L’école de musique Jacques-Hétu a mis en place des mesures de sensibilisation pour tenter de limiter l’éclosion de cas de pneumonie à mycoplasmes entre ses murs.

Éclosion de pneumonie à l’école de musique Jacques-Hétu

TROIS-RIVIÈRES — Onze élèves de l’école de musique Jacques-Hétu, dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine, ont contracté la pneumonie, forçant la direction de l’école à mettre sur pied des mesures spéciales.

La direction a avisé le personnel et les parents des 319 élèves qui fréquentent l’école primaire de la situation, dans deux lettres envoyées au cours des dernières semaines. On demande aux parents d’être attentifs aux symptômes comme la fièvre, la toux et les difficultés respiratoires qu’ils pourraient détecter chez leur enfant. Cependant, le type de pneumonie dont souffrent les 11 élèves n’est pas le plus sévère, selon le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

«Au départ, ils ont été traités pour la bactérie pneumocoque, parce que c’est ce qui circule habituellement et que c’est plus grave, indique Guillaume Cliche, porte-parole du CIUSSS. Mais puisqu’il n’y a pas eu de réponse au traitement, il y en a eu un deuxième pour le Mycoplasma (une autre bactérie pouvant entraîner une pneumonie).»

M. Cliche invite d’ailleurs toute personne atteinte d’une pneumonie et dont les difficultés respiratoires, l’essoufflement et la fièvre ne diminuent pas 48 heures après le début du traitement par antibiotiques à consulter à nouveau, puisque le traitement diffère selon le type de pneumonie.

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, une pneumonie peut entraîner de graves conséquences, comme une septicémie, un abcès pulmonaire, un empyème et même le décès, en particulier chez les jeunes enfants, les personnes âgées et celles atteintes d’une maladie chronique. Ces complications ne figurent toutefois pas parmi celles associées à la pneumonie à mycoplasmes (Mycoplasma pneumoniae). Cette dernière peut en revanche avoir des effets plus graves sur les enfants atteints du syndrome de Down, d’une immunosuppression ou d’une maladie cardiopulmonaire chronique, et chez les personnes souffrant d’anémie falciforme.

Bien que la maladie soit contagieuse, se transmettant dans l’air lorsque quelqu’un tousse, éternue, ou encore par contact physique, les élèves atteints ne sont pas tenus de rester à la maison le temps qu’ils ne soient plus contagieux. L’école, de concert avec la Direction de la santé publique dans la région, a plutôt fait de la sensibilisation auprès des élèves.

«La toux peut persister de trois à quatre semaines, mais l’enfant peut fréquenter l’école quand même, explique Anne-Marie Bellerose, porte-parole de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Si un enfant tousse ou éternue, il doit le faire dans un mouchoir ou dans sa manche.»

L’école Jacques-Hétu a muni chaque classe de désinfectants à mains. Des affiches rappelant aux élèves l’importance de se laver les mains souvent et de façon adéquate ont également été disposées à plusieurs endroits dans l’école. On incite par ailleurs les élèves malades à ne pas participer aux cours de musique, de chant et d’éducation physique, puisque ces cours peuvent favoriser la propagation de la maladie.

Une analyse préventive de la qualité de l’air dans l’établissement a également été menée. Le rapport préliminaire envoyé par la firme chargée de mener cette analyse ne relève toutefois aucune problématique à cet égard.

Pas inquiétant

À la connaissance de Mme Bellerose, aucune autre école de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy n’a déclaré d’éclosion de pneumonie. Selon le CIUSSS, cela ne veut toutefois pas dire que d’autres cas n’existent pas dans les écoles de la région. «Si on questionnait dans d’autres écoles, on en trouverait sûrement d’autres, mais qui n’ont pas été déclarés (aux autorités)», estime M. Cliche.

Par ailleurs, ce type d’éclosion de pneumonie survient régulièrement et le nombre de cas n’est pas alarmant, selon le CIUSSS. «Ce n’est jamais plaisant d’avoir une pneumonie, mais c’est quelque chose qui est en circulation année après année», précise M. Cliche.