De gauche à droite: Jean Boulet (CAQ), Marie-Claude Camirand (PQ), Valerie Delage (QS) et Jean-Denis Girard (PLQ).

Débat des candidats au Cégep de Trois-Rivières: aucune flèche n’a été décochée sauf...

Trois-Rivières — Le premier débat électoral dans la circonscription de Trois-Rivières n’a donné lieu à aucune discussion ni à aucune attaque, mardi. La formule de cette rencontre entre représentants des quatre principaux partis politiques, élaborée par l’Association générale des étudiants du Cégep de Trois-Rivières, a toutefois permis de découvrir ou de redécouvrir la position des différents candidats et de leur parti respectif sur des sujets d’intérêt comme l’enseignement supérieur, la pénurie de la main-d’œuvre, l’immigration, l’environnement et l’implication des jeunes en politique.

On se serait attendu que les candidats profitent de leur tribune pour décocher quelques flèches à l’endroit du député sortant, Jean-Denis Girard, ou des libéraux, mais c’est en marge du débat qu’une seule flèche a été tirée et elle provenait de l’assistance où avait été relégué le candidat du Parti vert, Adis Simidzija, qui fulminait toujours de ne pas avoir eu d’invitation à débattre, comme les autres candidats.

À charge de revanche, il s’est donc transformé, après avoir écouté ses adversaires, en critique du débat. «Je trouve ça assez ironique parce qu’on a parlé très peu de Trois-Rivières. Les enjeux étaient très vagues, très nationaux alors que moi, je voulais amener des propositions locales», a-t-il confié au Nouvelliste.

Il est vrai qu’à de très nombreuses reprises, autant face aux cinq questions préparées par l’AGÉ qu’à celles de l’auditoire, les candidats en ont référé à leur ligne de parti et très rarement à leurs idées ou objectifs personnels.

Jean Boulet, candidat de la CAQ, fut un des rares à le faire en affirmant qu’il entendait rencontrer, s’il est élu, les représentants des associations étudiantes sur une base régulière pour discuter avec eux d’enjeux comme la santé, l’éducation et l’environnement. Marie-Claude Camirand, du Parti québécois, a réitéré sa ferme intention d’aller à la rencontre des gens, autant dans les institutions d’enseignement que dans les résidences pour les aînés.

Les questions de la salle ont fait parfois sortir les candidats de leur zone de confort. Un étudiant, par exemple, a voulu connaître la position de ces derniers concernant la venue prochaine du 5G en télécommunications, car des études scientifiques soulèvent le spectre de grands dangers de ces fréquences pour la santé humaine. «C’est une colle», a reconnu Valérie Delage de Québec Solidaire. N’étant pas familiers avec le sujet, les candidats se sont habilement rabattus sur l’importance de faire des études sur la question.

En matière d’environnement, Mme Delage, qui est biologiste de formation, a su faire vibrer les cordes sensibles des environnementalistes, dans l’auditoire, en parlant de lutte contre le modèle économique actuel, contre la surconsommation et contre l’obsolescence programmée des appareils électroniques.

Marie-Claude Camirand l’a rattrapée à plusieurs égards, sur ce thème cher au cœur de la jeune génération, en parlant d’économie circulaire, de politique de souveraineté alimentaire et d’achat local.

De son côté, Jean-Denis Girard, du Parti libéral, a marqué des points en parlant du revenu minimum garanti pour les personnes qui doivent malgré elles se fier à l’aide sociale pour survivre, un sujet sur lequel a aussi surfé Marie-Claude Camirand a indiquant que s’il est porté au pouvoir, son parti abrogerait la punitive loi 70 pour les bénéficiaires de l’aide sociale, une demande qu’a faite le PQ dès 2016.

Sur la question de la pénurie de main-d’œuvre, Valérie Delage et son parti proposent une augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure et des vacances d’un mois. Marie-Claude Camirand, mise sur l’attrait des régions, l’immigration et l’alphabétisation. Jean-Denis Girard, lui, croit qu’il faut offrir aux retraités intéressés la possibilité de revenir au travail. Il mise aussi sur la littéracie, l’automatisation des industries et l’immigration pour venir à bout du problème, un point que partage avec lui Jean Boulet qui prône la création d’un «bureau d’accueil», à Trois-Rivières, qui permettrait de créer un arrimage entre les immigrants et les besoins des entreprises en main-d’œuvre. Boulet souhaite aussi que Québec puisse avoir son autonomie en matière d’immigration. Valérie Delage, elle, parle d’un carrefour d’accueil en immigration.

L’exode migratoire peut être contré par des opérations de séduction, croient Jean Boulet et Marie-Claude Camirand. Pour Jean-Denis Girard, il faut un plan pour attirer les immigrants et les aider à s’établir dans les régions. Ça passe aussi par la francisation en entreprise, dit-il.

Finalement, en matière de décrochage scolaire, Jean-Denis Girard prône de continuer à investir en éducation tandis que Jean Boulet, sans faire allusion à l’austérité imposée par les libéraux au début de leur mandat, s’est désolé de voir que le développement des institutions d’enseignement supérieur est ralenti par leur sous-financement.

Valérie Delage, elle, rappelle que son parti prône la gratuité scolaire du CPE à l’université, une vision qu’a aussi abordée Marie-Claude Camirand dont le parti veut revoir le monde de financement des universités afin de mieux y réinvestir.