Chantal Légaré, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Mauricie.
Chantal Légaré, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Mauricie.

Éclosion de 21 cas à Paul-Le Jeune et de 31 cas à Val-Mauricie: des enseignants fatigués

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Saint-Tite — Après le Séminaire de Trois-Rivières et l’école secondaire Val-Mauricie de Shawinigan, c’est au tour de l’école secondaire Paul-Le Jeune de Saint-Tite d’être aux prises avec une éclosion de COVID-19.

Selon les informations fournies vendredi matin par le Centre de services scolaire de l’Énergie, des cas actifs se trouvent chez 16 élèves et 5 membres du personnel dans cette école. La Santé publique, de son côté, n’envisage ni dépistage massif ni fermeture de l’école, indique Julie Michaud, agente d’information au CIUSSS MCQ.

De leur côté, les enseignants de la région, qui doivent faire beaucoup de surveillance afin de faire appliquer les mesures sanitaires dans leurs classes, en plus d’enseigner, n’arrivent plus à prendre le dessus dans leur travail auprès des élèves, indique la présidente du Syndicat des enseignants de la Mauricie, Chantal Légaré.

Même si Québec a décrété trois journées pédagogiques supplémentaires, on manque de temps, dit-elle. Ces trois journées pédagogiques, «c’est positif et c’est un pas vers ce qu’on demande depuis mai», rappelle-t-elle. Malheureusement, dit-elle, ces journées ne sont que pour le secteur jeune. «Nos enseignants en formation générale aux adultes et en formation professionnelle ne les auront pas», déplore-t-elle, «mais eux aussi ont des besoins», plaide-t-elle.

Les enseignants sont fatigués, résume Mme Légaré. «On commence à voir entrer des démissions» parmi ceux qui sont en fin de carrière et «elles seront effectives dans le courant de l’année», dit-elle. 

«Il y a des gens qui ne se rendront pas en juin. La tâche devient trop lourde, trop difficile.» Certains élèves verront donc leur enseignant être remplacé par quelqu’un à contrat avant la fin de l’année scolaire, dit-elle. Beaucoup d’enseignants appellent aussi au Syndicat pour signaler qu’ils vont aller rencontrer leur médecin parce qu’ils ne sont tout simplement plus capables, ajoute Mme Légaré. 

«C’est de plus en plus difficile. On le voit dans la province, les taux de contamination augmentent constamment. On n’est pas à l’abri de ça. C’est une année exceptionnellement difficile pour les enseignants. Tout le stress de la COVID plane au-dessus de leur tête tout le temps», rappelle la présidente du Syndicat.

Les trois groupes de 5e secondaire de Paul-Le Jeune où se trouvent des cas de COVID-19 ont été mis en retrait puisque tous les cas positifs, en ce moment, se trouvent parmi ces groupes, précise la responsable des communications, Amélie Germain-Bergeron.

Rappelons que ce niveau scolaire, partout au Québec en zone rouge, était déjà en enseignement à distance un jour sur deux. Ces élèves sont donc désormais à plein temps à la maison pour la période de la mise en quarantaine préventive.

Pour y arriver, les cours sont enseignés en mode virtuel.

«On trouve ça difficile pour les enseignants», raconte la présidente du SEM. «Enseigner c’est une chose, mais c’est plus que de transmettre. C’est être en présence, avoir une interaction avec les élèves. Il y a  des élèves qui ne comprennent pas, mais ne le disent pas. Tu lis dans leurs yeux que ça ne marche pas et tu es capable d’intervenir rapidement, de sentir le pouls de la classe», dit-elle. À distance, toutefois, ce n’est plus du tout cette dynamique, dit-elle.

Les enseignants ont également beaucoup plus de surveillance à faire pour s’assurer du respect de la distanciation, du port du masque et du lavage des mains. Habituellement, les enseignants ont du temps pour faire du rattrapage et de la récupération avec les élèves, «mais cette année, la tâche s’est alourdie. Ce temps-là est presque attribué aux surveillances», constate Mme Légaré. «Or, les enseignants, ce qu’ils veulent, c’est que leurs élèves réussissent», plaide-t-elle, sauf qu’ils sont en dualité entre la surveillance et la récupération, explique-t-elle.

Le CSS de l’Énergie indique que le retour en classe s’est bien passé du côté de l’école secondaire Val-Mauricie, vendredi matin, après les deux journées pédagogiques qui avaient été imposées par le CSS à la suite de l’éclosion. Le bilan est monté à 31 cas (+9), selon le CIUSSS. La situation demeure sous contrôle au Séminaire Saint-Joseph, où le nombre de cas (80) n’a pas augmenté depuis près d’une semaine. 

Dans les autres établissements

En Mauricie, de nouveaux cas sont apparus dans des établissements qui étaient déjà sur la liste de la Collecte nationale quotidienne pour le réseau scolaire. En date du 29 octobre, il s’agit du Centre d’éducation aux adultes, Édifice de Lasalle, de l’école Cardinal-Roy, de l’école des Pionniers et de l’école Louis-de-France.