Le coporte-parole Gabriel Nadeau-Dubois s’indigne que «tout le monde paie au Québec pour les écoles privées», alors que seulement 12 % des enfants les fréquentent.

QS veut couper les vivres aux écoles privées

S’il prend le pouvoir, Québec solidaire (QS) se donne quatre ans pour couper toute subvention aux écoles privées. Le parti dit être le seul à avoir le «courage» de s’attaquer à cette «vache sacrée».

Le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois s’indigne que «tout le monde paie au Québec pour les écoles privées», alors que seulement 12 % des enfants les fréquentent.

Comme premier engagement électoral en vue de la prochaine campagne, QS a présenté lundi un plan de transition qui s’échelonne sur un mandat. Ce plan prévoit que les écoles privées subventionnées auraient le choix de s’intégrer au réseau public ou de devenir complètement privées. 

Se basant sur différentes études, le parti croit que 50 % des élèves qui fréquentent actuellement les écoles privées retourneraient vers le système public, ce qui permettrait des économies de 100 millions $, qui seraient réinvesties dans les écoles publiques. 

Mais la plus grande motivation de QS en est une de principe. «C’est pas pour sauver de l’argent. C’est pour mettre fin à une injustice», indique M. Nadeau-Dubois. 

Le jeune politicien promet une transition «ordonnée et planifiée», afin qu’aucun enfant ne paie le prix de ce changement. Selon lui, si les écoles privées arrêtent d’écrémer les meilleurs élèves des classes, le système public s’en portera mieux. «On va rendre le travail des profs pas mal plus facile.»

M. Nadeau-Dubois, qui a lui-même fréquenté l’école privée, soutient qu’il n’est pas question ici de faire le procès de ses parents ou des parents en général. «C’est le système qui pousse les parents dans ce choix-là», croit-il, étant donné qu’au fil des années, la réputation des écoles publiques s’est dégradée. 

Le Mouvement L’école ensemble, fondé l’an dernier par un groupe de parents, s’est réjouie du plan de Québec solidaire, qui «brise la glace» sur ce sujet. Lors des prochaines élections, les Québécois auront le choix «mettre fin à la politique officieuse de ségrégation scolaire qui est celle du Québec depuis 50 ans», a soutenu son coordonnateur Stéphane Vigneault. 

Le Mouvement a publié un sondage la semaine dernière dans lequel 73 % des répondants disent souhaiter la fin du financement des écoles privées avec l’argent des contribuables, afin que cet argent soit réinvesti dans les écoles publiques. 

La Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) croit quant à elle que QS «évalue mal» les coûts de sa proposition. Selon la FEEP, le gouvernement ne ferait pas d’économies, mais devrait débourser 600 millions $ de plus pour tous les enfants qui se tourneraient alors vers le système public. 

«Péter au frette»

Au cours de la session parlementaire qui commence, Québec solidaire promet de s’attaquer à d’autres «vaches sacrées». Le parti souhaite entre autres lutter contre le «fléau» de l’épuisement professionnel. 

Gabriel Nadeau-Dubois évalue que plusieurs travailleurs sont en train de «péter au frette sur leur milieu de travail, parce que les conditions sont pas respectueuses de leurs droits». Les infirmières qui se sont manifestées à ce sujet la semaine dernière en sont un exemple. 

QS a également lancé la semaine dernière sa plate-forme Web Mouvement, qui permettra aux militants d’annoncer leurs assemblées de cuisine ou de participer plus activement aux positions du parti. Elle s’inspire directement des outils utilisés par l’équipe du sénateur du Vermont Bernie Sanders durant sa campagne pour devenir le chef du Parti démocrate.