Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

ALENA: Lisée propose aux trois chefs de partis de signer une déclaration

Le chef du Parti québécois (PQ) invite les autres chefs de partis à signer une déclaration commune afin de protéger à tout prix la gestion de l’offre et la culture québécoise, qui seraient selon lui «en danger» avec la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Avant de tendre la main aux autres chefs, toutefois, Jean-François Lisée a qualifié le premier ministre Philippe Couillard de «maillon faible», puisqu’il n’a pas assez protégé selon lui les agriculteurs dans l’accord commercial avec l’Europe.

Il a aussi critiqué le chef caquiste François Legault pour avoir «applaudi» le premier ministre Couillard, et n’a pas manqué de rappeler que la Coalition avenir Québec (CAQ) avait en son sein un fervent détracteur de la gestion de l’offre - l’économiste Youri Chassin.

Le chef péquiste souhaite que ses adversaires signent avec lui une résolution pour que l’Assemblée nationale ne ratifie aucun projet d’accord commercial «qui ferait reculer la culture et l’agriculture au Québec».

«L’ALENA ne peut pas s’appliquer au Canada si l’Assemblée nationale refuse de le ratifier», a expliqué M. Lisée.

«Nous avons une puissance réelle qui est constamment sous-estimée.»

Les États-Unis ont signé un accord bilatéral avec le Mexique dans les derniers jours, ce qui accroît la pression sur le Canada pour s’entendre bientôt avec l’administration Trump. Les négociateurs canadiens sont rapidement allés à Washington pour rencontrer leurs homologues, mardi.

Interrogé sur la possibilité que les autres chefs se joignent à cette stratégie, M. Lisée évaluait à «8 sur 10» ses chances.

«Ils ont besoin politiquement de démontrer qu’ils sont fermes», a-t-il indiqué.

En mêlée de presse, à Yamachiche, en Mauricie, le premier ministre Couillard a assuré qu’il ne ratifierait aucune entente qui ferait un compromis sur la gestion de l’offre.

«Je vais dire non et je vais répéter non. Et non, et non, et je vais le dire partout. C’est fort. Le Québec est la deuxième plus grande province au pays. Si le Québec refuse l’accord à cause de la gestion de l’offre, ça n’ira pas bien pour l’accord», a-t-il déclaré.

Questionné sur l’offre de M. Lisée, François Legault a dit qu’il était prêt à participer une telle démarche.

«On va laisser le personnel, l’équipe se parler», a-t-il indiqué.