Le Cégep de Trois-Rivières.

Grands besoins... peu d'étudiants en Écodéveloppement et bioproduits

Le Cégep de Trois-Rivières amorce la session d'automne 2017 avec seulement deux étudiants dans son tout nouveau programme Écodéveloppement et bioproduits qui remplace la traditionnelle formation en pâtes et papiers où aucun diplôme n'a été décerné depuis 2012. Les usines ont pourtant de nombreux emplois de qualité et bien rémunérés à offrir. «Les besoins sont incroyables», indique Denis Rousseau, le directeur des études.
«On est en discussion avec les papetières. Elles vont vivre un creux d'ici peu de temps avec les départs à la retraite. Déjà, dans les papetières, il y a quelques dizaines d'emplois assurés dans la région», dit-il. Certaines entreprises industrielles en Mauricie «prennent des gens sans formation et elles les forment à l'interne», dit-il, car il y a des besoins à combler.
«Quelqu'un dans un secteur industriel m'a dit que si des étudiants ne faisaient ne serait-ce que le module 1 de ce programme, il en engagerait 40», raconte M. Rousseau.
Et ce sont des emplois bien payés qui attendent les finissants de ce programme, soit dans les 70 000 $ dans bien des cas, dit-il.
«Les finissants qui iraient travailler dans une papetière gagneraient entre 15 000 $ et 20 000 $ pour l'été», illustre-t-il.
C'est ce mot, «papetière» qui semble toutefois ternir, bien à tort, le lustre la nouvelle formation en écodéveloppement et bioproduits. L'intérêt pour étudier dans ce domaine s'est en effet sérieusement effrité avec les fermetures d'usines, il y a quelques années.
«Oui, les pâtes et papiers sont au coeur de ce qu'on fait, mais le technicien va pouvoir travailler dans un paquet d'autres domaines», plaide-t-il. «Dans les autres secteurs, il y a une pénurie de main-d'oeuvre aussi», fait valoir M. Rousseau.
«On ne parle plus simplement de fabriquer du papier, mais aussi de faire des papiers intelligents, des pâtes thermomoulées et de transformer des algues en carburant», illustre le directeur des études.
À mon avis, c'est une question de temps avant que les gens comprennent les dizaines de possibilités qui sont en train d'émerger», dit-il.
Le manque d'inscriptions à cette nouvelle formation peut aussi être expliqué, croit M. Rousseau, du fait que «malheureusement, on n'a eu l'autorisation du ministère que le 22 octobre dernier» pour lancer le programme.
Il n'y a pas eu assez de temps, ajoute-t-il, pour le faire connaître avant la date du 1er mars qui marque la fin des inscriptions au Cégep.
«C'est dommage que les gens gardent en tête l'image du rouleau de papier alors que là, on est complètement ailleurs», déplore le directeur des études qui se dit malgré tout très optimiste pour l'an prochain, quand le programme sera mieux connu des finissants dans les écoles secondaires.