Élections

Sylvain Gaudreault «sous le choc»

Vingt-quatre heures après la soirée électorale, le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, se dit « secoué » et « sous le choc » après avoir vu le Parti québécois remporter seulement neuf sièges sur 125.

Lundi soir, Sylvain Gaudreault a été élu avec 48,35 % des voix contre 32,47 % pour Benoit Rochefort de la Coalition avenir Québec, avec tout près de 5000 votes de majorité.

Élections 2018

Le PLQ a été plombé par l’ère Charest selon Robert Benoit

Les libéraux provinciaux ont-ils causé leur propre perte en faisant preuve d’une trop grande inertie au cours des dernières années? Ancien président du Parti libéral du Québec, Robert Benoit n’est pas aussi catégorique, mais il laisse entendre que le chef du PLQ, Philippe Couillard, et ses troupes ont commis une erreur en ne prenant pas davantage leurs distances vis-à-vis l’ère Jean Charest.

M. Benoit raconte qu’il s’était permis d’offrir un conseil à M. Couillard alors que ce dernier effectuait ses débuts comme premier ministre. « Je lui avais dit qu’il fallait qu’une cassure soit opérée par rapport à la période Charest. Mais ça ne s’est pas fait et le Parti libéral a traîné l’époque Charest ainsi que son équipe. La dissociation n’a pas été réalisée », soutient cet ancien député d’Orford.

Cela dit, il affirme que le jugement de la population sur l’époque Couillard n’est pas juste. Il juge que Philippe Couillard « n’était pas toujours d’une grande sagesse, mais qu’il a été un bon premier ministre ».

Robert Benoit croit par ailleurs que le PLQ traversera une période de reconstruction au cours des mois et années à venir. « Il faut rebâtir à partir de la base. Et retourner aux écrits de Claude Ryan par rapport aux valeurs libérales. Renaître de ses cendres est possible. Par contre, dans ce cas-ci, le parti devra comprendre ce que veulent les gens plus jeunes », dit-il.

Plus largement, il considère que le scrutin de lundi ressemble beaucoup à celui de 1976 lorsque le Parti québécois avait défait les libéraux pour la première fois. Les lendemains de cette élection avaient été difficiles pour le PLQ.

Et le député Bélanger?

Quand on demande à Robert Benoit son opinion au sujet du nouveau député d’Orford, il a de bons mots pour lui. « C’est une personne de qualité qui a du panache. En plus, son parcours au plan éthique est correct. »

Occupant la présidence de l’organisme Memphrémagog conservation, M. Benoit reconnaît dans la foulée que l’intérêt pour l’environnement démontré par Gilles Bélanger tend à le rassurer.

« Je pense cependant qu’il faudra éduquer le parti auquel il appartient par rapport à l’environnement. Dans le dossier de la protection des milieux humides, le discours de la CAQ est préoccupant. Des partis comme le Parti québécois et Québec solidaire pourront peut-être influer sur les caquistes s’ils jouent bien leur rôle. C’est à espérer en tout cas. »

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Rien n’empêche Bourdon de soumettre sa candidature au poste de pdg du CHU de Québec

Que fera Gertrude Bourdon après son saut raté en politique? La présidente-directrice générale démissionnaire du CHU de Québec pourrait-elle resoumettre sa candidature à ce poste? Réponse et explications.

Lundi, la libérale Gertrude Bourdon n’a récolté que 17,9 % des votes dans Jean-Lesage, loin derrière le solidaire Sol Zanetti (34,7 %) et la caquiste Christiane Gamache (32,4%).

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«On vient de changer d’époque», dit un ex-dirigeant péquiste

«On vient de changer d’époque», affirme au Soleil l’ex-président du Parti québécois (PQ), Raymond Archambault, en analysant les résultats électoraux de lundi au Québec.

Il constate que des électeurs souverainistes du Parti québécois sont passés chez Québec solidaire (QS) durant la campagne électorale. Mais il estime en même temps que le succès du parti de Manon Massé et de Gabriel Nadeau-Dubois dans les urnes va bien au-delà du discours que certains de leurs candidats et ces deux co-porte-parole ont pu tenir sur l’indépendance.

«Chez QS, ils veulent refaire le monde», ce qui correspond «pas mal à ce que pensent ou veulent beaucoup de jeunes», réfléchit tout haut Raymond Archambault pour expliquer plus globalement la poussée enregistrée par les solidaires. La clé de la croissance électorale de QS serait là, dans l’espoir qu’il a donné de contribuer à «refaire le monde».

L’ex-président du PQ constate surtout que la nouvelle Assemblée nationale est et sera dominée par des élus non souverainistes ou fédéralistes. C’est l’illustration la plus éclatante de la nouvelle donne, de la «nouvelle époque», à ses yeux.

«Et ce n’est pas parce que l’indépendance n’est plus nécessaire», s’empresse-t-il d’ajouter.

M. Archambault va au-delà de ces constats. Il établit des responsabilités. Il laisse entendre que cette nouvelle époque serait progressivement advenue en partie en raison du manque d’ambition de sa propre formation politique sur ce front de l’indépendance.

«On a une responsabilité au Parti québécois de ne pas en avoir fait un enjeu électoral depuis le référendum de 1995», pense l’ex-président du parti. Cette absence a rendu «l’option un peu vieillotte» aux yeux de plusieurs, «un peu désuète», dit-il.

«Nous sommes nés dans un contexte politique qui n’a pas changé, alors que la clientèle électorale, elle, a fini par changer.»  

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Québec solidaire, premier chez les écoliers

Si les enfants avaient eu à choisir le nouveau gouvernement, leur choix aurait été Québec solidaire, mais minoritaire. Élections Québec a publié les résultats d’une simulation électorale consistant à faire voter les mineurs pour les sensibiliser à l’exercice démocratique.

Le choix des jeunes s’est tourné vers la formation de gauche avec un appui de 26,46 %, ce qui représenterait une députation de 45 élus solidaires.

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Une percée pas si profonde pour QS

ANALYSE / La percée de Québec solidaire (QS) hors de Montréal est sans contredit un des dénouements majeurs du scrutin de lundi. On se demandait si le parti de gauche aurait finalement un député hors de «l’île», il en a fait élire quatre, sans compter ses six autres dans la métropole. Mais quand on regarde le détail des résultats, QS ne semble pas avoir élargi sa base autant qu’on pourrait le penser, à première vue — et que celle du Parti québécois (PQ) demeure plus étendue.

Les deux formations ont terminé la soirée avec des parts très comparables du vote total, soit 16 % pour QS et 17 % pour le PQ. Or, parmi les 115 circonscriptions où les candidats solidaires ont perdu, il n’y en a que 14 (12 %) où ils ont fini deuxièmes. Partout ailleurs, ils n’ont pu faire mieux qu’une troisième ou une quatrième place. Par comparaison, le PQ a beau avoir gagné un siège de moins que QS (neuf contre 10), il a terminé second dans 34 circonscriptions, soit près du tiers (29 %) des 116 qu’il a perdues.

Pire encore pour QS : sur les 14 courses où ses candidats ont fini deuxièmes, une seule s’est jouée sur une marge de moins de 1000 votes. C’était dans Maurice-Richard (anciennement Crémazie), où l’ex-ministre libérale Marie Montpetit a coiffé le solidaire Raphaël Rebelo par environ 500 voix. La profonde division du vote a permis à Mme Montpetit de «passer» avec seulement 29,5 % des suffrages exprimés.

Dans les 13 autres endroits où les solidaires se sont classés seconds, ils ont perdu par une moyenne de 12 300 voix, une différence pharaonique. Il s’agit principalement de forteresses libérales inexpugnables de l’ouest de l’île de Montréal où les «rouges» obtiennent routinièrement au-delà de 60 % des voix à cause du vote non francophone, ou alors de régions plus rurales où la Coalition avenir Québec (CAQ) était tellement forte qu’elle semble avoir drainé pratiquement tous les électeurs qui n’étaient pas trop à gauche. Dans Arthabaska, Saint-Hyacinthe et Granby, par exemple, QS est arrivé second avec seulement 12 à 16 % des voix, en grande partie parce que la CAQ (52 à 62 %) n’a presque rien laissé aux péquistes et aux libéraux.

C’est donc dire que les solidaires ont décroché la plupart de leurs deuxièmes places «par défaut», pas à cause de leur force dans ces circonscriptions.

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Du côté péquiste, sur les 34 seconds rangs, six ont été des courses serrées (moins de 1000 voix) et sept autres ont été des défaites «honorables» (moins de 5000 voix) qui peuvent laisser un espoir au moins théorique pour la prochaine élection, s’il n’y a pas de nouvelle vague caquiste. Dans Chicoutimi, par exemple, même si la victoire de la CAQ a été claire (4400 voix), le PQ y demeure une force non négligeable (25 % des voix).

La percée de QS hors de Mont­réal demeure un développement politique important, mais tout indique qu’elle fut extrêmement pointue et ciblée. Même si le parti a obtenu plus de votes au total qu’en 2014, sa «clientèle» traditionnelle, instruite et urbaine, demeure concentrée dans les grandes villes ou dans les quartiers centraux de villes plus petites — surtout quand elles ont une composante universitaire, comme à Sherbrooke. Cela ne signifie pas que QS ne progressera pas davantage d’ici 2022, mais, à la lumière des résultats de lundi, c’est le PQ qui semble avoir la base la plus large et le meilleur potentiel de croissance.

Et les femmes?

Pour la première fois de l’histoire, près de la moitié des candidats étaient en fait des candidates : les femmes représentaient 47 % des aspirants-députés sur la ligne de départ, d’après un décompte du Devoir. Et sur la ligne d’arrivée, combien en restait-il?

À la mi-septembre, une analyse du magazine L’actualité laissait craindre le pire pour ce fort contingent de candidates. Basée sur l’outil de prédiction électorale Qc125, elle montrait que 46 % des candidates se présentaient dans des circonscriptions qu’elles étaient «assurées de perdre» (moins de 5 % des chances de gagner), alors que cette proportion n’était que de 34 % pour les hommes.

Cependant, possiblement parce que les sondeurs n’ont pas vu juste (sous-estimant la CAQ par plusieurs points), l’hécatombe appréhendée n’a pas eu lieu, ou du moins fut-elle moins pire que prévu. Les 47 % de candidates au départ se sont transformées en 42 % des députés (52 sièges en tout). Il y a là, certes, une baisse qui indique que toutes proportions gardées les femmes ont davantage que les hommes été lancées dans des circonscriptions imprenables. Mais cela demeure un record, et de loin — la précédente marque était de 33 % en 2012, et elle avait presque été atteinte une première fois (32 %) au milieu des années 2000.

Les équipes libérale et solidaire ont atteint la parité, avec respectivement 16 femmes sur 32 députés et cinq sur 10. Le Parti québécois est celui qui compte la plus petite proportion de femmes (trois sur neuf, ou 33 %), mais avec la débandade qu’il a connue et le petit nombre de sièges qu’il lui reste, il est difficile d’y lire grand-chose.

Du côté de la CAQ, 38 % des élus sont des femmes. Il s’agit une grande progression par rapport aux équipes caquistes antérieures, mais pour un parti qui a présenté plus de femmes que d’hommes cette année (65 contre 60), cela reste relativement peu. Et c’est tout à fait cohérent avec l’enquête de L’actualité, notons-le, qui avait trouvé que la CAQ envoyait beaucoup plus de femmes (35 %) que d’hommes (7 %) dans des circonscriptions perdues d’avance et, à l’inverse, plus d’hommes (46 %) que de femmes (18 %) dans des «comtés sûrs».

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La percée de QS à Québec réjouit Labeaume

Le maire de Québec s’est réjoui des victoires des candidats de Québec solidaire (QS) Catherine Dorion et Sol Zanetti. Régis Labeaume a indiqué que Manon Massé l’avait contacté par message texte le soir du scrutin, mentionnant qu’elle lui envoyait «deux Gaulois solidaires». Ce à quoi le maire a répondu : «Merci, ça fait mon affaire dans les circonstances».

Au moment de devoir préciser sa pensée, il a tout simplement indiqué que les deux nouveaux élus de Québec étaient des personnes «intelligentes».

Mme Massé avait affirmé lors de sa dernière conférence de presse à Québec qu’elle et le maire Labeaume avaient eu des discussions productives sur plusieurs sujets concernant la Capitale nationale. 

Un avis que partage le député élu de Jean-Lesage, Sol Zanetti, qui se dit sûr que le maire de Québec sera réceptif aux propositions de QS, notamment sur le transport en commun. 

Il a ajouté que son parti aura la responsabilité d’informer la population sur certains faits par rapport à des projets comme le troisième  lien. 

«Il faut qu’on fasse reculer le soutien populaire envers le troisième lien. Je pense que la popularité de ce projet vient en grande partie d’une campagne intensive de certaines radios pour faire croire que ce nouveau lien sera une solution contre la congestion routière», soutient-il. 

La véritable opposition officielle?

Lors de son point de presse mardi, la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, mentionnait que son parti allait être «la véritable opposition officielle» face aux propositions du nouveau gouvernement de François Legault. 

Mme Massé entend questionner régulièrement le nouveau premier ministre sur ses orientations non seulement sur le troisième lien à Québec, mais aussi sur l’exploitation des hydrocarbures et la réforme du mode de scrutin.

De leur côté, Catherine Dorion et Sol Zanetti devront régulièrement défendre leurs positions divergentes de celles de la Coalition avenir Québec (CAQ), étant donné la nouvelle présence des deux partis dans la ville de Québec.

«Que ce soit à propos du troisième lien ou d’autres projets d’urbanisme, on veut s’assurer de donner une voix au peuple face à ce genre de projets soutenu par la CAQ», indique Catherine Dorion, candidate élue dans Taschereau.

De son côté, Sol Zanetti voit cette nouvelle dualité régionale comme un moyen de dynamiser davantage les débats sur les enjeux importants pour les gens de Québec.

«Pour se donner un rapport de force, on devra être le bras parlementaire des mouvements citoyens», affirme-t-il [...] «Les débats seront plus intéressants, il y aura des positions plus tranchées», ajoute Sol Zanetti.

Une victoire vertigineuse  

Au lendemain de leur victoire respective, les deux nouveaux députés élus réalisent tranquillement ce qui les attend comme défi pour les quatre prochaines années.

«J’ai dormi 45 minutes cette nuit, ça été une soirée incroyable avec les militants. Ça semblait irréel comme situation», affirme Catherine Dorion [...] «Il va avoir une adaptation pour ma nouvelle vie de parlementaire, mais j’ai l’intention de rester moi-même et d’amener ma touche personnelle à l’Assemblée nationale», ajoute-t-elle. 

«C’est grisant, galvanisant et vertigineux à la fois, car c’est un saut dans l’inconnu. Je vais apprendre beaucoup sur la politique parlementaire. Cette victoire récompense notre persévérance dans les dernières années», explique Sol Zanetti qui a remporté la circonscription de Jean-Lesage par 699 voix d’avance sur la candidate caquiste, Christiane Gamache.  

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Immigration: Marine Le Pen salue l’élection de la CAQ

Marine Le Pen a salué mardi l’élection du gouvernement caquiste, se réjouissant que les Québécois aient voté pour «moins d’immigration».

Commentant un article publié par Le Parisien (avec AFP) et intitulé «Le Québec élit un gouvernement nationaliste et anti-immigration», Marine Le Pen n’a pas caché sa joie sur Twitter mardi à la suite de l’élection du parti de François Legault. 

«Contrairement à ce que serinaient les libéraux immigrationnistes béats, les Québécois ont voté pour moins d’immigration. La lucidité et la fermeté face au défi migratoire sont le point commun des élections de quasiment tous les pays du monde confrontés à cet enjeu», a écrit la présidente du Rassemblement national, connue pour ses positions anti-immigration en France.

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«Un rouleau compresseur vient de passer»

Des sondeurs aux élus en passant par les analystes et les électeurs, à peu près personne n’avait vu venir une vague de la Coalition avenir Québec (CAQ) d’une telle ampleur en Outaouais comme ailleurs, croit la politologue Geneviève Tellier.

«Ces derniers temps, on parlait d’une majorité par à peine un ou deux sièges. Une telle victoire est donc surprenante. Dans la région, c’est étonnant aussi, sauf qu’à mon avis ça s’explique en grande partie parce que tout ce qui entoure la question nationale a été évacué du débat. D’ailleurs, les péquistes ont terminé au dernier rang dans les circonscriptions de l’Outaouais. Ces résultats-là sont clairement le signe d’une insatisfaction à l’endroit des libéraux. Les électeurs se sont dit qu’il y avait une autre option viable, ce qui n’était peut-être pas le cas auparavant», a commenté la professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa.

Mme Tellier, qui s’avoue aussi surprise des résultats obtenus par Québec solidaire dans une région comme l’Outaouais, estime que malgré tout le boulot qu’ils ont accompli sur le terrain durant le marathon de 39 jours de campagne, les trois députés caquistes nouvellement élus dans la région doivent surtout leur victoire au «vote pour la nouveauté» pour lequel ont opté des centaines de milliers d’électeurs. 

«C’est la vague qui a fait la grande différence, c’est un rouleau compresseur qui vient de passer à l’échelle du Québec. Le porte-à-porte, c’est une condition nécessaire, mais non suffisante. Ça prend également un peu de chance, il faut que les planètes soient bien alignées et d’autres éléments», note-t-elle.

Elle ajoute que la majorité obtenue est «sans équivoque» dans des circonscriptions comme Papineau (8600 voix) et Gatineau (3900 voix). 

Nouvelle dynamique 

La politologue pense que la composition de la députation régionale (trois caquistes et deux libéraux) amènera une dynamique qui n’a pratiquement jamais été vue en Outaouais. 

«Il va y avoir une offre plus diversifiée sur le plan des idées, alors c’est positif. Ça va apporter un vent de fraîcheur, ça ouvre la porte à des discussions, à des débats. Tout ceci me semble intéressant d’un point de vue démocratique. Ça va amener d’autres points de vue sur les enjeux locaux, il n’y aura plus une seule voix officielle», indique Geneviève Tellier. 

Quant à savoir si les cinq élus gagneront à avoir une belle collaboration malgré leurs couleurs politiques différentes, la professeure soutient que tout dépend de la personnalité de chacun. 

«Chaque député percevra la partisanerie à sa façon. Certains préfèrent se battre et s’en tenir uniquement à leur parti, d’autres portent une oreille attentive à ce que disent les députés de l’opposition. Dans ce cas-ci, on a deux personnes qui arrivent sans expérience politique, sans base solide. J’imagine qu’on va voir rapidement à quel type de dynamique nous aurons droit. Les députés du gouvernement peuvent collaborer avec les autres, mais rien ne les oblige à le faire non plus», lance-t-elle. 

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Le plan de match de François Legault

Fraîchement élu premier ministre, François Legault a déjà établi son plan de match des prochains mois : «remettre de l’argent dans le porte-feuille des Québécois», s’occuper de la préparation des très jeunes enfants à l’école et permettre aux patients de voir beaucoup plus rapidement un médecin ou une infirmière.

En conférence de presse au domaine Cataraqui, à Québec, M. Legault s’est présenté comme un premier ministre «inclusif», qui souhaite tenir parole et faire des changements, mais «dans l’ordre», sans tout bousculer.

Il se dit tout de même «impatient» de se mettre au travail. Au cours des prochaines semaines, le premier ministre désigné veut revoir le rôle d’Investissement Québec, qui devra aider «à créer plus d’emplois bien payés». Sans spécifier laquelle, M. Legault veut trouver une mesure qui lui permettra de remettre rapidement de l’argent aux Québécois. 

En éducation, c’est vers les bambins de 0 à 4 ans que le regard du premier ministre désigné est tourné. Il veut mettre en œuvre le plan de son candidat Lionel Carmant, neuropédiatre, qui souhaite détecter de façon précoce les difficultés d’apprentissage. 

M. Legault croit pouvoir également augmenter la cadence des rénovations et construction d’écoles. 

En santé, le premier ministre élu veut une discussion urgente avec les médecins de famille, afin que les patients aient accès plus rapidement à des services en clinique et en CLSC. «L’idée, c’est de le faire ensemble, mais que ça donne des résultats rapidement.» M. Legault souhaite également rénover les CHSLD et débuter son plan de création des nouvelles maisons des aînés. 

Emprunter des idées

Le chef caquiste indique que même s’il dirige un gouvernement majoritaire, il est ouvert aux propositions des partis d’opposition, à qui il se donne le droit «d’emprunter des idées», tout en leur attribuant le mérite. 

En matinée mardi, le premier ministre désigné a eu une première rencontre avec Yves Ouellet, qui obtiendra le poste de secrétaire général du Québec. Selon lui, M. Ouellet est «quelqu’un de compétent et de respecté dans la fonction publique», qui «adhère au changement» qu’il propose. 

M. Legault lui a confié un premier mandat : faire en sorte d’accélérer la réalisation de l’étude comparative de la rémunération des médecins spécialistes avec les autres provinces. 

Le conseil des ministres de la CAQ devrait être formé vers la mi-octobre, au retour de voyage du chef François Legault, qui a confirmé vouloir se rendre en Arménie pour participer au Sommet de la Francophonie, les 11 et 12 octobre. 

L’Assemblée nationale devrait quant à elle siéger quelques semaines avant les vacances de Noël.

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