Le changement de nom de l’école Antoine-Hallé pour l’école des Phénix ne plaît pas à tous.
Le changement de nom de l’école Antoine-Hallé pour l’école des Phénix ne plaît pas à tous.

École Antoine-Hallé: un changement de nom qui irrite

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
Shawinigan — La décision de changer le nom de l’école Antoine-Hallé du secteur Grand-Mère à Shawinigan pour celui d’école des Phénix ne passe pas comme une lettre à la poste pour certains, dont l’ancien député et enseignant Jean-Pierre Jolivet.

Le résident du secteur Grand-Mère déplore en effet que le conseil d’établissement de ce lieu d’enseignement ait décidé de modifier son appellation. Selon lui, des vérifications historiques auraient dû être effectuées avant de prendre cette décision, qu’il juge lourde de sens.

«Je suis un peu déboussolé. On a une histoire et elle a été forgée par des gens de qualité, dont M. Antoine Hallé. Il a été le grand responsable de ce qu’on appelait à l’époque les arts et métiers», soutient-il, avant d’ajouter qu’il aimerait bien connaître les raisons qui ont motivé les responsables.

Pendant sa carrière dans le monde de l’éducation qui s’est échelonnée de 1919 à 1969, Antoine Hallé a oeuvré comme enseignant et directeur de l’établissement nommé initialement l’École industrielle de Grand-Mère. Selon l’ancien politicien, il a été en quelque sorte le père fondateur de la maison d’enseignement qui a formé de nombreux travailleurs qui ont oeuvré dans les grandes usines qui ont jadis fait la renommée de Shawinigan, ainsi qu’ailleurs dans la province.

Au départ, l’institution occupait des locaux dans l’ancienne école Sacré-Cœur, devenue par la suite l’école secondaire du Rocher. Au cours des années, son nom a été changé pour l’École des arts et métiers et ensuite pour le Pavillon d’enseignement professionnel. Elle a déménagé en 1956 dans le bâtiment de la 8e Rue qui est toujours occupé par l’école primaire dont le changement de nom irrite M. Jolivet. Elle a accueilli des étudiants jusqu’au milieu des années 1980 et a été convertie en école primaire en 1991. C’est à ce moment que la Commission scolaire de Grand-Mère avait décidé de la nommer en l’honneur d’Antoine Hallé.

Jean-Pierre Jolivet

Rappelons que ce changement de nom découle d’un désir exprimé par les membres du personnel de l’école. Le conseil d’établissement les a donc invités à proposer un nouveau nom et à expliquer les raisons derrière leur choix. Le nom école des Phénix a donc été retenu et est en force depuis le 1er juillet.

C’est le concept du phénix qui renaît de ses cendres qui a motivé les membres du personnel à proposer ce nouveau nom. Cet oiseau constitue le symbole mythique de la renaissance et de l’évolution, «une image qui représente bien les élèves qui arrivent avec leur expérience de vie dans ce lieu d’apprentissage, où il est permis de faire des erreurs et de grandir, d’éprouver des difficultés et d’apprendre à les surmonter pour aller de l’avant», pouvait-on lire dans un communiqué émis au début du mois de septembre.

Du côté du Centre de services scolaire de l’Énergie, on indique qu’un conseil d’établissement a le pouvoir de changer le nom d’une école. Par contre, cette décision a dû être entérinée par le conseil des commissaires afin d’être officialisée. Avec la transformation de la Commission scolaire en Centre de services, cette responsabilité sera dorénavant celle du conseil d'administration.