Ismaïl Biskri, président du SPPUQTR.

Les profs ne veulent pas du fardeau

Trois-Rivières — Les professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières sont en mode négociation depuis plusieurs mois en vue du renouvellement de leur convention collective et un élément semble déjà très clair pour eux, c’est qu’il n’est pas question de porter le fardeau de l’endettement de l’établissement.

Les professeurs estiment «avoir fait une grosse part», assure le président du Syndicat des professeur(e)s, Ismaïl Biskri. Au cours des deux dernières années, ils ont en effet offert une contribution temporaire de quelque 4 millions $, selon l’évaluation du Syndicat, en réduisant temporairement le nombre de postes de professeurs et en déplafonnant les activités d’enseignement en supplément de tâche. Une partie de cet effort a été accordée à la réduction du déficit et l’autre, à la recherche.

La lettre d’entente prend fin cette année et l’UQTR doit prochainement embaucher 31 nouveaux professeurs. «Nous ne sommes pas d’avis que ce soit les professeurs qui doivent porter le fardeau du problème de déficit», indique M. Biskri. «Nous sommes prêts à faire des efforts, mais il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas discuter», dit-il.

Rappelons que, selon les derniers chiffres dévoilés par l’UQTR, le déficit de fonctionnement était de 10,4 millions $, soit un des plus élevés du réseau de l’Université du Québec. Des efforts importants sont menés par la direction pour venir à bout de cette situation.

Le 28 septembre dernier, le dépôt patronal avait été rejeté à 94 % lors d’un vote des professeurs. La direction avait dès lors demandé au ministère du Travail d’inviter un médiateur-conciliateur à la table des négociations. «S’il y a une ressource externe qui vient rapprocher les points de vue, pourquoi pas?», répond Ismaïl Biskri.

Les éléments principaux qui achoppent présentement sont le plancher d’emploi, le soutien à la recherche et les salaires.

Les professeurs demandent en effet des augmentations salariales de 2 % par année qu’ils veulent comparables à celles qui ont été accordées aux professeurs des autres universités du réseau de l’Université du Québec, dit-il.

«On veut être compétitif», fait valoir le président du Syndicat. «Si l’on a une différence salariale, disons d’une dizaine de milliers de dollars, avec les autres conventions collectives du réseau, peut-être qu’on n’irait pas chercher les meilleurs professeurs», illustre-t-il.

«Quand on se compare avec les autres universités du réseau, et l’on ne se compare même pas aux universités à charte, il y a des universités qui sont de beaucoup en avance, mieux loties, je dirais, en termes de salaires par rapport à nous. Chaque constituante a sa propre grille salariale», dit-il.

Selon Ismaïl Biskri, le salaire des professeurs de l’UQTR se situe «un peu en bas du milieu» par rapport aux autres universités de l’UQ.

La convention collective actuelle des professeurs avait été signée en 2013.

«Entre 2013 et 2018, il y a eu d’autres constituantes (du réseau) qui ont signé la leur. Nécessairement, elles se trouvent à avoir une grille beaucoup plus récente et nécessairement, des augmentations que nous n’avons pas», dit-il.

Le Syndicat ne veut «pas de salaires pareils à la virgule près», précise M. Biskri, «mais avoir des salaires compétitifs de sorte qu’on se trouve à avoir la même attractivité que les autres universités», fait-il valoir.

«Quand vous avez un poste à pourvoir et qu’une autre université a le même poste à pourvoir et que vous avez un excellent professeur ou une excellente professeure qui pourrait être candidat(e) pour ce poste, c’est sûr qu’il y a des détails qui vont faire que le choix va être fait soit pour l’UQTR, soit pour ailleurs», fait-il valoir.

Ismaïl Biskri trouve que les demandes patronales actuelles laissent croire «qu’on veut une université où il n’y a pas de recherche qui se fait. C’est l’impression qui en découle», dit-il. «Il y a quelque temps, les professeurs ont même parlé d’un gros cégep. Et ça, on ne le souhaite pas.»

L’UQTR n’a pas accepté de commenter ce dossier.