Joanne Blais, directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie.

Égalité hommes-femmes: des enjeux prioritaires identifiés

TROIS-RIVIÈRES — Une récente étude permet à la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie de cibler des enjeux prioritaires relativement à la quête visant à atteindre l’égalité entre les hommes et les femmes.

En ce qui concerne le monde du travail, les données compilées auprès de différentes sources permettent notamment de faire un lien direct entre le niveau de scolarité et les chances d’occuper un emploi. 

Seulement 32,7 % des femmes sans diplôme de la région occupent un emploi alors que ce taux atteint 76,6 % pour les détentrices d’un diplôme d’études collégiales.

Par ailleurs, même si elles sont de plus en plus présentes sur le marché du travail, les femmes gagnent en moyenne seulement environ 70 % du revenu des hommes en Mauricie. 

«C’est un peu mieux que lorsque je suis arrivée à la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM), alors que c’était à 65 %, mais il reste encore du travail à faire», soutient la directrice générale de l’organisation, Joanne Blais.

Cette dernière ajoute que le passé industriel et ouvrier de la Mauricie doit être pris en compte dans l’analyse de cette réalité. Dans cette optique, elle indique que les femmes de la région œuvrent encore aujourd’hui majoritairement dans des domaines à prédominance féminine.

L’analyse a également permis de cibler la santé et la violence envers les femmes comme étant des enjeux importants. En effet, 86 % des victimes d’agressions sexuelles sont des femmes.
La violence dont elles sont victimes a d’ailleurs des conséquences directes sur leur santé. Elles sont notamment plus sujettes que les hommes à éprouver un stress élevé, de la détresse psychologique et des problèmes d’hypertension.

Parmi les solutions qui permettraient de régler ces problématiques, et du même coup, d’amoindrir le fossé entre les hommes et les femmes, la TCMFM propose que l’analyse différenciée selon les sexes (ADS+) soit prise en considération dans l’élaboration de politiques, plans d’action et projets touchant particulièrement à la famille, au développement économique, à l’emploi et au transport. La TCMFM prône également un accès accru des femmes à des professions d’avenir et à des formations qualifiantes. 

L’organisme considère aussi que les secteurs d’emploi à prédominance féminine devraient être valorisés, notamment grâce à la mise en place d’une échelle de rémunération plus juste, car ces emplois sont trop souvent sous-payés. Ces modifications ne devraient évidemment pas interférer négativement avec la conciliation travail-famille.

Parité au sein du cabinet des ministres

En ce qui concerne la décision du premier ministre du Québec, François Legault, de nommer autant de femmes que d’hommes au sein de son cabinet des ministres, la directrice de la TCMFM salue cette décision. Elle ne veut cependant pas faire de commentaires concernant les tâches qui ont été confiées aux femmes qui ont été choisies par le premier ministre caquiste.