vendredi, aucune autre affiche n’a circulé au collège», a affirmé en entrevue Alain Aubuchon, directeur de la vie étudiante au cégep de Saint-Jérôme.

L’auteur du dessin qui avait été aperçu pour la première fois en mars 2013 n’a jamais été identifié. Une jeune femme qui l’avait publié a toutefois été reconnue coupable de harcèlement criminel en avril 2015.

Les affiches ont vraisemblablement été accrochées par «des groupuscules», des «gens qui veulent de la visibilité», et «la dernière chose que je veux, c’est leur donner ce qu’ils veulent», a réagi Ian Lafrenière en entrevue téléphonique.

Il «évalue» la possibilité de demander davantage de protection policière, mais ne s’étend pas «parce que c’est le genre de stratégie qu’il ne faut pas évoquer publiquement».

Mais pour le moment, le candidat Lafrenière soutient que «ça se déroule bien», qu’il «n’y a pas de menaces» et que «les gens veulent vraiment parler des vrais enjeux», a-t-il relaté.

«Je ne veux pas me laisser distraire par ça», a-t-il tranché.

La circonscription dans laquelle il brigue les suffrages, celle de Vachon, était détenue par la péquiste devenue indépendante Martine Ouellet avant la dissolution de l’Assemblée nationale.

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Legault prend une pause après une semaine mouvementée

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a décidé de s’offrir une journée de répit après une semaine mouvementée durant laquelle il s’est souvent retrouvé sur la défensive.

La journée de samedi sera consacrée à faire la grasse matinée «jusqu’à 10 heures, quelque chose comme ça, deux, trois cafés en lisant les médias» et au temps en famille, a-t-il expliqué en début de soirée.

«Moi, je pense qu’un être humain, là, 39 jours de suite, c’est peut-être un peu exagéré. Qu’il y ait une ou deux journées de congé, je pense que c’est un peu plus normal», a fait valoir M. Legault, se disant néanmoins en pleine forme.

Il a assuré ne pas avoir pris cette décision pour se remettre d’une semaine difficile et juré que tout allait comme sur des roulettes dans la caravane caquiste, brandissant le sondage favorable publié en milieu de semaine comme pièce à conviction. Il ne sera pas le seul à relâcher la pédale, samedi: la journée du chef libéral, Philippe Couillard, doit prendre fin vers midi.

Mais quoiqu’en dise François Legault, les derniers jours n’ont pas été faciles: il a dû encaisser coup sur coup le départ du président du parti, Stéphane Le Bouyonnec, et les révélations sur le prêt de 55 000 $ contracté par son «shérif éthique», Éric Caire. Et la journée de vendredi s’est poursuivie dans la même lignée: le chef l’a amorcée en essuyant les attaques de ses rivaux, qui avaient tous convergé vers Longueuil, aux bureaux de l’Union des producteurs agricoles, pour défendre la gestion de l’offre.

Lui était à quelque 400 kilomètres de là, du côté de Saguenay, à faire une annonce sur un engagement dont il avait parlé deux jours auparavant...