Écrasement de l'hélicoptère du PDG de Savoura: une défectuosité du bouton du système de localisation en cause 

Normand Boivin
Normand Boivin
Le Quotidien
Finalement, ce n’est pas une négligence du pilote Stéphane Roy, propriétaire des Serres Savoura, qui a empêché les secours de localiser rapidement son hélicoptère Robinson 44 qui s’est écrasé le 10 juillet dans un secteur boisé près du lac Valtrie dans Lanaudière.

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada vient en effet d’émettre un avis de sécurité sur une possible défaillance du bouton qui permet d’armer le localisateur d’urgence (ELT) des R-44 en cas d’écrasement.

On se souviendra que les opérations de recherches et de sauvetage avaient duré deux semaines, car l’ELT n’avait émis aucun signal de détresse lors de l’écrasement. Or, l’examen des enquêteurs avait révélé que l’émetteur était en état de marche, que sa batterie était chargée, mais qu’il n’était pas armé pour se déclencher automatiquement en cas d’écrasement. Au lieu d’être à « ARM », il était à « OFF ».

La conclusion qui s’imposait était donc que le pilote avait été négligent en ne s’assurant pas que son ELT était en état de fonctionner avant d’entreprendre son vol entre le lac de la Bidière et Sainte-Sophie. Selon les règles de Transports Canada, tout aéronef qui s’éloigne à plus de 25 milles nautiques (46 km) de sa base doit avoir un ELT en état de fonctionner.

Or, l’examen minutieux de l’ELT du Robinson 44 dans lequel Stéphane Roy et son fils de 14 ans prenaient place a révélé que les butées de verrouillage entre les deux positions étaient brisées et lisses, indiquant que l’interrupteur avait basculé à de multiples reprises entre les positions « OFF » et « ARM » au fil du temps.

Il suffisait d’un impact relativement léger de 1,8 G (de la turbulence en vol ou un atterrissage un peu rude, par exemple) pour que le bouton se déplace de la position « ARM » à la position « OFF ».

« Selon l’information recueillie, l’ELT avait fait l’objet d’une inspection périodique le 1er avril 2019 par un organisme de maintenance agréé, qui n’avait pas détecté le bris et certifié l’ELT », écrit le BST.

L’organisme fédéral a vérifié deux autres émetteurs du même modèle et constaté la même défaillance.

« Ainsi, par la présente, nous avisons Orolia (fabricant) et Transports Canada du problème et demandons à ce que les procédures d’inspection périodique de ces ELT soient révisées afin qu’une telle défaillance puisse être détectée et corrigée », conclut le BST.