L’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses est fermée depuis un an en raison de divers dommages tant à sa toiture qu’à sa structure. L’ampleur des travaux à effectuer pourrait sonner le glas de l’imposant bâtiment, situé à l’angle de la rue Saint-François-Xavier et du boulevard du Saint-Maurice, à Trois-Rivières.

Église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses: vers une fermeture définitive?

Trois-Rivières — L’avenir de l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses est en péril. Celle-ci est déjà fermée depuis un an en raison de divers dommages tant à sa toiture qu’à sa structure. L’ampleur des travaux à effectuer pourrait sonner le glas de l’imposant bâtiment, situé à l’angle de la rue Saint-François-Xavier et du boulevard du Saint-Maurice, à Trois-Rivières.

«Avant de prendre une décision finale, il faut avoir tous les rapports en main. On attend encore les rapports d’ingénieurs. Par mesure de sécurité, l’église n’est pas encore rouverte», explique l’abbé François Donaldson, prêtre-modérateur de la paroisse Du-Bon-Pasteur.

La paroisse est donc en attente. Les organismes communautaires qui utilisent le sous-sol ont reçu la consigne de quitter les lieux d’ici les premières neiges par mesure de sécurité.

Les travaux à la toiture nécessitent des réparations qui se chiffrent autour de 500 000 à 600 000 $. C’est sans compter la découverte de fissures au cours de l’hiver dernier qui pourraient mettre à mal l’intégrité de la structure. Selon la paroisse, une firme d’ingénieurs a constaté qu’une poutre de bois supportant le plancher de l’église est pourrie ainsi qu’une colonne de bois adjacente. Des supports temporaires ont été installés. Le revêtement de marbre mural va également devoir subir une cure de jeunesse puisque, selon les ingénieurs, il pourrait subitement se détacher.

«Il y a des poutres fissurées dans les combles. Au sous-sol, il y a des poutres qui sont pourries en raison d’infiltrations d’eau», précise l’abbé Donaldson.

Les problèmes ont débuté l’automne dernier lorsque des sections de plâtre se sont détachées du plafond de l’église, ce qui a amené sa fermeture. Depuis, les célébrations se tiennent à la chapelle Saint-Antoine du monastère des Franciscains.

Y a-t-il encore de l’espoir pour cette église? «C’est un grand point d’interrogation», laisse tomber M. Donaldson. «Ce sont des sommes énormes et les ressources ne sont pas là», ajoute-t-il.

Il évoque une possible collecte. Quant à une aide gouvernementale, il se fait peu d’illusions. «Au niveau du patrimoine religieux, il y a tellement de demandes dans la province. C’est pratiquement illusoire...»

D’ailleurs, Québec a offert, cette année, une enveloppe de 20 millions $ pour la restauration du patrimoine culturel à caractère religieux, alors que les demandes d’aide financière au Conseil du patrimoine religieux ont atteint le double, soit 40 millions $.

De plus, l’hiver dernier a été particulièrement pénible pour les toitures, et les églises n’ont pas été épargnées. «Ce sont des toitures assez énormes. Du moment qu’il y a de la neige et de la glace, l’eau ne peut pas s’écouler et elle s’infiltre. Il y a beaucoup d’églises qui ont ces problèmes», déplore l’abbé Donaldson.

L’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses a été inaugurée en 1914. Avec ses hautes tours-clochers, elle semble régner sur les quartiers ouvriers qui l’entourent. «C’est une magnifique église. C’est un beau lieu de culte. Il y a aussi un orgue assez exceptionnel», note l’abbé Donaldson.

Un avis partagé par l’historien René Beaudoin. «C’est une belle église. Elle est majestueuse. Elle a été construite dans ce quartier où se trouvait la Wabasso. Un autre élément intéressant de cette église, c’est que J.-Antonio Thompson y a été organiste pendant des années. C’est pourquoi on y trouve un orgue de qualité.»

Dans une étude réalisée par la Société de conservation et d’animation du patrimoine de Trois-Rivières (SCAP) en 2000, il est mentionné que la valeur patrimoniale de cette église est élevée et le rapport recommande sa conservation intégrale. On y fait notamment mention de sa présence dominante dans le paysage, du décor peint par l’artiste Guido Nincheri et de la présence de nombreuses œuvres d’art. On y note également qu’elle constitue une salle de concert de qualité.

«Cette église constitue l’un des monuments majeurs de l’architecture religieuse de Trois-Rivières», peut-on y lire.

Le rapport précisait alors que l’église était dans un «état physique satisfaisant mais demanderait, à court et moyen terme, plusieurs travaux de réfection et d’entretien» dont le remplacement de la couverture.

«Étant donné sa très grande valeur architecturale, l’intérieur et l’extérieur de l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses devraient être soigneusement conservés et restaurés afin de léguer ce monument aux générations futures. La qualité de son architecture et des œuvres d’art qu’elle contient mérite d’être conservée avec soin», concluait la SCAP.