Le premier ministre Philippe Couillard a donné l’impression d’un homme résigné à vivre avec ce que l’on qualifie souvent de «belle-mère», c’est-à-dire un ancien premier ministre et ancien chef de son propre parti qui le critique ouvertement.

Critiques de Jean Charest: vivre avec la «belle-mère»

Le premier ministre Philippe Couillard n’a pu éviter mardi de nouvelles questions sur l’intervention de son prédécesseur, Jean Charest, qui l’avait critiqué la veille notamment sur la manière dont il a évincé le vétéran député de Marquette, François Ouimet, au profit de l’ex-hockeyeur Enrico Ciccone.

Au micro de Nathalie Normandeau, son ancienne vice-première ministre maintenant animatrice à la station BLVD 102,1 lundi à Québec, M. Charest a dit croire que la gestion de ce dossier laissait entrevoir une forme d’improvisation et il en a profité pour louanger le travail de François Ouimet comme député.

Le premier ministre Philippe Couillard a donné l’impression d’un homme résigné à vivre avec ce que l’on qualifie souvent de «belle-mère», c’est-à-dire un ancien premier ministre et ancien chef de son propre parti qui le critique ouvertement.

Si la pratique est récurrente au Parti québécois — où les Jacques Parizeau et Bernard Landry, notamment, sont fréquemment intervenus en porte-à-faux avec le leadership subséquent du PQ — elle représente une anomalie au Parti libéral du Québec (PLQ).

Philippe Couillard a répété qu’il n’y avait pas de fracture au sein du PLQ et qu’il avait pris une décision difficile comme tous les chefs de partis doivent en prendre.

Il a d’abord précisé qu’il n’avait pas parlé à M. Charest et qu’il n’avait pas l’intention de lui demander d’intervenir pour l’appuyer durant la campagne.

«S’il veut m’appeler, ça me fera plaisir de lui parler, mais ce n’est pas à moi de dire à M. Charest comment se comporter, quoi dire ou quoi ne pas dire», a-t-il laissé tomber.

Maintenant la chicane

Il est par ailleurs revenu à la charge contre le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui avait présenté la veille sa politique en matière de laïcité de l’État.

La CAQ s’est engagée à interdire le port de symboles religieux chez les personnes en position d’autorité, dont les policiers, les juges et les enseignants, dès la première année de son premier mandat.


« S’il [Jean Charest] veut m’appeler, ça me fera plaisir de lui parler, mais ce n’est pas à moi de dire à M. Charest comment se comporter, quoi dire ou quoi ne pas dire »
Le premier ministre Philippe Couillard

Philippe Couillard voit dans cette approche une pomme de discorde importante qu’il a jumelée au slogan «Maintenant» de la CAQ.

«Maintenant la chicane, chers amis du Québec. Ça va être la chicane partout : la chicane avec les médecins, la chicane avec les immigrants, la chicane avec le fédéral, ça n’arrêtera pas. La chicane avec les Premières Nations, tiens, avec les régions sur l’éolien. La liste est longue», a raillé le premier ministre.

D’une pierre deux coups

Par ailleurs, M, Couillard a cherché à faire d’une pierre deux coups dans la circonscription de Nelligan, château fort libéral s’il en est et dont le siège sera disponible en raison du départ du ministre Martin Coiteux.

Le chef libéral a en effet présenté mardi son candidat dans cette circonscription, Monsef Derraji, qui représente à la fois une candidature d’affaires et un membre d’une communauté culturelle.

Monsef Derraji, un homme d’affaires ayant œuvré durant plusieurs années dans l’industrie pharmaceutique au Maroc et au Canada, est le président du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec.

Originaire du Maroc, M. Derraji est un militant libéral de longue date. Il a aussi été président de Vision Montréal et est l’un des fondateurs du Congrès maghrébin du Québec.