Le maire de Saint-Sylvère, Adrien Pellerin.

École incendiée à Saint-Sylvère: la Commission scolaire critiquée

SAINT-SYLVÈRE — Le conseil municipal de Saint-Sylvère déplore le manque de transparence de la Commission scolaire de la Riveraine dans le dossier de la reconstruction de l’école incendiée l’été dernier.

C’est que les élus ont appris tout récemment l’existence d’une réponse ministérielle positive qui date du 9 novembre 2017. Dans une correspondance adressée à la directrice générale de la CS, Johane Croteau, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur annonçait qu’un montant de 6 450 000 dollars était réservé dans le cadre du régime d’indemnisation. Pourtant, cette information n’a pas été divulguée lors d’une rencontre publique tenue ultérieurement, soit le 19 décembre 2017.

«Le manque de transparence de la Commission scolaire a notamment eu pour conséquence le déploiement de beaucoup d’énergie pour revendiquer quelque chose qui était vraisemblablement déjà acquis», dénonce le conseil municipal. «Ils ont fait une réunion et ils avaient déjà la lettre», a décrié au Nouvelliste le maire Adrien Pellerin.

Dans la même résolution adoptée en début de semaine, on demande «impérativement» que la Commission scolaire de la Riveraine enclenche immédiatement le processus décrit dans la fameuse lettre «de manière à permettre dans les meilleurs délais possibles la reconstruction de l’école Le Rucher à Saint-Sylvère».

De plus, le premier magistrat craint que la Commission scolaire privilégie le dossier de l’école Marquis à Saint-Célestin qui est fermée depuis l’an passé en raison de problèmes structuraux majeurs.

«Je ne suis vraiment pas sûr que les commissaires sont au courant de cette lettre. Et pourquoi la reconstruction de l’école Le Rucher n’est-elle pas déjà enclenchée?», demande-t-il.

Or, la directrice générale de la CS se défend de manquer de transparence. «Oui, c’est vrai que la Commission scolaire a reçu une lettre du ministère annonçant qu’il y avait un montant de 6 450 000 $ qui était réservé dans le cadre de la mesure du régime d’indemnisation suite à l’incendie de l’école. La gestion financière de ce montant appartient à la Commission scolaire. Ça n’appartient pas à la Municipalité de le gérer», a-t-elle d’abord indiqué pour justifier le fait que Saint-Sylvère n’avait pas été informée.

Du même souffle, Mme Croteau souligne que cette enveloppe n’est pas uniquement dédiée à la reconstruction de l’école, mais elle permet de financer la relocalisation des élèves au Faubourg Mont-Bénilde, qui risquent d’y passer aussi la prochaine année scolaire.

«Ça couvre aussi tout l’achat de biens matériels, d’ameublement, parce que tout avait brûlé dans le sinistre. Il y a beaucoup de matériel spécialisé pour les élèves, entre autres, avec des besoins très particuliers. Et on garde évidemment de l’argent pour la reconstruction», explique-t-elle.

Dans la correspondance, le ministère affirme que l’octroi du montant est toutefois conditionnel à l’analyse détaillée de l’admissibilité du sinistre et des pièces justificatives relatives aux dépenses.

Par ailleurs, Mme Croteau signale que la CS a déposé deux demandes au ministère. La première est en lien avec le régime d’indemnisation, à la suite de l’incendie à l’école Le Rucher, et la seconde, relative à l’école Marquis de Saint-Célestin, relève d’une autre mesure, soit le Plan québécois des infrastructures.

«On mêle les deux dossiers souvent dans la population. On a demandé au ministère de reconstruire une école à Saint-Célestin et Saint-Sylvère. C’est tout à fait faux que la Commission scolaire travaille uniquement sur le dossier de Saint-Célestin. La CS table sur les deux dossiers et ce sont deux dossiers qui sont dans deux enveloppes budgétaires différentes», affirme-t-elle, histoire de démentir les rumeurs d’une seule école à Saint-Célestin.

«Ce n’est pas un manque de transparence de ne pas faire d’annonce de construction d’école. Nous n’avons pas l’annonce du ministère, s’il y aura ou non des constructions d’écoles, où elles seront et qu’elles seront-elles. On ne manque pas de transparence. On gère nos affaires comme il faut, comme on doit les gérer et on les gère vraiment dans l’ordre de ce qu’on avait dit. Une résolution qui dit ça, des demandes qui vont dans ce sens-là, une collaboration avec le ministère et la Municipalité aussi», renchérit la directrice générale.

À son avis, «s’il y a une école à Saint-Sylvère et une à Saint-Célestin, ce sera tant mieux». «On ne pourra pas demander mieux. Et s’il y a du financement pour la reconstruction des deux écoles, ce sera le meilleur des mondes. C’est ça que le conseil des commissaires a demandé et ce sera pour les gens de Saint-Sylvère l’opportunité, l’occasion, la chance, de ramener leurs enfants dans leur village», a-t-elle ajouté.

Quand la CS recevra le feu vert du ministère, elle pourra procéder à la remise en état des lieux sinistrés selon les modalités prévues à cette mesure et en respectant la réglementation applicable en matière de contrat.

«Présentement, on n’a pas d’autorisation. Partout, dans les 72 CS présentement, on n’est pas la seule à avoir fait des demandes pour avoir des constructions d’écoles, des ajouts d’espace, des agrandissements. On regarde les régions de Montréal et Québec en plein développement, où ça déborde dans leurs écoles. On n’est pas les seules écoles à avoir fait des demandes et il n’y a aucune annonce qui est faite», conclut Mme Croteau.