Une centaine d’éducatrices en grève ont manifesté jeudi devant les bureaux du ministre Jean Boulet.
Une centaine d’éducatrices en grève ont manifesté jeudi devant les bureaux du ministre Jean Boulet.

Éducatrices en grève: envoi massif d’avis de cotisation au ministre de la Famille

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — En grève depuis maintenant quatre jours, les éducatrices des services de garde subventionnés en milieu familial membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) ont lancé jeudi matin devant les bureaux du ministre Jean Boulet «l’opération déclaration fiscale» afin de prouver au ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, qu’elles gagnent bien en moyenne 12,42 $ de l’heure.

Elles étaient une centaine réunies devant le bureau du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec et député de Trois-Rivières pour dénoncer ce qu’elles qualifient de «dénigrement» à leur endroit de la part du gouvernement.

«Nous étions prêtes à régler le conflit en fin de semaine dernière et éviter la grève illimitée, car nous voulions un arbitre. Le ministre de la Famille a dit non. Il a demandé à son collègue du Travail de nommer un médiateur. On est allé en médiation. Et elle ne servira à rien si le ministre de la Famille conserve son offre de 12,83 $», a affirmé devant la foule la présidente nationale de la FIPEQ, Valérie Grenon.

«Tout ce qu’on fait, c’est étirer le temps et empêcher les familles du Québec d’avoir un service éducatif ouvert. […] Il faut que le ministère de la Famille dépose une autre offre.»

La présidente nationale de la FIPEQ, Valérie Grenon, s'adressant aux éducatrices. 

L’offre de Québec d’augmenter la subvention accordée au responsable des services de garde en milieu familial afin que la rémunération atteigne en moyenne 12,83 $ de l’heure est très mal reçue par les syndiquées. Elles n’acceptent pas que le ministre de la Famille ne reconnaisse pas leur présomption concernant le salaire moyen de 12,42 $ de l’heure, car elles sont des travailleuses autonomes ayant droit à des déductions fiscales.

Afin de lui prouver ce qu’elles avancent, les quelque 10 000 éducatrices en milieu familial subventionné sont invitées à envoyer de façon anonyme les avis de cotisation 2019 au ministre de la Famille. Le syndicat appelle cette action l’opération déclaration fiscale.

«Nous allons encore une fois prouver que le ministre de la Famille dénigre la profession et qu’il ment à la population», a dénoncé Valérie Grenon.

«Nous avons nos rapports d’impôt qui le prouvent. Ce n’est pas des chiffres que nous avons sortis d’un chapeau», a ajouté la présidente de la Mauricie de la FIPEQ-CSQ, Mélanie Gélinas.

«Ce n’est pas une augmentation salariale de 35 % qu’on demande, c’est un réajustement de 35 %. On nous a toujours dit qu’on était l’équivalent d’une éducatrice non formée en CPE. Eh bien actuellement, le salaire de l’échelon 1 est de 16,75 $ de l’heure.»

La présidente de la Mauricie de la FIPEQ-CSQ a aussi voulu rappeler au ministre du Travail, Jean Boulet, que les services de garde touchent des travailleurs de toutes les sphères de la société. «Les éducatrices permettent aux gens d’aller travailler en toute sécurité. En Mauricie, nous pourrions offrir 200 places de plus pour des travailleuses de la petite enfance. Mais en raison du surplus de tâches, il n’y en a pas qui veulent venir travailler», a-t-elle mentionné.

Se souvenant de l’appui de la FIPEQ-CSQ lors du conflit de travail à l’ABI de Bécancour, le syndicat des Métallos est venu soutenir les éducatrices en grève. «Vous avez un salaire dérisoire. 12,42 $ de l’heure, c’est dégradant», a mentionné Donald Noël, adjoint au directeur du Québec.

Rappelons que cette grève touche près de 5000 familles en Mauricie et au Centre-du-Québec.