Un groupe de citoyens a lancé une pétition pour la sauvegarde de l’église Saint-Zéphirin située en plein cœur du centre-ville de La Tuque.

Église Saint-Zéphirin: «On veut se faire rassurer»

La Tuque — Un groupe de citoyens, qui s’est donné comme mission de veiller à la sauvegarde de l’église Saint-Zéphirin à La Tuque, est préoccupé par les récentes décisions prises par la Fabrique Saint-Martin de Tours. Une pétition a été lancée en milieu de semaine. Ils veulent avoir l’assurance que les sommes reçues de la vente récente de certaines églises sont destinées à la préservation du bâtiment de l’église Saint-Zéphirin.

«On veut se faire rassurer. On veut être certain que ces sommes-là vont être dirigées pour la conservation du bâtiment, soit le réparer, le rénover… On veut que l’argent serve à ça. […] On ne dit pas qu’il y a de mauvaises intentions, ce n’est pas ça, mais on veut se faire rassurer», affirme le porte-parole du groupe, François Paré.

Rappelons qu’en juin 2019, la Fabrique Saint-Martin de Tours a présenté les grandes lignes de sa planification stratégique des cinq prochaines années. Les dirigeants ont travaillé la planification stratégique sous deux angles. Il y a le volet de la Mission et le volet administratif. L’ensemble de la gouverne sera divisé en trois entités distinctes, les cimetières, la paroisse, et le bâtiment Saint-Zéphirin.

«Quand ils font des réunions, ils informent les citoyens, ils ne les consultent pas. […] On aimerait leur mettre le pied sur le break un peu parce qu’on trouve qu’ils vont trop vite. Ils ont dit qu’ils auraient un plan d’action pour les cimetières en 2020, mais ils ont déjà envoyé des factures à gauche et à droite pour récupérer les sommes perdues», note M. Paré.

«On sent qu’ils vont très vite. Ils ont même parlé d’une rénovation majeure du presbytère. Nous comme citoyens, on ne veut pas ça. […] Ce que je connais du projet, c’est qu’il y aurait plusieurs centaines de milliers de dollars injectés dans cette rénovation. On pense qu’ils vont trop vite. On ne veut pas qu’ils mettent l’argent au presbytère. Ce que l’on veut, c’est garder la bâtisse de l’église», ajoute le porte-parole.

Le groupe estime qu’il y a plusieurs centaines de milliers de dollars disponibles dans la Fabrique, en placements, dans les coffres ou ailleurs. Ces sommes proviendraient, entre autres, de la vente des églises de Grande-Anse, de La Croche, et Lac-Édouard. Il y a aussi l’argent de l’église Marie-Médiatrice qui a été démolie pour faire place à la Résidence des Bâtisseurs.

«On n’est pas contre la mission. On veut juste se faire rassurer. La population a le droit de se faire rassurer sur la disposition des sommes qu’ils ont eux-mêmes ramassés. Ça vient des citoyens paroissiens cet argent-là», insiste François Paré.

C’est dans cet esprit que le groupe de citoyens a lancé la pétition «Sauvons l’église Saint-Zéphirin, c’est notre priorité».

Le comité de citoyens avait d’ailleurs fait la lecture d’une résolution lors de la dernière assemblée du conseil municipal de La Tuque. Ils demandaient alors qu’un mandat d’audit soit confié à un membre en règle de l’ordre des comptables professionnels agréés du Québec sur les opérations de la Fabrique et que des états financiers soient dressés pour représenter fidèlement la situation financière. Tout ça dans le but de rétablir le lien de confiance avec tous les partenaires potentiels, actuels et futurs.

Ils demandaient également que «le statu quo soit établi pour le culte et la pastorale dans les locaux actuels et que l’assemblée des marguilliers s’engage à les maintenir dans un bon état et de façon sécuritaire».

«Ils l’ont rejeté unanimement […] Il faut maintenant installer un dialogue. Ils le prennent mal qu’on exige de refaire leur devoir au niveau financier.»

«On ne fait pas ces démarches contre personne, ce sont des bénévoles et on les respecte énormément. On n’est pas là pour attaquer personne et on ne doute pas de leurs bonnes intentions».

Le groupe de citoyens espère avoir l’appui de la population avec cette pétition qui va se retrouver à plusieurs endroits sur le territoire de La Tuque. On va également solliciter la communauté autochtone.

«L’argent doit être dirigé à maintenir le bâtiment en bon état et il faut trouver en même temps un projet novateur simultanément», soutient le porte-parole du groupe de citoyens.

«Oui, les marguilliers cherchent une autre vocation à l’église, mais on a peur qu’ils ne mettent pas l’argent qu’il faut pour la maintenir en état actuellement et dans les prochaines années. On a une crainte que l’argent soit dirigé ailleurs», a souligné François Paré.

Les marguilliers, quant à eux, ont été surpris d’apprendre via Le Nouvelliste l’existence de cette pétition et ils ont préféré ne pas émettre de commentaires pour le moment. Ils souhaitent avoir le temps d’en prendre connaissance avant tout.

«On va se rencontrer. On est un peu sous le choc et surpris. […] Il faut rétablir le discours et les faits aussi. On est très surpris. On ne souhaite pas réagir pour le moment, mais on va le faire», a souligné Sylvie Girard, porte-parole des marguilliers.

«Cette phrase sous-entend que l’on ne veut pas investir dans le bâtiment. Pourtant lors de la rencontre des paroissiens, nous avons affirmé notre intention d’investir des sommes dans le bâtiment, conditionnel au développement d’un plan d’affaires qui démontre la rentabilité du bâtiment», a-t-elle ajouté.