La Fabrique a fait le point sur la situation. Derrière: Remy Beaudoin, Alain Riendeau, François Fortin, Michel Ouellet, Marc Lahaie et Bertrand Bérubé. Devant: Lise Fréchette, Linda Chounard et Sylvie Girard.
La Fabrique a fait le point sur la situation. Derrière: Remy Beaudoin, Alain Riendeau, François Fortin, Michel Ouellet, Marc Lahaie et Bertrand Bérubé. Devant: Lise Fréchette, Linda Chounard et Sylvie Girard.

Église Saint-Zéphirin: la Fabrique lance un appel à l’unité

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — «Nous avons le même intérêt de conserver le bâtiment de l’église Saint-Zéphirin que les gens qui ont initié et signé la pétition.» Les marguilliers de la Fabrique Saint-Martin-de-Tours ont réagi à la récente pétition qui a été lancée par un groupe de citoyens pour la sauvegarde de l’église Saint-Zéphirin, située en plein cœur du centre-ville de La Tuque. Ils ont lancé un appel à l’unité et ils ont voulu mettre les pendules à l’heure concernant la situation.

«Une chose est certaine, à l’heure actuelle on ne travaille pas ensemble, on travaille de façon opposée même à la limite […] Il faut se rallier», insiste Sylvie Girard, porte-parole des marguilliers.

Ce n’est pas le titre «Sauvons l’église» qui dérange les marguilliers, c’est plutôt la demande du groupe de citoyens «écrit en petit en dessous» qui a fait sourciller les bénévoles de la Fabrique.

«La demande de s’engager à y investir (dans le bâtiment) toutes les sommes de nos avoirs est non recevable […] Si on répond de façon positive à cet élément-là dans un contexte où l’on ne connaît pas l’avenir du bâtiment, c’est la faillite assurée.»

«Si on investit tout cet argent-là sur le bâtiment, la mission et la survie de la paroisse sont mises en danger. Notre raison d’être est la pérennité de la paroisse, mais on le répète, notre intérêt pour le bâtiment est là. On s’est engagé et on l’a confirmé à la population lors des rencontres au mois de septembre. Nous sommes disposés à y investir des sommes importantes cependant, on ne peut pas investir sans plan d’affaires qui nous indique où s’en va le bâtiment dans le futur. Actuellement, il n’y en a pas», ajoute Mme Girard.

Cette dernière a rappelé que le plan stratégique a été présenté à la population dernièrement. La Fabrique avait alors dévoilé ses orientations, notamment en ce qui concerne le bâtiment.

«Nous avons dit que nous voulions mettre un comité de travail de l’avant. […] On a confirmé notre engagement à investir de l’argent. On a aussi défini le cadre du comité de travail», mentionne la porte-parole.

C’est ce comité qui devra explorer les projets potentiels pour assurer la pérennité du bâtiment. Le plan d’affaires découlant de ça servira de base pour établir les sources de financement.

«On sait que la seule façon d’assurer la pérennité du bâtiment, c’est d’avoir la contribution des différents gouvernements. Il n’y a pas un gouvernement qui va mettre de l’argent s’il n’y a pas une cohésion et une volonté du milieu», souligne Rémy Beaudoin, marguillier.

D’ailleurs, la Ville de La Tuque, le comité de citoyens et le comité de l’orgue ont tous été invités à soumettre leur candidature pour siéger sur ce comité avec trois marguilliers. «Seul le comité de l’orgue a confirmé qu’il viendrait s’asseoir avec nous. Pour les autres, nous n’avons pas eu de réponse. […] Il y a de la place pour deux citoyens aussi afin de commencer la réflexion. Il faut comprendre que si on veut travailler à conserver le bâtiment, il faut un consensus social. Il faut que tout le monde travaille dans le même sens», insiste Sylvie Girard.

«Si la ville et les citoyens ne viennent pas autour de la table, ça ne sert à rien de commencer. On va se tirailler jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’argent et après on va abandonner le bâtiment», ajoute M. Beaudoin.

Pour les marguilliers, la pétition a une valeur relative, mais on sait qu’elle a des impacts dans la population et on veut tenir compte de ce que la population souhaite.

«Le risque c’est de diviser», insiste Alain Riendeau.

Des gens ont même fait savoir à des marguilliers qu’ils avaient senti de la pression afin de signer cette pétition.

États financiers

La Ville a demandé à la Fabrique de refaire ses états financiers et de se diriger vers une comptabilité d’exercice, le groupe de citoyens a également fait la même démarche, mais elle n’y voit pas l’intérêt pour le moment. Les marguilliers ont toutefois signifié leur intention de faire vérifier les états financiers par une «ressource professionnelle».

«On a l’impression que le financement et l’argent sont plus importants que l’avenir de l’église.»

Les marguilliers ont rappelé que la Fabrique était attachée au diocèse et que toutes les dépenses de plus de 5000 $ doivent être acceptées par celui-ci. «Évidemment, ils ne nous mettent pas de bâtons dans les roues, mais il est difficile de dire qu’on va investir des sommes astronomiques dans un bâtiment qu’on ne sait ce qu’il va devenir», mentionne Mme Girard. «C’est une stratégie simpliste de tout prendre l’argent et de la mettre dans l’église. Prenez tout votre argent et compromettez votre mission, ça n’a aucun sens. Ça ne tient pas la route», ajoute Rémy Beaudoin.

La Fabrique confirme qu’il y a de l’argent de disponible, mais veut en garder une partie pour contribuer au montage financier d’un projet.

«Le montant de 200 000 $ (provenant de la vente de l’église Marie-Médiatrice) va agir comme levier pour aller chercher plus d’argent», explique le marguillier Rémy Beaudoin.

Par ailleurs, on ne se fait pas de cachette et on soutient que la situation est précaire et qu’il y a urgence d’agir. «On est en situation d’urgence. Si on ne commence pas à travailler ensemble dans la prochaine année, on compromet nos capacités pour le futur. Si on ne balance plus, on va devoir piger dans le 200 000 $ juste pour arriver. Chaque année, on va devoir gruger le bas de laine. Il faut se rallier et travailler ensemble», martèle Rémy Beaudoin.

Le comité de citoyens s’est aussi inquiété de la rénovation du presbytère et demande de «mettre un break» sur ce projet. La Fabrique ne partage pas leur opinion.

«Si on fait ça, on retarde encore. Actuellement, nous sommes dans la conception de la vision du futur du presbytère. Ce qu’on a annoncé, c’est que dans le futur, on va avoir deux étages à logements et le carrefour de vie attractif en bas. On n’a pas encore engagé un sou dans la réfection […] Les deux étages, c’est pour augmenter nos revenus, c’est dans nos objectifs», explique Mme Girard.

«Notre planification stratégique est réaliste. On est des bénévoles, mais des bénévoles compétents», a-t-elle conclu.