On voit ici Raphaël St-Amand ainsi que sa fille, Trycia et son fils, Mathias, qui descendent de l’autobus.

Transport scolaire: mieux vaut réserver dans les temps

Lac-aux-Sables — Le transport scolaire est devenu une affaire assez compliquée pour Raphaël St-Amand. Sa fille, Trycia, qui fréquente l’école primaire La Providence, à Saint-Tite, ne peut pas prendre l’autobus pour se rendre à l’école, le matin, mais il y a de la place pour elle dans l’autobus pour revenir à la maison, le soir, à Lac-aux-Sables.

Chaque matin, le père de quatre enfants doit donc faire un aller-retour de 60 kilomètres pour aller reconduire sa fille ou s’organiser avec des amis pour la transporter jusqu’à l’école. Ce qui est encore plus choquant, dit-il, c’est que son lieu de travail à lui n’est qu’à cinq minutes de sa résidence.

Ce parent rage parce qu’il paie en plus les 220 $ de transport exigés par la Commission scolaire de l’Énergie même s’il ne reçoit, au bout du compte, que la moitié du service. «J’ai payé dans le vide», se plaint-il.

Raphaël St-Amand a la garde de sa fille une semaine sur deux. Il dit avoir communiqué à plusieurs reprises avec la Commission scolaire de l’Énergie pour tenter de régler le problème, mais sans succès. C’est la première fois, dit-il, qu’il vit un problème de transport scolaire avec un de ses enfants.

La Commission scolaire, de son côté, indique que M. St-Amand est l’artisan de son propre malheur. «Il s’est réveillé au mois d’août quand il a vu passer les autobus scolaires», explique le directeur général, Denis Lemaire sans passer par quatre chemins.

«On aurait eu de la place pour sa fille, le matin et le soir. On a l’obligation de transporter les élèves à une première adresse. Dans ce cas-ci, la première adresse, c’est celle de la mère, à Saint-Tite», dit-il.

Quand la Commission scolaire établit le plan de transport scolaire, ajoute-t-il, «on attribue les postes pour les premières adresses et après, on va intégrer les demandes optionnelles (la 2e adresse). On fait ça tant qu’il y a de la place», explique-t-il. Or, il appert qu’il manquait de place pour la fillette de Lac-aux-Sables parce que la demande de transport n’a été faite qu’au mois d’août et que la maison de M. St-Amand est considérée comme une deuxième adresse.

Pour accommoder la petite Trycia, la Commission scolaire aurait dû débourser quelque 30 000 $ pour une berline ou 60 000 $ pour un autobus régulier, indique M. Lemaire.

Pour ce qui est du tarif de 220 $ chargé aux personnes qui utilisent le transport scolaire optionnel, il est fixe pour tous, peu importe la fréquence d’utilisation du service. Ceci a été décidé par la Commission scolaire à cause de la trop grande variété des besoins. Certains utilisent le transport une semaine sur deux, d’autres ne l’utilisent pas le midi. Il fallait uniformiser le tarif, plaide le directeur général. Il y a aussi les tarifs familiaux, ajoute-t-il et c’est sans compter les familles reconstituées. Une semaine, ils sont trois dans l’autobus et la semaine d’après, il y en a qu’un seul. On planifie tout ça», explique-t-il.

Quant à savoir pourquoi la fille de M. St-Amand a des problèmes de transport seulement le matin, le directeur général de la Commission scolaire explique que le transport scolaire «est comme une toile d’araignée. On a des circuits du primaire et des circuits du secondaire» et pas une école n’a les mêmes heures. «Donc des fois, il y a le primaire et le secondaire dans le même autobus et des fois pas», dit-il. Bref, les circuits du matin et ceux du soir ne fonctionnent pas du tout de la même façon, résume-t-il.

L’offre de transport aux parents arrive dès le mois d’avril, ajoute M. Lemaire. Si M. St-Amand s’était manifesté dans les temps, il aurait été mis en priorité, assure le directeur, «mais lui ne nous a dit ça qu’au mois d’août», alors que l’autobus était déjà plein. «Que voulez-vous qu’on fasse?», dit-il.

Denis Lemaire souligne que le transport scolaire de la Commission scolaire de l’Énergie est quelque chose d’assez complexe et représente le déplacement de 6700 élèves par jour et des trajets totalisant «50 fois le tour de la Terre par année», dit-il.

Selon M. Lemaire, cette situation suscite une question plus fondamentale. «Quand les parents sont en garde partagée, nous, comme organisation, jusqu’où on accommode?» questionne-t-il. «Où est notre limite? On va ajouter 30 000 $ parce qu’ils ont décidé qu’il y avait une garde partagée une semaine sur deux à Lac-aux-Sables et Saint-Tite?»

M. Lemaire invite à regarder la situation dans l’autre sens et à se demander quelle serait l’opinion des contribuables «s’ils avaient appris qu’on a injecté 30 000 $ pour dépanner le monsieur. Je pense que vous me direz: comme gestionnaire, ça ne va pas votre affaire et que le monsieur avait juste à s’organiser à temps», fait valoir le directeur général.