Jorge Gonçalves demeure convaincu du potentiel de l’église Saint-Pierre, mais il reconnaît que les offres de partenariat se font rares depuis son acquisition.
Jorge Gonçalves demeure convaincu du potentiel de l’église Saint-Pierre, mais il reconnaît que les offres de partenariat se font rares depuis son acquisition.

Église Saint-Pierre de Shawinigan: un promoteur cherche du soutien

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Bien qu’il se dise accommodant et qu’il enfile les idées à un rythme soutenu, le nouveau propriétaire de l’église Saint-Pierre de Shawinigan reconnaît que ça ne se bouscule pas aux portes pour trouver une nouvelle vocation à cette majestueuse structure qui domine le centre-ville depuis 90 ans. Jorge Gonçalves assure qu’un chauffage minimal sera assuré pendant l’hiver pour que l’orgue Casavant qui trône toujours au jubé conserve ses vertus, en souhaitant qu’un partenaire se manifeste au cours des prochains mois pour vraiment entreprendre l’écriture d’un nouveau chapitre pour cet endroit en 2020.

Affable, l’homme d’affaires a déjà parlé de transformer l’église en musée religieux lorsque la fabrique de la paroisse Sainte-Marguerite-d’Youville a annoncé la vente de cet immeuble pour la modique somme de 40 000 $, le 9 août. Le 22 mai, M. Gonçalves avait créé une nouvelle entreprise, Emplacements Ancora Hemlock, qui allait devenir propriétaire de ces lieux.

À Shawinigan, on entend très peu parler des plans qui se trament pour l’avenir de cette église. Les scouts y ont établi leurs quartiers au sous-sol pour la saison en cours, jusqu’en juin. Pour le reste, le propriétaire souhaite aménager des lofts dans le presbytère. Un curé habite déjà les lieux depuis plusieurs années.

Dans l’église toutefois, le projet de musée demeure une vision pour le moment. «Si vous avez des idées, dites-les-moi!», sourit M. Gonçalves, heureux de voir au moins un peu de mouvement avec la présence des scouts et de leurs parents.

Dans la profonde remise en question qui avait mené à la fermeture de l’église Saint-Pierre en septembre 2018, l’ex-coordonnateur de la paroisse, Denis Jean, avait mentionné que sa future vocation ne pouvait être touristique. «Ça a été tenté avec des visites guidées et il n’y a pas 120 personnes qui (venaient) pendant l’été», déclarait-il au Nouvelliste en février 2018.

Le Montréalais se demande si l’église ne pourrait pas plutôt héberger des entreprises qui souhaitent voler de leurs propres ailes après leur séjour de cinq ans au Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins ou au DigiHub.

Il voit aussi les lieux comme une place communautaire, avec un petit café où les retraités du Domaine Cascade ou du Château Bellevue pourraient se rassembler pour diverses activités.

M. Gonçalves fait remarquer qu’une poignée de visites ont été spontanément organisées au cours des derniers mois, simplement pour satisfaire la curiosité de gens de passage. Pratiquement tout est conservé dans son état original. De nombreux biens sont prêtés par la fabrique ou le diocèse, tant que l’homme d’affaires souhaitera rendre hommage à la vie religieuse qui a animé les lieux pendant près de 90 ans.

Cette idée l’enthousiasme toujours, mais il réclame de l’aide. «Dans une ville de huit millions d’habitants, l’église serait déjà démolie pour faire des condos», fait-il remarquer. Un projet qui se marierait mal avec la conservation des vitraux de Guido Nincheri, qui ont fait la renommée de cette église. Le contrat de vente prévoit que l’acheteur «s’engage à utiliser l’immeuble avec respect, décence et dignité, jamais de façon inconvenante».

En 2017, la paroisse estimait à près de 30 000 $ le coût annuel de l’église en chauffage seulement, presbytère inclus. Combien de temps M. Gonçalves pourra-t-il supporter ce poids ?

«Ça coûte très cher», convient-il. «Oui, ça fait un peu peur, mais je suis une personne qui prend des risques. Je suis curieux de voir ce qu’on peut faire avec cette église.»