Le candidat libéral dans Trois-Rivières, Jean-Denis Girard (à droite) discute ici avec le directeur général du Cégep de Trois-Rivières, Raymond-Robert Tremblay, lors d'une visite au Centre de métallurgie du Québec du Cégep.

Programmes menacés au collégial: «Il va falloir que le gouvernement s'implique»

Le Cégep de Trois-Rivières recevait jeudi le trio éducation du Parti libéral dans le cadre de la campagne électorale.
Le directeur du Cégep, Raymond-Robert Tremblay, en a profité pour partager ses préoccupations pendant environ une heure avec David Birnbaum, Hélène David et François Blais de même qu'avec Jean-Denis Girard, candidat libéral dans Trois-Rivières.
M. Tremblay a fait connaître sa liste d'épicerie au trio éducation en demandant notamment que «la formation continue des adultes soit beaucoup mieux financée». «Actuellement, nous travaillons en enveloppes fermées pour les attestations d'études collégiales», dit-il.
«Nous souhaitons un financement équitable, équivalent à ce qui existe dans les universités et les commissions scolaires à cet égard-là parce qu'il y a des centaines d'adultes actuellement en Mauricie qui n'ont pas de formation parce que l'enveloppe budgétaire 2013-14 est épuisée», a-t-il déploré.
«C'est inacceptable dans un contexte où l'on a des chômeurs qui veulent travailler, qui veulent se perfectionner et dans un contexte où l'on a des employeurs qui veulent les embaucher», a fait valoir le directeur.
Le candidat Jean-Denis Girard a profité du point de presse pour renchérir sur la question. Il a souligné qu'il existe un problème d'adéquation entre les besoins des entreprises de la région et les formations qui sont offertes. «Le directeur nous disait que pour certains emplois, il y a huit offres d'emplois pour un finissant», illustre-t-il. «Il faut être plus souple», estime le candidat libéral.
Les cégeps «doivent avoir une meilleure souplesse de gestion», a renchéri le directeur du Cégep, surtout, précise-t-il, en matière de formation professionnelle et technique.
M. Tremblay a illustré ses propos en donnant l'exemple du programme en pâtes et papier que le Cégep de Trois-Rivières rêve de transformer en procédés chimiques. «Ça fait trois ans qu'on attend après des processus qui se passent dans les ministères et on en a encore pour au moins deux ans avant de pouvoir admettre notre premier étudiant. Ce sont des délais qui n'ont aucun bon sens», croit-il.
«Nous, en dedans d'un an, laissez-nous tranquille et on va vous l'organiser, votre affaire. Il va y en avoir, des étudiants et il va y en avoir, de bonnes formations», promet M. Tremblay. «Actuellement, il y a trop d'obstacles réglementaires», déplore-t-il.
Dans le cadre du débat électoral qui se tenait mercredi au Cégep, M. Tremblay avait annoncé que le conseil d'administration du collège avait justement pris la décision de sauver quatre programmes menacés par une baisse des inscriptions.
La nouvelle a été confirmée jeudi via un communiqué émis conjointement par l'établissement et le Syndicat des professeur(e)s. Il s'agit, rappelons-le, de génie industriel, maintenance industrielle, mécanique du bâtiment et logistique du transport.
«Nous sommes dans un contexte de décroissance démographique qui est quand même assez rapide. Malheureusement, cette décroissance-là se concentre dans les programmes d'études techniques. Il y a beaucoup d'enjeux si l'on veut maintenir vivants ces programmes-là dans les prochaines années. On a passé proche de suspendre les admissions dans quatre de ces programmes-là. On a pris un risque. On a négocié avec nos partenaires syndicaux.
On a trouvé des solutions, mais il va falloir également que le gouvernement s'implique, nous offre la souplesse dont on a besoin et également nous permette un meilleur financement lorsque le nombre d'étudiants diminue, sachant que si ça diminue pendant six ans, ça va remonter les six années suivantes», plaide-t-il. «On ne voudrait pas se retrouver dans 12 ans d'ici à devoir reconstruire ce qu'on va avoir démoli», fait-il valoir.
Le Cégep s'est dit prêt à rencontrer les candidats d'autres partis qui le souhaitent.
Le candidat du Parti québécois dans Trois-Rivières, Alexis Deschênes, a pour sa part émis un communiqué, jeudi, pour faire savoir qu'en apprenant la menace qui planait sur certains programmes, il «est intervenu immédiatement pour sensibiliser le ministre» ainsi que le directeur du Cégep puisqu'il s'agit de «programmes à très hauts taux de placement.»