La Ville de Trois-Rivières donnera un échéancier précis au propriétaire de l’église Sainte-Marie-Madeleine pour la réalisation de travaux.

Église Sainte-Marie-Madeleine: Trois-Rivières assure ses arrières

Trois-Rivières — La Ville de Trois-Rivières ne veut assurément pas revivre le cauchemar de l’église Saint-Philippe. Pour éviter de se retrouver avec une nouvelle patate chaude, elle tente d’assurer ses arrières dans le dossier de l’église Sainte-Marie-Madeleine en exigeant que le propriétaire procède à des travaux, selon des échéanciers précis.

«Ils [les représentants de la Ville] vont chercher à faire une entente avec le propriétaire. Ils vont lui donner un échéancier. L’échéancier est convenu. Il reste juste à le signer. C’est une formule qui va déjà être homologuée par la cour. Si jamais il faisait défaut et qu’il ne respectait pas l’échéancier, on obtiendrait un jugement tout de suite sans faire de procès. Ce sont des délais réalistes mais serrés pour ne pas que ça traîne, parce que les gens ont une écoeurantite dans ce secteur, et je les comprends», explique le conseiller municipal François Bélisle, qui est vice-président du comité exécutif.

Le comité exécutif a d’ailleurs adopté une résolution à cet effet la semaine dernière. Il semble que le propriétaire, Gabriel Saad, soit ouvert à procéder à des travaux, selon les exigences de la Ville. «Le plan A, c’est d’essayer de l’accompagner, mais d’une manière très serrée. L’idéal pour tout le monde, pour la Ville entre autres et pour les citoyens autour, c’est que les réparations et les rénovations se fassent, parce que la démolition, ça va être tout un aria.»

«Si on peut aider à ce qu’un projet se fasse tant mieux, ajoute M. Bélisle. Mais là, il faut agir parce que je pense que c’est la onzième heure.»

D’ailleurs, si le propriétaire ne parvient pas à remplir ses obligations, la Ville va devoir se charger de la bâtisse et disons que ce n’est vraiment pas son premier choix. Elle va alors démolir l’église. «C’est un dernier recours. La dernière chose qu’on veut, c’est d’hériter de la bâtisse et d’être obligé de la démolir. Ça va coûter plus cher que ce qu’elle vaut.»

Si jamais aucune entente n’est signée avec le propriétaire, ce qui serait étonnant, selon M. Bélisle, parce qu’il semble ouvert à collaborer, un recours en démolition sera intenté.

«C’est le dernier recours. C’est l’arme nucléaire. Quand on l’utilise, la rentabilité économique n’est pas là. Jamais la Ville va faire de l’argent avec Saint-Philippe compte tenu de tout ce qu’elle lui a coûté. Ce serait la même chose avec l’église Sainte-Madeleine si on s’aventurait là-dedans. Ce n’est pas notre premier choix, mais un moment donné, on prend nos responsabilités. Mais j’aimerais qu’il y en ait d’autres en amont qui prennent leurs responsabilités», note M. Bélisle.

Évidemment, il fait allusion aux fabriques qui doivent parfois vendre une église en raison de situation financière difficile. Des transactions qui ont mal tourné à deux reprises à Trois-Rivières. D’ailleurs, la Ville ne peut pas se mêler de ces transactions qui sont de nature privée.

«S’ils ont à décider qu’ils doivent fermer quelques églises dans le futur, qu’ils fassent un plan pour ne pas que ce soit la communauté qui hérite de la problématique», espère M. Bélisle qui dit émettre ces derniers commentaires à titre personnel.

La Ville avait déboursé quelque 460 000 $ pour faire démolir l’église Saint-Philippe. Comme le propriétaire avait été incapable de rembourser ces travaux, le terrain est devenu la propriété de Trois-Rivières le 1er décembre 2015. Elle en est d’ailleurs toujours propriétaire. Un projet de logements sociaux, porté par l’Office municipal d’habitation (OMH) de Trois-Rivières, devrait y voir le jour.

Par ailleurs, notons que le diocèse de Trois-Rivières a mis en place un comité sur l’avenir des églises notamment pour améliorer le processus de disposition lorsque cela s’avère nécessaire.