Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies

Égout de l’avenue Royale: le dossier doit demeurer ouvert

Louiseville — Même si le gouvernement du Québec confirme que le prolongement d’égout dans l’avenue Royale à Louiseville ne respecte pas les programmes de subventions, le comité de citoyens pilotant ce dossier demande à la Ville de garder le dossier ouvert et de trouver des solutions pour s’ajuster aux critères d’admissibilité.

Louiseville avait demandé au gouvernement québécois une dérogation aux programmes de subventions pour faire accepter le projet, car la zone de prolongement du réseau se situe en partie à l’extérieur du périmètre urbain. Québec a refusé de faire une entorse à ses normes, ce qui fait que la Ville ne peut aller de l’avant avec ce projet.

«On demandait deux millions de dollars. On n’a pas de subventions», confirme le maire Yvon Deshaies.

Cinquante-trois maisons sont incluses dans ce projet de prolongement. Quelque 22 maisons font partie du périmètre urbain. Mais en raison de l’ampleur des travaux, la facture serait beaucoup plus importante pour les propriétaires, car les coûts seraient répartis sur moins de contribuables.

«On n’est jamais fermé si on a des subventions. Mais le maximum est fait. On ne peut pas faire plus», ajoute le maire.

Paul Beaulieu est de l’avis contraire. Le porte-parole du comité de citoyens de l’avenue Royale désire que la Ville garde le dossier bien vivant et mette les efforts nécessaires pour trouver des solutions visant à ce que le projet se conforme aux normes dictées par le gouvernement.

«On a l’impression que la Ville veut se débarrasser du dossier le plus vite possible. On ne ferme pas un dossier à la suite d’un coup de vent! Si on le ferme, les 22 maisons seraient pénalisées. Une des solutions qu’on met de l’avant est au niveau du périmètre urbain. J’ai fait des démarches auprès de la MRC. C’est difficile de modifier le périmètre, ça prend un certain temps. Dans le cas qui nous préoccupe pour les 30 maisons en dehors du périmètre urbain, une approche que la MRC m’a signifiée est l’échange d’espace. Dans le périmètre urbain actuel, il y a des espaces en zone blanche non utilisés et qui ne seraient pas utilisés à court terme. On pourrait faire un échange des espaces non utilisés et l’appliquer pour les 30 maisons de l’avenue Royale. Les délais sont plus courts. Ça permettrait de couvrir les 53 maisons», suggère M. Beaulieu.

Vérification faite auprès de la MRC de Maskinongé, cette avenue existe bel et bien. Mais pour que sa réalisation soit facilitée, il faudrait que Louiseville obtienne l’accord des propriétaires visés par les terrains compris dans les zones d’échange. Par la suite, la demande de la Ville devra obtenir l’aval de la MRC via sa commission d’aménagement et ensuite recevoir l’appui du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.

Selon Paul Beaulieu, la Ville a du temps pour présenter un projet de prolongement et une demande de subventions au gouvernement du Québec, car les appels de projets sont prévus en 2019, en 2022 et en 2024.

Le financement obtenu permettrait de soumettre un projet acceptable financement, soutient-il.

«Si on prend les projets qui ont été faits à Saint-Paulin et à Yamachiche, ça s’est fait à coût raisonnable. Un coût raisonnable, c’est entre 14 000 $ et 16 000 $ par résidence. C’est avantageux à long terme par rapport à des équipements individuels. Il n’y a pas de remplacement de fosses après un certain nombre d’années, pas de vidange, ça a une influence sur la valeur de la propriété.»

Ce dernier propose une autre avenue pour prolonger l’égout dans l’avenue Royale. La Ville de Louiseville pourrait utiliser un prochain programme de remboursement de la taxe d’essence pour financer ce projet. Si on additionne les 500 000 $ réservés par la Ville, le projet pourrait être couvert en entier si on se base sur le fait que le programme 2014-2018 a fourni 2,1 millions de dollars. La Ville a déjà décidé de consacrer la totalité du programme 2019-2023 à la deuxième phase de réfection de l’avenue Dalcourt.

Paul Beaulieu assure que le comité de citoyens demeure bien vivant et qu’il poursuit ses représentations auprès du député Simon Allaire.

«On parle de donner des services essentiels, pas d’arroser une patinoire. Comment répondre aux programmes de subventions, c’est à la Ville de regarder ça.»