Des enseignants de l’école primaire Val Marie ont choisi de quitter l’établissement en raison de l’écart salarial entre le public et le privé.

Écart salarial des enseignants du primaire: des impacts dans des écoles de la région

TROIS-RIVIÈRES — L’écart de salaire entre les enseignants du primaire au public et au privé a causé le départ d’enseignants notamment à l’école Val Marie, où quatre professeurs ne seront pas de retour en septembre en raison de ces différences qui varient entre 14 et 16 %.

Cette situation survient alors que la CAQ a promis, en campagne électorale, une augmentation du salaire d’entrée pour les enseignants du réseau public et qu’une pénurie de main-d’œuvre survient en éducation. La proposition du conseil d’administration d’augmenter le salaire des enseignants de l’école Val Marie de 3 % au cours de la prochaine année ne semble pas avoir convaincu l’ensemble des enseignants de demeurer en poste.

«C’est sûr qu’on ne peut pas compétitionner le salaire du public. Là, M. Legault veut faire une bonne augmentation pour les profs, ça ne pourra pas s’appliquer à l’école Val Marie, et je ne veux pas parler pour les autres, mais ça ne s’appliquera pas dans aucune autre école [primaire] privée», commente René Martin, président du conseil d’administration de l’école Val Marie.

En tout, ce sont sept enseignants qui quittent l’école primaire du secteur Cap-de-la-Madeleine en vue de la prochaine rentrée scolaire. Quatre d’entre eux auraient choisi de quitter en raison de salaires plus élevés au public. Cette situation n’engendrera toutefois aucune fermeture de classes ou diminution de services. L’école Val Marie a d’ailleurs déjà comblé six des sept postes qui étaient vacants, malgré la pénurie de main-d’œuvre dans l’ensemble du réseau de l’éducation.

M. Martin explique cette rapidité par la renommée de l’école. «C’est connu, Val Marie, ça a une renommée de haut savoir, donc c’est sûr que c’est prestigieux pour un enseignant d’enseigner là», dit-il.

Augmenter l’attractivité de l’école

L’école a récemment mis sur pied différents projets afin d’augmenter l’attractivité de l’établissement d’enseignement qui compte environ 400 élèves. Une cour d’école réaménagée, des classes innovantes et des investissements dans la cafétéria font partie des projets mis en place pour différencier Val Marie des autres écoles, notamment des établissements scolaires publics à projet particulier.

«Les écoles publiques sont rendues tellement plus fortes qu’elles ne l’étaient avant, alors il faut trouver des choses qui font qu’on se différencie encore plus du public», indique M. Martin.

Une situation généralisée

La situation qui touche l’école Val Marie n’est certainement pas unique au Québec. Au contraire, la directrice générale de l’établissement scolaire, Clara Cholet, estime que c’est une problématique qui a des impacts sur plusieurs écoles primaires privées localisées dans les régions du Québec.

Le conseil d’administration de l’école Val Marie est d’ailleurs en contact avec celui du Collège Marie-de-l’Incarnation afin de discuter d’une vision à long terme concernant l’école primaire au privé. C’est que selon les dires de M. Martin, le nombre d’élèves qui fréquentent l’école privée au niveau primaire a diminué dans les dernières années, ce qui influence inévitablement le montant disponible pour le salaire des enseignants. En 2016-2017, 11,8 % des élèves du Québec fréquentaient l’école privée, au niveau préscolaire, primaire et secondaire, selon le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Trois ans auparavant, ce chiffre était plutôt de 13,07 %.

«Ça prendrait une vision qui pourrait faire que ça reparte de l’autre bord, qu’il y ait une croissance et qu’il y ait de plus en plus d’étudiants qui s’inscrivent», explique M. Martin.

Le Collège Marie-de-l’Incarnation n’a pas souhaité commenter ce dossier.