Le Parti libéral du Québec de Philippe Couillard continue à délier les cordons de la bourse en promettant du transport en commun gratuit pour les étudiants à temps plein, peu importe leur âge, ainsi que pour les aînés de plus de 65 ans.

Autobus gratuit pour les aînés et les étudiants, promet le PLQ

Permettre aux étudiants et aux aînés de monter gratuitement à bord des autobus — la plus récente promesse des libéraux — toucherait 42 % de la clientèle actuelle du Réseau de transport de la capitale (RTC).

À Lévis, c’est 50 % de la clientèle de la Société de transport de Lévis (STL) qui est soit étudiante ou âgée de plus de 65 ans, et qui profiterait de laissez-passer gratuits. Un tel changement pourrait avoir des effets majeurs sur les deux sociétés de transport de la région de Québec, et faire bondir encore la proportion déjà importante de ces groupes d’âge à l’intérieur des autobus.

Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transport viable, applaudit cette mesure «intéressante pour la clientèle», mais craint que le réseau de transport en commun actuel à Québec ne puisse supporter son entrée en vigueur immédiate. «Les autobus sont déjà surchargés à l’heure de pointe. Il faudrait pas décourager les nouveaux clients potentiels», déplore-t-il. Selon lui, l’application de cette promesse libérale doit être accompagnée d’investissements dans les infrastructures, en attendant la livraison complète du tramway prévue pour 2026. 

«Du travail à faire»

M. Grandmont ajoute qu’il «reste du travail à faire» pour inciter les personnes de plus de 65 ans à prendre l’autobus. Un geste qui n’a jamais fait partie des habitudes de la majorité d’entre elles. À Québec, 17 % de la clientèle du RTC sont des retraités. 

La proportion d’aînés va en augmentant dans les autobus de la STL, mais les étudiants sont toujours plus nombreux, indique son président Mario Fortier. Il estime qu’à l’heure de pointe, les autobus lévisiens peuvent absorber une augmentation de clientèle de 25 % à 30 %. Si l’augmentation est plus forte, il faudrait ajouter des véhicules et des chauffeurs. 

Tarification sociale

M. Grandmont se demande toutefois pourquoi le Parti libéral du Québec (PLQ), au lieu d’implanter des mesures liées à l’âge ou au statut d’étudiant, n’a pas opté pour une tarification sociale. C’est-à-dire un prix de laissez-passer d’autobus qui varie en fonction des revenus des clients. «On l’oublie, mais le transport en commun, c’est parfois trop cher pour les maigres revenus de certaines personnes sur l’aide sociale ou à faible salaire. Ça pourrait être perçu comme injuste par certains groupes de personnes», indique-t-il. 

Questionné au sujet d’une tarification sociale lors de son annonce, le chef du PLQ Philippe Couillard n’a pas fermé la porte à cette idée, soulignant toutefois qu’elle serait difficile à appliquer. «Comment est-ce qu’on vérifie le revenu de la personne qui monte dans l’autobus? Ce n’est pas évident comment on met ça en pratique concrètement.»

M. Grandmont évoque pour sa part un remboursement, en totalité ou en partie, du prix du laissez-passer lors de la déclaration d’impôts. 

Selon le PLQ, environ 80 000 aînés (plus de 65 ans) et quelque 200 000 étudiants à temps plein de partout au Québec sont visés par cette promesse de laissez-passer gratuit. 

Cet engagement s’accompagnera d’une facture annuelle de 200 millions $ afin de compenser les différentes sociétés de transport.

M. Couillard s’est défendu de dévoiler une telle mesure alors qu’un sondage Léger publié mardi note une diminution de sept points de pourcentage de l’appui des jeunes au PLQ depuis le déclenchement de la campagne.

Sa promesse entourant la gratuité du transport collectif s’inspire de Québec solidaire, puisque le parti de gauche a proposé des tarifs de transport public à moitié prix pour tous, à la grandeur de l  province.  Avec La Presse canadienne