Passeport pour ma réussite: premiers diplômés à Shawinigan

À la fin de la présente année scolaire, en juin, 43 élèves de la région de Shawinigan devraient recevoir leur diplôme d'études secondaires. Ces jeunes font partie de la toute première cohorte de 63 élèves qui s'étaient inscrits à Passeport pour ma réussite, en 2012, un programme de persévérance scolaire communautaire pancanadien initié en Ontario et administré par le Carrefour Jeunesse Emploi à Shawinigan.
Quinze de ces 63 élèves poursuivent toujours leurs études secondaires et cinq sont présentement en démarches avec un autre service du CJE.
Ce programme a été implanté dans 17 communautés canadiennes, dont six au Québec. Shawinigan est la seule en Mauricie et au Centre-du-Québec. Le territoire avait été choisi en fonction des taux de décrochage scolaire historiques et du taux de défavorisation, indique Caroline Duranleau, directrice du programme.
Dans le cadre de la Semaine de la persévérance scolaire, le CJE a tenu à souligner le succès du programme et de ses jeunes participants, d'autant plus que les résultats du site de Shawinigan figurent parmi les meilleurs au pays.
«Je pense que c'est dû à l'approche du CJE, à l'expertise qui était déjà présente. On mise beaucoup sur le développement des qualités entrepreneuriales. On parle beaucoup de confiance en soi et du sens des responsabilités. Le fait d'être à Shawinigan, une plus petite communauté, on se tient peut-être les coudes plus serrés», analyse Mme Duranleau. «Il y a beaucoup de partenariats avec la communauté, les organismes et les entreprises», fait-elle valoir.
Pas moins de 330 élèves de première à cinquième secondaire font partie de ce programme aujourd'hui. «Tous les élèves qui font leur entrée au secondaire et qui habitent le territoire sont automatiquement éligibles au programme», explique Mme Duranleau. «C'est sur une base volontaire», précise-t-elle.
«La première année, ce fut un peu plus difficile de les recruter, mais depuis, on a acquis une belle réputation», dit-elle.
Ce programme soutient non seulement les jeunes, «mais aussi leur famille dans toutes les sphères de leur vie. Nous offrons différents types de soutien toujours en lien avec la persévérance scolaire», explique-t-elle. «Les facteurs de décrochage scolaire ne se passent pas uniquement à l'école. Parfois, c'est dans la famille, parfois c'est dans la sphère sociale du jeune aussi. Cet accompagnement-là va beaucoup sécuriser la famille. Du point de vue académique, les parents, au secondaire, se sentent dépassés. Beaucoup de parents viennent pour l'aide aux devoirs, d'abord. Ensuite, tout le support personnel qu'ils reçoivent du programme vient les encourager à rester. Il y a aussi un facteur financier. Une bourse d'études est offerte aux élèves qui participent adéquatement au programme», indique Mme Duranleau.
Un conseiller à la réussite est là pour les jeunes tout au long de leur parcours afin de s'assurer de mettre en place tous les facteurs de protection dont le jeune a besoin pour réussir ses études secondaires.
Le taux de décrochage scolaire, dans les secteurs de Shawinigan et Grand-Mère, atteignait près de 40 %, en 2007. Ces chiffres n'ont pas encore été réévalués, indique Mme Duranleau. «Ça va être fait dans les prochains mois, probablement après la diplomation», précise-t-elle.