Éducation

Les futures sages-femmes veulent être payées

Trois-Rivières — Les étudiantes en pratique sage-femme demandent au gouvernement du Québec de les rémunérer pour les stages et l’internat qu’elles doivent faire au cours des quatre années que dure leur formation. Ces étudiantes doivent en effet faire pas moins de 2400 heures de stages et d’internat. «Nous faisons tous ces stages de façon bénévole, gratuite et ça encourt un endettement assez majeur et cet endettement vient même entraver le délai dans lequel on réussit à réaliser notre programme», explique Françoise Hasty, représentante du comité de mobilisation de rémunération de l’Association des étudiantes sages-femmes du Québec.

Cet endettement fait en sorte que la diplomation se fait «au compte-goutte», indique Mme Hasty. Au moins le tiers de toutes les étudiantes sages-femmes du Québec (elles sont 76) se sont réunies pour manifester, mardi, au seul endroit du Québec où leur formation est dispensée, c’est-à-dire à l’Université du Québec à Trois-Rivières. «On propose au gouvernement de s’inspirer du salaire des stagiaires dans la fonction publique, selon les échelles salariales déjà établies. Pour ce qui est de l’internat, qui est notre stage final, on constate qu’on a les mêmes responsabilités que les résidents en médecine, donc on réclame un salaire qui se rapproche plus de celui des résidents en médecine familiale», indique Mme Hasty.

Actualité

Sondage: 22 % ont pensé décrocher dès 13 ans

Près du quart des jeunes vulnérables au décrochage ont commencé à penser à abandonner l’école dès l’âge de 13 ans, montrent les résultats d’un sondage Léger dévoilé à l’occasion des Journées de la persévérance scolaire (JPS) 2018. On y apprend également que 52 % ont été victimes d’intimidation et que 43 % consommaient des drogues ou de l’alcool de façon occasionnelle ou régulière.

Les résultats du sondage ont été dévoilés lundi matin avec le coup d’envoi des JPS, qui se déroulent jusqu’à vendredi. Ce coup de sonde a été mené auprès de Québécois âgés entre 18 et 34 ans qui ont décroché, pensé à abandonner l’école ou encore qui ont raccroché. Un peu plus de 1000 personnes ont été sondées.

« Le premier grand constat du sondage est qu’il existe une multitude de facteurs qui font une différence dans la réussite des jeunes », note Josiane Bergeron, coordonnatrice du projet Partenaires pour la réussite éducative en Estrie (PRÉE). « On sait entre autres aussi que pour les raccrocheurs, à 34 %, c’est une expérience de travail qui a motivé leur choix de retourner à l’école. Le rôle du milieu des affaires dans la persévérance scolaire est essentiel pour ces jeunes-là. Ils ont fait le choix d’aller chercher un diplôme ou une qualification à cause de leur expérience de travail. »

La moitié des répondants ont rapporté avoir subi de l’intimidation. Quelle réflexion les intervenants peuvent-ils tirer devant une telle donnée?

« Ces jeunes-là qui ont été interviewés de 18 à 34 ans, pour certains leur parcours à l’école date d’il y a quelques années (...) Dans les 10 ou 15 dernières années, beaucoup de mesures ont été mises en place dans les écoles ou dans les différents organismes du milieu. Ça vient juste renforcer l’importance de continuer à mettre en place différentes mesures pour faire en sorte que les jeunes ne vivent pas de l’intimidation », commente Mme Bergeron. Sept pour cent des répondants ont commencé à penser à abandonner l’école dès le primaire.

Les décrocheurs sont « significativement plus nombreux » à ne pas occuper un emploi et ils sont deux fois plus nombreux à gagner 20 000 $ et moins.

En Estrie, plus de 275 activités auront lieu dans le cadre des JPS.

« Pendant ces cinq jours, c’est le Québec qui se mobilise pour la cause », a souligné Christian Provencher, coprésident de la Table estrienne de concertation interordres en éducation (TECIÉ) et du projet PRÉE.

Les intervenants présents au lancement ont rappelé que de nombreux gestes peuvent être posés afin de donner le goût de l’école aux jeunes, comme valoriser l’éducation ou leur donner accès aux livres. D’ailleurs, le sondage montre que 45 % des répondants ne lisaient pas à la maison, mis à part les lectures pour les travaux scolaires. De plus, quelque 18 % n’avaient pas de livre à la maison et 65 % ne fréquentaient pas leur bibliothèque municipale. Les trois quarts des jeunes interrogés ont affirmé qu’ils s’ennuyaient à l’école. Le sondage a été mené à la demande du Réseau des instances régionales de concertation sur la persévérance scolaire et la réussite éducative du Québec.

La Fondation Le Goéland pour aider les jeunes

Des enseignants du Goéland lancent une fondation qui viendra supporter les élèves de l’établissement, qui permet aux jeunes de 16 à 21 ans de raccrocher, de persévérer et de compléter une formation afin de gagner le marché du travail.

La Fondation Le Goéland caresse différents objectifs, dont de fournir une aide financière à des élèves. « La Fondation est partie du fait qu’à l’école, honnêtement, nos jeunes étaient rendus là. Nos jeunes en avaient besoin. Notre clientèle de jeunes de 16 à 21 ans a beaucoup de difficultés. On a pas mal la pointe du diamant : les jeunes qui ne fonctionnent pas dans les autres écoles ou qui ont des difficultés dans leur parcours scolaire, on les reçoit ici. Le but de la fondation, c’est de les outiller », remet en contexte Olivier Brisson, un des enseignants du Goéland qui a travaillé à la mise sur pied de la fondation, aux côtés de Mélissa Milani, Karina Veilleux et Carina Beltrano.

Les jeunes abandonnent parfois pour des raisons financières ou encore parce qu’ils n’ont pas le soutien de leur famille, illustre-t-il. « On est une école où l’on encourage le raccrochage scolaire. Il faut trouver des façons pour ne pas qu’il y ait de décrochage en raison de choses extérieures », renchérit l’enseignante Karina Veilleux.

Un des grands projets de la fondation est d’aménager des cuisines dans les locaux de la rue de l’Ontario.
« Il y en a plusieurs qui vont même faire leur épicerie au dépanneur. On veut instaurer de saines habitudes de vie », explique Mélissa Milani, également enseignante.

Elle se remémore l’histoire d’un jeune pour qui prendre l’autobus était source d’anxiété. L’équipe lui a déniché un vélo... qui a fait toute la différence. Fini les retards ou les absences. Si un tel coup de pouce peut aider un jeune à poursuivre son parcours, la demande sera examinée. « On n’imagine pas, des fois, les détails qui font la différence, renchérit l’enseignant Karl Lachance. Étant donné notre grande proximité avec le jeune, on peut avoir une meilleure idée de ce qu’il peut vivre. »

« C’est pour aider les jeunes qui, malgré leur bonne volonté, ne peuvent pas suivre... » lance Mme Veilleux.
Certains ont toujours un pied dans la vie active et l’équipe d’enseignants ne peut le nier, note M. Lachance. « Ce ne sont pas des jeunes du secondaire de 16 ans; ce sont des jeunes qui ont du vécu à l’extérieur, qui sont revenus à l’école, qui n’ont pas le choix; ils ont des responsabilités. Ils ont des obligations. »

Miser sur la différence


Le Goéland, créé en 1982, joue un rôle dans la scolarisation d’environ 1000 élèves par année. Le portrait de ces jeunes est très varié : certains sont issus de l’immigration et sont arrivés dans leur terre d’accueil depuis peu, d’autres sont devenus parents à un jeune âge, d’autres encore reviennent sur les bancs d’école après avoir expérimenté le marché du travail.

« Certains travaillent de nuit et viennent à l’école de jour, certains sont en foyer d’accueil... », illustre Mme Veilleux. « La situation des immigrants, ce n’est pas toujours facile, la situation dans laquelle ils arrivent et d’où ils partent. »

« La différence, ça amène aussi de belles choses », plaide Mme Milani.

Les enseignants soulignent que le Goéland joue lui-même un rôle important sur la persévérance scolaire et le taux de diplomation. De tous ceux qui obtiennent un diplôme, environ 19 % l’obtiennent par l’entremise de leur passage au Goéland.

« Tu peux avoir des difficultés à accomplir ton projet scolaire, mais ça ne veut pas dire que tu ne seras pas bon dans ce que tu veux faire. Il faut juste que tu aies un chemin plus facile pour le faire », souligne Karl Lachance.

Le lancement de la fondation sera marqué par la tenue d’une soirée spectacle du duo Corbeil et Maranda le 19 avril au Théâtre Granada. Il est possible d’acheter des billets (au coût de 45 $) via la salle de spectacle ou encore en communiquant avec la Fondation au 819 822-5505, poste 16715.
Les responsables du projet courtisent aussi en ce moment différents commanditaires.

Éducation

QS veut couper les vivres aux écoles privées

S’il prend le pouvoir, Québec solidaire (QS) se donne quatre ans pour couper toute subvention aux écoles privées. Le parti dit être le seul à avoir le «courage» de s’attaquer à cette «vache sacrée».

Le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois s’indigne que «tout le monde paie au Québec pour les écoles privées», alors que seulement 12 % des enfants les fréquentent.

Comme premier engagement électoral en vue de la prochaine campagne, QS a présenté lundi un plan de transition qui s’échelonne sur un mandat. Ce plan prévoit que les écoles privées subventionnées auraient le choix de s’intégrer au réseau public ou de devenir complètement privées. 

Se basant sur différentes études, le parti croit que 50 % des élèves qui fréquentent actuellement les écoles privées retourneraient vers le système public, ce qui permettrait des économies de 100 millions $, qui seraient réinvesties dans les écoles publiques. 

Mais la plus grande motivation de QS en est une de principe. «C’est pas pour sauver de l’argent. C’est pour mettre fin à une injustice», indique M. Nadeau-Dubois. 

Le jeune politicien promet une transition «ordonnée et planifiée», afin qu’aucun enfant ne paie le prix de ce changement. Selon lui, si les écoles privées arrêtent d’écrémer les meilleurs élèves des classes, le système public s’en portera mieux. «On va rendre le travail des profs pas mal plus facile.»

M. Nadeau-Dubois, qui a lui-même fréquenté l’école privée, soutient qu’il n’est pas question ici de faire le procès de ses parents ou des parents en général. «C’est le système qui pousse les parents dans ce choix-là», croit-il, étant donné qu’au fil des années, la réputation des écoles publiques s’est dégradée. 

Le Mouvement L’école ensemble, fondé l’an dernier par un groupe de parents, s’est réjouie du plan de Québec solidaire, qui «brise la glace» sur ce sujet. Lors des prochaines élections, les Québécois auront le choix «mettre fin à la politique officieuse de ségrégation scolaire qui est celle du Québec depuis 50 ans», a soutenu son coordonnateur Stéphane Vigneault. 

Le Mouvement a publié un sondage la semaine dernière dans lequel 73 % des répondants disent souhaiter la fin du financement des écoles privées avec l’argent des contribuables, afin que cet argent soit réinvesti dans les écoles publiques. 

La Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) croit quant à elle que QS «évalue mal» les coûts de sa proposition. Selon la FEEP, le gouvernement ne ferait pas d’économies, mais devrait débourser 600 millions $ de plus pour tous les enfants qui se tourneraient alors vers le système public. 

«Péter au frette»

Au cours de la session parlementaire qui commence, Québec solidaire promet de s’attaquer à d’autres «vaches sacrées». Le parti souhaite entre autres lutter contre le «fléau» de l’épuisement professionnel. 

Gabriel Nadeau-Dubois évalue que plusieurs travailleurs sont en train de «péter au frette sur leur milieu de travail, parce que les conditions sont pas respectueuses de leurs droits». Les infirmières qui se sont manifestées à ce sujet la semaine dernière en sont un exemple. 

QS a également lancé la semaine dernière sa plate-forme Web Mouvement, qui permettra aux militants d’annoncer leurs assemblées de cuisine ou de participer plus activement aux positions du parti. Elle s’inspire directement des outils utilisés par l’équipe du sénateur du Vermont Bernie Sanders durant sa campagne pour devenir le chef du Parti démocrate. 

Actualités

Les profs ne veulent pas du fardeau

Trois-Rivières — Les professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières sont en mode négociation depuis plusieurs mois en vue du renouvellement de leur convention collective et un élément semble déjà très clair pour eux, c’est qu’il n’est pas question de porter le fardeau de l’endettement de l’établissement.

Les professeurs estiment «avoir fait une grosse part», assure le président du Syndicat des professeur(e)s, Ismaïl Biskri. Au cours des deux dernières années, ils ont en effet offert une contribution temporaire de quelque 4 millions $, selon l’évaluation du Syndicat, en réduisant temporairement le nombre de postes de professeurs et en déplafonnant les activités d’enseignement en supplément de tâche. Une partie de cet effort a été accordée à la réduction du déficit et l’autre, à la recherche.

Cégep de Trois-Rivières

Annie Villemure élue présidente du conseil d’administration

Trois-Rivières — Le Cégep de Trois-Rivières a annoncé jeudi l’élection d’Annie Villemure au poste de présidente du conseil d’administration de l’établissement pour l’année 2017-2018.

Directrice développement immobilier et location - Est du Québec chez Olymbec, Mme Villemure siège au conseil d’administration du Cégep depuis avril 2013, et en occupe la vice-présidence depuis novembre 2015. Elle succède à Caroline Gauthier, présidente depuis 2014.

En novembre 2011, le Cégep de Trois-Rivières avait remis un diplôme honorifique à Annie Villemure pour saluer son mérite et son apport à la communauté régionale.

Elle avait déjà été impliquée dans les conseils d’administration de la Société de développement du centre-ville de Trois-Rivières (présidente de 2003 à 2005), de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières (présidente en 2008) et de la Fondation régionale pour la santé de Trois-Rivières (de 2006 à 2016).

«J’accueille ce nouveau défi comme un privilège de pouvoir poursuivre le travail de mes prédécesseurs dans cette année historique qui soulignera les 50 ans du Cégep. Je sais que les enjeux seront grands au cours de prochaines années, mais je fais confiance à l’engagement des gens en place pour que les étudiants demeurent au cœur de nos priorités», commente la nouvelle présidente.

Annie Villemure sera secondée de Caroline Beaudry à la vice-présidence, et la présidente sortante, Caroline Gauthier, continuera de siéger au conseil à titre d’administratrice. Le comité exécutif sera constitué de Marie-Josée Girouard, Betzayda Manrique, Louis Gendron, Denis Rousseau et Dominic Germain.

Commission scolaire du Chemin-du-Roy

Un réinvestissement qui fait du bien

Trois-Rivières — La Commission scolaire du Chemin-du-Roy a dévoilé, mercredi, son rapport annuel 2016-2017, le premier depuis plusieurs années où il n’est pas question de compressions budgétaires, mais plutôt de réinvestissements dans l’éducation.

Le président, Claude Lessard, a d’ailleurs eu un bon mot à l’endroit du nouveau ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx. Depuis son arrivée en poste, dit-il, «on est passé d’un mode processus à un mode idées», souligne-t-il en citant les exemples de la création du nouveau laboratoire-école, du nouveau comité de répartition des ressources et du Plan d’engagement vers la réussite.

La Commission scolaire du Chemin-du-Roy emboîte donc le pas.

Elle vient d’amorcer une première ronde de consultation en vue de la création de son tout premier Plan d’engagement sur la réussite à laquelle 6180 personnes, dont de nombreux élèves, ont participé.

La Commission scolaire se réjouit au plus haut point  d’avoir reçu 2,4 millions $ de nouvelles mesures pour aider les élèves. Rappelons que la Commission scolaire du Chemin-du-Roy a été confrontée, dans les années passées, à des coupes budgétaires de 10 millions $, coupes qu’elle a subies non sans grincements de dents, mais sans toutefois affecter les services aux élèves.

Claude Lessard était aussi heureux d’annoncer que le taux de diplomation a connu une hausse de 2,8 % chez les moins de 20 ans. Il est maintenant de 77 %.

Des efforts supplémentaires devront toutefois être faits pour pallier la baisse du taux de réussite en mathématique en 5e secondaire de même qu’à l’épreuve unique de 5e secondaire du ministère en écriture.

On remarque toutefois une augmentation du taux de réussite en français et en anglais chez les élèves du primaire (lecture) et du secondaire.

Les problèmes du Centre sportif Alphonse-Desjardins continuent de hanter la Commission scolaire. Le CSAD a occasionné, rappelons-le, un déficit de 4,2 millions $ pour l’année 2016-17.

«Étant donné que c’est un dossier spécial, le ministère ne nous a pas demandé de plan de redressement», rappelle M. Lessard.

Le budget adopté en juin dernier est de 225 millions $ pour l’année 2017-18.

Des investissements de 33 millions $, dont 18 millions $ pour l’école Marie-Leneuf, ont été réalisés dans 41 bâtiments au cours de l’année qui vient de passer. Ces investissements comprennent la construction de deux gymnases dans les écoles Saint-François-d’Assise et Dollard.

En avril, le conseil des commissaires avait autorisé l’ajout de deux classes de concentration en anglais à l’école secondaire Le Tremplin pour les élèves de 6e année. Notons que les travaux majeurs à l’école Marie-Leneuf se poursuivront en 2018.

Au cours de l’année, une convention entre la Commission scolaire et la Sécurité publique de Trois-Rivières a été adoptée de même qu’un plan d’action contre l’intimidation et la violence dans toutes les écoles de son territoire.

Au total, 401 interventions de diverses natures ont été faites à ce sujet au cours de l’année dans les écoles. Un projet de mobilisation parentale sur la cyberintimidation a donné lieu à un spectacle d’humour auquel 750 élèves et parents ont participé.

En formation professionnelle, on compte 378 diplômés du côté de Bel-Avenir et 538 du côté de Qualitech. «On sait qu’il y a de plus en plus de manque de main-d’œuvre et les centres de formation professionnelle font un travail excellent pour combler ces manques», indique M. Lessard.

Notons que l’année 2018 sera marquée par la nomination d’une nouvelle personne pour occuper la direction générale puisque l’actuelle directrice, Hélène Corneau, prendra sa retraite.

Rappelons que la Commission scolaire a procédé à l’ajout de locaux préfabriqués pour permettre de loger à Saint-Maurice tous les élèves de l’école La Source. 

Tant la municipalité que la Commission scolaire souhaitent un agrandissement prochain de cet établissement pour répondre aux besoins des familles qui s’établissent dans la municipalité.

Éducation

Commission scolaire du Chemin-du-Roy: le réinvestissement fait du bien

Trois-Rivières — La Commission scolaire du Chemin-du-Roy a dévoilé, mercredi, son rapport annuel 2016-2017, le premier depuis plusieurs années où il n’est pas question de compressions budgétaires, mais plutôt de réinvestissements dans l’éducation.

Le président, Claude Lessard, a d’ailleurs eu un bon mot à l’endroit du nouveau ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx. Depuis son arrivée en poste, dit-il, «on est passé d’un mode processus à un mode idées», souligne-t-il.

La Commission scolaire du Chemin-du-Roy est donc en mode innovation. Elle vient d’amorcer une première ronde de consultation en vue de la création de son tout premier Plan d’engagement sur la réussite à laquelle 6180 personnes, dont de nombreux élèves, ont participé.

D’ailleurs, la Commission scolaire a reçu 2,4 millions $ de nouvelles mesures pour aider les élèves, ce qui réjouit au plus haut point la direction qui a été confrontée, dans les années passées, à des coupes budgétaires de 10 millions $, coupes qu’elle a subies non sans grincements de dents, mais sans toutefois affecter les services aux élèves.

Claude Lessard était aussi heureux d’annoncer que le taux de diplomation a connu une hausse de 2,8 % chez les moins de 20 ans. Il est maintenant de 77 %.

Éducation

Baisses de taxes scolaires dans la région

Trois-Rivières — Le projet de loi déposé jeudi par le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, permettra aux propriétaires de la région de bénéficier d’une baisse de leurs taxes scolaires, pour l’année 2018-2019.

Pour les 20 municipalités desservies par la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, on parle d’une diminution de 83 $ pour une maison d’une valeur de 200 000 $. Ce sera mieux encore à Shawinigan où une maison de la même valeur bénéficierait d’une réduction de 155 $, illustre le président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Claude Lessard.

Du côté de la Commission scolaire de l’Énergie, la baisse serait de 96,96$, indique la responsable des communications, Renée Jobin.

À la Commission scolaire de la Riveraine, sur la rive sud, l’économie moyenne serait aussi d’une centaine de dollars, mais pour une maison de 200 000 $. «Avec l’exemption des premiers 25 000 $ pour une maison de 200 000 $, la taxe scolaire passerait de 620 $ à 519 $», indique le secrétaire général. Pascal Blondin.

M. Lessard indique que la Commission scolaire du Chemin-du-Roy charge environ 40 millions $ de taxes par année, mais en retirera 35 millions $, avec cette réforme. Le gouvernement versera toutefois une compensation de 5 million $, dit-il, fort heureux de ne pas assister à un retour de compressions budgétaires. Il n’a pas été possible d’obtenir les chiffres à ce sujet pour la Commission scolaire de la Riveraine. «Les ressources financières sont à analyser le projet de loi», indique M. Blondin. Quant à la Commission scolaire de l’Énergie, les revenus de la taxe passeraient de 23,5M$ à 19,2M$ et la compensation à recevoir serait de 4,3M$.

Pour l’année 2017-2018, le propriétaire d’une maison évaluée à 200 000 $, à Trois-Rivières, devait payer 624,80 $, soit un taux de 0,3124 des 100 $ d’évaluation. Si la réforme est adoptée, la taxe sera alors fixée en fonction du plus bas taux en vigueur dans chaque région. Pour ici, la loi indique qu’il s’agit de 0,30932 $ des 100 $. En y ajoutant l’exemption de 25 000 $, une maison de 200 000 $ passe à 175 000 $. Ses taxes seront donc de 541,31 $ au lieu de 624,80 $, explique Claude Lessard.

«Cette mesure va coûter en 600 et 700 millions $ au Québec» et ce, de façon récurrente, dit-il.

Elle aura pour effet de diminuer les dépenses des contribuables et «pour quelqu’un qui est en affaires, ça va diminuer ses dépenses et augmenter ses revenus, donc le gouvernement va retirer un peu plus d’impôts», dit-il.

Éducation

L'école Louis-de-France finaliste au Prix Action David Suzuki

TROIS-RIVIÈRES — Le programme de valorisation de l’agroalimentaire, mis en place par l’école Louis-de-France, est au nombre des dix finalistes du Prix Action David Suzuki.

La Fondation David Suzuki vient en effet d’annoncer le nom des projets qui sont en lice pour gagner la bourse de 4000 $ offerte par Desjardins et recevoir la visite de David Suzuki. 

C’est ainsi que le programme «L’agroalimentaire s’invite à l’école» a été sélectionné parmi quelque 160 projets en raison de son impact concret et positif sur l’environnement. 

On sait que l’école a mis en place un programme pédagogique unique au Québec qui a permis à ses 408 élèves de produire 400 livres de tomates, 200 livres de concombres, 50 livres de carottes et 50 livres de betteraves l’an dernier. 

Le public est maintenant invité à voter en ligne sur le site Web de la Fondation David Suzuki pour son projet préféré. 

La période du vote qui s’est amorcé le 24 novembre se poursuit jusqu’au 3 décembre. 

Le nombre de votes recueillis sera pris en compte parmi d’autres critères lors de la sélection du grand gagnant par le jury. 

Actualités

Des outils pour le développement de la petite enfance

BÉCANCOUR — Le regroupement Mission Tout-Petits a profité de la Grande semaine des tout-petits, lundi, pour lancer des outils développés en lien avec ses priorités. Le soutien et la prévention auprès des enfants vulnérables sont au cœur des actions du regroupement qui réunit 12 partenaires de la MRC de Bécancour.

Le plan d’action 2017-2018 de Mission Tout-Petits comporte trois priorités, dont la première est de favoriser le développement du langage chez l’enfant de zéro à cinq ans. Cinq outils ont été élaborés en lien avec cet objectif: un CD-DVD et un livret de chansons, des aimants pour soutenir la stimulation du langage dans le quotidien, des contes interactifs dans les bibliothèques, des boîtes à jeux pour l’éveil du vocabulaire, ainsi que du coaching en stimulation du langage par une orthophoniste.

En parlant des aimants qui présentent des stratégies et des moyens pour les appliquer dans la routine, Ophélie Couspeyre, coordonnatrice de Mission Tout-Petits, indique: «C’est un outil très ludique, très simple d’accès même pour les familles dont les parents sont de faibles lecteurs. Le message qu’on souhaite transmettre aux parents, c’est qu’ils n’ont pas besoin d’en faire plus; on leur donne un petit coup de main pour bonifier ce qu’ils font déjà.»

En ce qui concerne les contes interactifs, qui comprennent une période de lecture et un bricolage, Mme Couspeyre mentionne: «On fait un éveil à l’écrit, un éveil aux livres. C’est un facteur de réussite scolaire quand on est intéressé aux livres. De ces contes-là découlent des boîtes de contes disponibles dans chaque bibliothèque partenaire. Les familles peuvent partir avec la boîte et reproduire l’activité à la maison pour poursuivre l’appropriation.»

Mme Couspeyre a aussi parlé des Espaces biblio-jeux, déjà implantés dans trois endroits. Trois nouveaux espaces s’ajoutent, soit le Centre du Plateau Laval, le Carrefour familial de Manseau, et La Clef de la galerie à Fortierville. Des boîtes de jeux sont proposées aux familles, toujours dans l’optique de stimuler le langage d’une façon ludique. Une fiche descriptive outille le parent dans l’appropriation du jeu.

Une autre priorité du regroupement est de «renforcer les capacités des parents à jouer leur rôle de premier éducateur». Les partenaires de Mission Tout-Petits ont suivi une formation sur l’approche personnalisée, qui privilégie le rôle d’accompagnateur des intervenants. 

Des ateliers parents-enfants seront proposés pour consolider l’estime de soi des parents et des enfants à travers le jeu. Ces ateliers bonifiés de périodes de discussion et d’échanges, seront offerts au Centre du Plateau Laval, au Carrefour familial de Manseau et La Clef de la galerie à Fortierville.

«Pour le volet famille, la priorité était que les intervenants puissent soutenir et valoriser le parent dans son rôle de premier éducateur de son enfant. Dans l’approche personnalisée, l’intervenant n’est pas un expert, mais un accompagnateur qui observe. Cette formation a été offerte aux intervenants du territoire dans les milieux de la santé et des services sociaux, dans les services de garde, et dans les milieux communautaire et scolaire pour que tout le territoire soit teinté par cette approche. On souhaite établir une relation d’égal à égal entre les familles et les intervenants», explique Mélanie Frigon, directrice adjointe à la pédagogie au CPE Chez-Moi Chez-Toi.

La troisième priorité du regroupement Mission Tout-Petits vise l’inclusion des familles en contexte de vulnérabilité dans la communauté. «On constate que malheureusement, les familles vulnérables sont encore victimes de stigmatisation. On veut travailler à l’inclusion des familles plus vulnérables, sensibiliser les gens à leurs réalités, désamorcer les préjugés et faciliter l’accueil des familles dans différents événements ou activités. On veut que les gens se sentent accueillis», formule Marie-Line Audet, directrice de la Corporation de développement communautaire de la MRC de Bécancour.

Des démarches seront faites aussi pour rejoindre ces clientèles, les guider vers les ressources et les inciter à participer aux activités et événements organisés dans leur communauté.