À la veille du scrutin, le chef du PQ «reconnecte avec ses racines»

THETFORD MINES, Qc - Pour la dernière journée de campagne électorale, le chef du PQ, Jean-François Lisée, a voulu laisser aux électeurs une image ayant valeur de symbole dans leur tête: il s’est donc rendu chez sa mère, à Thetford Mines, une ville ouvrière où les syndicats étaient fort importants, dit-il.

Après avoir parcouru plus de 10 000 kilomètres dans son autobus coloré, le chef a pris une pause samedi soir et dimanche matin dans la ville qui l’a vu naître. Et recevoir une bonne dose d’encouragement.

Andrée Goulet, âgée de 84 ans, a reçu la horde de journalistes dans son salon, qui l’ont filmée en train de déjeuner avec le chef et sa conjointe.

«Je suis très très fière de mon fils. Ça va être le meilleur premier ministre», a répondu l’élégante dame, qui s’est prêtée au jeu médiatique, avec le sourire.

Voit-elle une victoire de son rejeton lundi soir? «Je l’espère beaucoup. Il le mérite bien», a-t-elle dit dans sa maison remplie d’oeuvres d’art, de livres, et où un piano avait sa place.

Interrogée à ce sujet, elle s’est dite surprise de l’attaque de son fils contre Manon Massé de Québec solidaire lors du troisième débat des chefs. Surprise du moment choisi pour le faire, mais la ligne de questions était «une nécessité», a-t-elle indiqué, faisant écho aux arguments de son fils.

M. Lisée a été critiqué pour cette stratégie, lorsqu’il a demandé à la co-porte-parole de QS «qui tire les ficelles du parti?», accusant ainsi la formation politique d’avoir «un chef caché».

«Mes racines sont ici», a pour sa part déclaré le chef des péquistes, qui s’est souvent fait décrire comme un intellectuel. Dans la maison qui l’a vu grandir, il a expliqué son propos en donnant comme exemple sa mère féministe, son père entrepreneur et sa ville syndicaliste, où les activités étudiantes étaient très importantes.

Il aimerait que les électeurs aient cette image de lui en tête lorsqu’ils se dirigeront vers l’isoloir: «quelqu’un qui est vrai, un Québécois qui aime le Québec, fidèle à ses racines, qui veut les représenter dans toutes leurs facettes».

«Je suis un gars des régions, de Montréal, qui connaît l’international, qui aime la culture québécoise, qui a écrit des livres et qui en a lus, qui aime faire des blagues. Je sacre de temps en temps. Je ne dis pas que je suis un Québécois moyen, mais je suis un Québécois à 100 pour cent, combatif», a-t-il résumé.

Samedi, le chef avait dit que de retourner dans la maison familiale avait une valeur symbolique: «J’ai lancé ma campagne (à la chefferie) ici».

Et puis, avait-il ajouté à la blague, «quand ma mère passe à la télé, je gagne des votes».

Selon les derniers sondages, la campagne péquiste ne réussirait pas à décoller de la troisième place d’où elle a commencé la campagne.

Pour les faire mentir, le chef a lancé samedi l’»Opération convaincre». Il a demandé à tous ses militants d’aller convaincre deux ou trois indécis chacun - ou ceux ayant l’intention de voter pour un autre parti - afin qu’ils donnent leur voix au PQ. M. Lisée répète encore que son parti va causer la surprise le 1er octobre.

Il a réitéré cet appel dimanche devant des militants à Nicolet, dans le Centre-du-Québec et à Sorel-Tracy en Montérégie, lors des nombreux arrêts quotidiens.