Un travailleur a perdu la vie dans une cannebergière au mois d'octobre dernier. La CNESST a identifié deux causes pour expliquer ce drame.
Un travailleur a perdu la vie dans une cannebergière au mois d'octobre dernier. La CNESST a identifié deux causes pour expliquer ce drame.

Écrasé sous la roue d’un tracteur: deux causes retenues

Marie-Eve Lafontaine
Marie-Eve Lafontaine
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — L’utilisation d’un tracteur dépourvu d’une ceinture de sécurité et d’une structure de protection en cas de retournement fait partie des causes qui ont entraîné la mort d’un ouvrier agricole, le 7 octobre 2019, à l’entreprise Canneberges Boivin, à Saint-Louis-de-Blandford.

Dans son rapport qu’elle a rendu public, mercredi, la CNESST explique que le jour de l’accident Luis Andres Galindo Galindo, 56 ans, s’affairait à des travaux de désherbage dans un bassin de culture. Il transvidait ensuite les mauvaises herbes dans une remorque.

Après le dîner, ce travailleur du Mexique, qui en était à sa deuxième année chez cet employeur, a constaté que la remorque était pleine. Il a donc pris le tracteur pour aller la vider au site de déchargement.

«C’est alors qu’en circulant en bordure d’un canal d’inondation, il a perdu le contrôle du tracteur, qui a basculé dans le canal. Le travailleur a alors été écrasé sous le pneu arrière droit du tracteur, qui s’est retrouvé complètement à l’envers», explique la CNESST, dans un communiqué.

Il a été transporté au centre hospitalier où son décès a malheureusement été constaté.

La CNESST a retenu deux causes pour expliquer l’accident. Premièrement, le travailleur a effectué un virage à 90 degrés en bordure du canal d’inondation et a perdu le contrôle du tracteur, qui a basculé dans le canal. Deuxièmement, le tracteur était dépourvu d’une ceinture de sécurité et d’une structure de protection en cas de retournement, ce qui a exposé le travailleur au danger d’être écrasé.

Depuis 2001, le Règlement sur la santé et la sécurité du travail exige que les employeurs munissent tous les tracteurs agricoles et industriels dont la puissance est supérieure à 15 kW d’une ceinture de sécurité et d’une structure de protection.

«Dans une ferme, on retrouve couramment des terrains accidentés avec des fortes pentes et des dénivellations de toutes sortes tels que des fossés et des canaux. Il est donc essentiel de reconnaître les risques de renversement de tracteur et de prendre les mesures nécessaires pour les contrôler et les éliminer», souligne la CNESST, dans son rapport.

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à l’employeur l’utilisation du tracteur. De plus, ce véhicule devra être muni d’une structure de protection en cas de renversement et d’une ceinture de sécurité. À ce jour, l’interdiction d’utiliser le tracteur est toujours en vigueur.

Ce drame a eu lieu alors que la région était le théâtre d’une série d’accidents de travail. En effet, il s’agissait du troisième accident de travail mortel en quatre jours à survenir en Mauricie-Centre-du-Québec.

Pour plus d’information sur la santé et la sécurité liée au renversement de tracteur: http://www.cnesst.gouv.qc.ca/renversementtracteur.