Un sondage indique que les jeunes apprécient cette façon de faire.

Cours en ligne: faire du rattrapage même en voyage

Il n'y a rien d'agréable à faire des cours de rattrapage en été, quand l'école est enfin finie et qu'il fait chaud et beau. C'est pire encore quand la famille avait prévu de faire un voyage. Or, dans bien des cas, des élèves des écoles secondaires des commissions scolaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec pourront désormais faire du rattrapage en ligne, dans le confort de leur maison ou sur la route, en voyage, en autant qu'ils aient accès à Internet haute vitesse.
Depuis trois ans, en effet, les commissions scolaires de l'Énergie, du Chemin-du-Roy, de la Riveraine, des Bois-Francs et des Chênes bénéficient d'une plateforme web commune, le Moodle, qui permet d'offrir aux élèves la possibilité de faire des cours d'été en ligne.
D'ailleurs cet été, c'est la première fois que les cours de rattrapage ne seront offerts qu'en ligne aux élèves de 4e et 5e secondaires et ce, pour tous les cours d'été.
Du côté des 2e et 3e secondaires, la Commission scolaire du Chemin-du-Roy a décidé de confier l'organisation des cours de reprise à chaque école. Certaines le feront en ligne, d'autres préfèrent la formule présentielle ou encore des cours de récupération qui seront dispensés à l'école l'automne prochain.
 «On a pris la décision, avec les directions d'écoles, de ne pas reconduire l'organisation par la commission scolaire (des cours d'été) pour l'ensemble de nos élèves de 2e et 3e secondaires», indique Sophie Houle, directrice adjointe du service éducatif.
Selon Mme Houle, les élèves apprécient grandement de pouvoir suivre leurs cours de rattrapage en ligne. «On a fait un sondage auprès d'eux, l'année dernière. Les élèves nous disaient qu'ils adorent travailler avec l'ordinateur. Ils ont des enseignants reliés à chacun des cours. Ils peuvent se référer à cet enseignant qui leur donne des disponibilités durant la semaine et ont des plages à chacun des 10 jours que durent les cours», indique Mme Houle.
Selon elle, cette formule fait l'affaire des jeunes «car ils ne sont pas obligés de changer leur horaire de travail. Ils suivent les cours en fonction de l'horaire qu'ils ont. Ils peuvent le faire dans le confort de leur foyer ou aller en voyage avec leurs parents et suivre leurs cours quand même», explique la directrice adjointe.
S'il semble endormant, à première vue, d'être obligé de suivre un cours en plein été devant un écran d'ordinateur, Mme Houle assure que ces formations comportent «beaucoup d'interactions» qui rendent ces formations stimulantes.
«Il y a des vidéos, des choses à compléter en ligne et des évaluations qui s'autocorrigent», illustre-t-elle. En cas de besoin, les enseignants ont des disponibilités afin de pouvoir rencontrer l'élève et répondre à ses questions, ajoute Mme Houle. Tous les types de rencontres enseignants-élèves sont possibles, précise-t-elle, incluant les courriels ou Skype, dit-elle.
Si l'élève ne se connecte pas chaque jour pour suivre sa formation en ligne, le système le détecte et l'école enverra alors un message aux parents.
«On peut savoir quelles activités il a faites et combien de temps il s'est branché», renchérit Mme Houle.
L'inscription, de même que l'embauche des enseignants pour ces cours d'été sont aussi le fruit d'une collaboration entre les cinq commissions scolaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec. «On développe les cours ensemble aussi», signale Mme Houle.
Les commissions scolaires constatent, pour l'instant, que les taux de réussite sont les mêmes en ligne qu'en présentiel.
Cette formule est déjà bien rodée. C'est elle qui est utilisée par les élèves qui sont en sports-études, que ce soit les joueurs de la ligue de hockey junior majeur ou les élèves de tennis Canada qui sont souvent sur la route. Ces élèves peuvent ainsi suivre leurs cours n'importe où.
Le professeur Normand Roy du département des sciences de l'Éducation à l'UQTR, estime de son côté que proposer des cours en ligne, lorsqu'ils répondent bien aux besoins de certaines élèves, «est une bonne idée.» 
Le chercheur estime qu'il faut toutefois s'assurer «d'offrir l'alternative en présentiel pour ceux qui ont besoin d'un accompagnement différent.»
Bien que les commissions scolaires ne semblent pas avoir perçu, pour l'instant, de différence dans le taux de succès de ceux qui étudient en ligne par rapport à l'approche traditionnelle, le professeur Roy indique que «les écrits scientifiques en FAD (formation à distance) tendent à dire qu'il faut avoir un niveau d'autonomie plus important et nous y observons un taux d'abandon plus élevé.»
Une étude réalisée en 2014 par l'Université Northern Arizona visant à comparer les taux de réussite d'élèves du secondaire à risque, dans le cadre de cours en ligne par rapport aux cours en classe, révèle qu'ils ont été 96 % à réussir en classe par rapport à seulement 31 % en ligne, signale-t-il.
Reste donc à voir, dans les prochaines années, si le taux de réussite des cours de rattrapage en ligne offerts par les cinq commissions scolaires donnera raison à cette étude.