Jouets, livres, couvertures, couches, nourriture: les familles dont les enfants fréquentent l’école Louis-de-France ont donné sans compter à la famille Mequish, qui a perdu sa maison il y a plus d’une semaine dans un incendie. Sur la photo, Maryse Côté, directrice de l’école Louis-de-France, lors de la journée «pyjama» de l’établissement scolaire.

Élan de solidarité à l’école Louis-de-France

m.maxgessler@lenouvelliste.qc.caTrois-Rivières — Une famille dont la maison a été détruite par un incendie il y a plus d’une semaine, dans le secteur Saint-Louis-de-France, à Trois-Rivières, pourra passer un meilleur Noël malgré les circonstances, grâce à la générosité de ses concitoyens. Des dizaines de familles de l’école Louis-de-France ont donné sans compter jouets, vêtements, livres, couvertures et nourriture pour venir en aide à la famille Mequish, dont les enfants fréquentent également l’école.

«Dès le moment où on a appris [pour l’incendie], ç’a été l’élan de générosité, témoigne la directrice de l’école, Maryse Côté. J’ai fait appel à toutes les familles de l’école et dès le lendemain, on recevait en très, très grande quantité des dons.»

En fin de journée, vendredi, il restait encore une dizaine de boîtes à l’attention de la famille sinistrée: le dixième seulement de tout ce qui a été donné au cours de la semaine, selon Mme Côté. Les enfants de la famille Mequish, deux fillettes de dix et sept ans, ainsi qu’un garçon de deux ans, pourront ainsi fêter un Noël presque normal, même si ce ne sera pas dans leur maison. Leur mère, Maude-Sabrina, n’avait que de bons mots pour les généreux donateurs qui ont volé à son secours.

«Je ne m’attendais pas à avoir autant de sacs à aller chercher à l’école, s’exclame-t-elle. Le bon monde est à Saint-Louis-de-France, ça, c’est sûr! Je dis un gros merci et je fais des gros becs à tout le monde de Saint-Louis-de-France, à toutes ces familles!»

Mme Côté, qui est l’instigatrice de ce témoignage de solidarité, se réjouit de voir que les familles ont répondu à l’appel. Elle n’en attendait cependant pas moins de leur part.

«On avait déjà eu un enfant qui avait été diagnostiqué avec une leucémie, relate-t-elle. On avait fait une levée de fonds et ça avait répondu aussi en grande quantité. C’est vraiment une belle communauté et quand on fait appel à eux, ils répondent présents tout le temps.»

L’incendie survenu le 13 décembre dernier a complètement détruit la résidence de la famille Mequish.

«Une journée à la fois»

Les émotions ont été fortes pour Mme Mequish, et le sont encore, depuis le drame survenu le 13 décembre sur le chemin des Pins. Heureusement, se console-t-elle, personne n’a été blessé. «Les enfants étaient à l’école, on venait d’aller les porter.»

La mère de famille se dit par ailleurs impressionnée par le courage et l’aplomb de ses enfants, qui vivent plutôt bien cette épreuve. «Je pense que c’est plus moi qui ai de la misère. À part mon plus jeune, qui ne comprend pas trop pourquoi on ne va pas à la maison, je suis pas mal épaulée par mes filles, surtout ma plus vieille. Je suis bien entourée», affirme-t-elle.

La famille a été relogée dans un appartement, jusqu’au 1er février prochain. Pour la suite, Mme Mequish compte y aller une journée à la fois. «Il y a une possibilité qu’on puisse reconstruire, mais j’y vais étape par étape.»

Même les animaux de compagnie de la famille ont pu être sauvés et hébergés temporairement. Les trois chiens des Mequish ont été pris en charge par de bons samaritains en attendant la suite des choses.

Deuxième toit perdu

L’oncle de Maude-Sabrina Mequish a lui aussi aménagé dans l’appartement temporaire, lui qui vivait dans une roulotte sur le terrain de la résidence incendiée. L’homme, qui venait de se séparer de son épouse, a ainsi perdu un deuxième toit en peu de temps.

«J’aurais souhaité mieux l’accueillir, se désole Mme Mequish. Le peu de bagages qu’il avait amenés avec lui a brûlé, dont tout son artisanat.»

Rappelons que l’incendie qui a détruit la résidence de la famille Mequish s’est déclaré en début d’après-midi, le 13 décembre dernier. Il aura fallu 25 pompiers du Service de sécurité incendie de la Ville de Trois-Rivières pour en venir à bout, après plusieurs heures. Le froid et l’absence de borne-fontaine à proximité de la résidence ont compliqué leur intervention.