Carolyn Rouillard, directrice de l’école secondaire du Rocher accompagnée de Gérémy Michaud, Rosalie Lemire, Lydia Huard et Kate Grenier. Ces élèves sont très heureux du nouveau projet pour lutter contre le tabagisme implanté dans leur école.

École sans tabac d’ici 2020

SHAWINIGAN — Une école secondaire du secteur Grand-Mère souhaite inciter les jeunes à adopter de saines habitudes de vie. L’école du Rocher vient de mettre en place la toute première politique pour une génération sans tabac au Québec. La direction souhaite éradiquer complètement le tabagisme de son établissement qui compte 485 élèves.

Ce plan d’action sera échelonné sur cinq ans. Dès cette année, la direction souhaite réduire de 50 % le nombre de fumeurs chez les élèves. Le corps professoral a aussi emboîté le pas. Depuis la mise en œuvre du projet, il n’y a plus de fumeur chez les professeurs dans l’établissement. «Notre objectif est d’atteindre le nombre magique de 0 jeune et adulte fumeur en 2019-2020 et de maintenir ce score par la suite», affirme Carolyn Rouillard, directrice de l’école secondaire du Rocher.

«Pour parvenir à ce but, nous allons travailler simultanément sur la prévention du tabagisme, la cessation tabagique et l’application sans faille de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme, en plus de déployer des efforts soutenus pour parer à d’éventuelles rechutes», renchérit Mme Rouillard.

«L’école nous offre un soutien important, ce qui m’encourage à arrêter de fumer», affirme Lydia Huard, élève à l’école secondaire du Rocher. Plusieurs interventions seront mises sur pied afin de sensibiliser les jeunes. Des formations seront offertes par l’équipe de La gang allumée. Des affiches publicitaires seront aussi installées à plusieurs endroits stratégiques dans les corridors de l’école secondaire.

Au début du processus de création et de l’implantation de sa politique pour une génération sans tabac, l’établissement a réalisé des sondages pour connaître le profil tabagique de l’établissement. Les sondages ont révélé une prévalence de 16,3 % de fumeurs chez ses élèves. Un taux inquiétant, car c’est un chiffre largement supérieur à la moyenne québécoise de 12,2 %. Ce constat était similaire chez les membres du personnel puisque 21 % avouaient consommer des produits de tabac. Un autre constat, le pourcentage de consommation a augmenté selon le niveau de scolarité des jeunes.

En effet, c’est près de 24 % des jeunes qui consomment des produits de tabac en cinquième secondaire. La connaissance de ces éléments leur a permis de concevoir un plan d’intervention en prévention et en cessation spécialement adapté à l’âge et au degré scolaire de leurs jeunes. «La volonté de renverser cette situation a engagé l’école tout entière», explique Mme Rouillard.

Le président de la Commission scolaire de l’Énergie, Jean-Yves Laforest, espère que ce projet soit précurseur d’un mouvement.

«Je souhaite que l’ensemble de nos établissements suive cette heureuse initiative, mais aussi partout au Québec. Développer de saines habitudes de vie est essentiel et favorise la réussite éducative, la santé et le bien-être de nos élèves», affirme-t-il.

L’établissement souhaite aussi développer une phase 2 à ce projet. Avec l’arrivée du projet de loi C-45 sur la légalisation de la marijuana, l’école pense déjà aux futures initiatives qui pourraient être adoptées à cet effet.