Caroline Bergeron, finissante en chiropratique et Sara-Jane Tanguay-Ross, finissante au baccalauréat en sciences infirmières.

Collation des grades à l'UQTR: courage et détermination

Près de 2200 diplômes sont décernés, vendredi et samedi, à l'UQTR, dans le cadre de la collation des grades 2017. Au milieu de ces toges noires qui ont envahi le CAPS pour l'occasion, il y avait Caroline Bergeron qui venait couronner ses études de cinq ans en chiropratique et il y avait aussi Sara-Jane Tanguay-Ross, qui recevait son diplôme en sciences infirmières, impatiente de s'attaquer à une maîtrise dans le domaine dans quelques mois.
C'était déjà tout un défi de réussir à maîtriser la matière et de forger, à coups de nuits blanches, de privations et de sueur cérébrale, les clefs qui vont ouvrir la porte vers une nouvelle profession. La vie vient parfois en ajouter sur le tas et transformer ce parcours en véritable course à obstacles. Et c'est là, au moment où les mortiers s'envolent dans les airs au bout des mains triomphantes des finissants, que les histoires de courage et de détermination brillent de tous leurs feux. Celle de Sara-Jane Tanguay-Ross en fait partie.
La jeune finissante confie qu'au terme d'une technique, elle sentait déjà que les choses n'allaient pas. Au retour d'un voyage de cinq mois en Australie, elle se sent en effet affaiblie sur le plan émotif. «J'ai piqué du nez. J'ai fait une tentative de suicide», confie-t-elle.
Ne se préoccupant pas de sa santé, selon ses dires, elle s'est mise malgré tout à combiner un travail à plein temps et des études à plein temps de baccalauréat en sciences infirmières. «Mon corps a complètement lâché», dit-elle. Les crises d'anxiété ont alors été suivies d'une dépression, raconte-t-elle. Il lui restait alors une année pour terminer son baccalauréat. C'est son médecin de famille, dit-elle, qui lui a apporté le plus de soutien au point où elle arrivera à terminer ses études malgré son état. «Même si ça n'allait pas, les examens continuaient, eux», fait-elle valoir.
Beaucoup auraient lâché pour bien moins que ça. «Mon coeur voulait vraiment réussir et c'est mon coeur qui a pris le dessus sur mon corps», se réjouit-elle aujourd'hui. Ce n'est qu'à cette période, à l'âge de 25 ans, qu'elle comprend enfin ce qui ne va pas. «J'ai été diagnostiquée TDAH sévère», dit-elle. Ce verdict venait expliquer pas mal de choses. Sans le savoir, «depuis toujours j'avais ça», dit-elle. Suivie par divers spécialistes, depuis, la jeune femme voit aujourd'hui l'avenir avec une détermination et un optimisme renouvelés.
La détermination, c'est ce qu'il a fallu aussi à Caroline Bergeron pour réussir sa formation en chiropratique. À la suite d'un baccalauréat en anthropologie, dans les années 1990, elle décide d'entreprendre des études en chiropratique en 2002 aux États-Unis. «Puis j'ai eu un bébé», dit-elle. La famille a fini par compter trois enfants. «J'ai arrêté les études en chiropratique et je me suis concentrée sur mes enfants pendant neuf ans.»
Survient alors une séparation d'avec son conjoint. Pour Mme Bergeron, cet événement sonnera le départ vers un retour aux études en chiropratique. Mère célibataire, elle aménage à Trois-Rivières. Les journées sont chargées. Elle doit suivre entre 9 et 11 cours par session, soit plus de 20 crédits par session. «Mon défi a été de m'assurer que mes enfants soient heureux à travers tout ça», dit-elle. Et c'est mission accomplie.