L’installation de conduites d’égout se poursuit sur la route du Lac-à-la-Tortue, où la circulation se déroule en alternance jusqu’à la fin du mois.

Eaux usées et aqueduc autour du lac à la Tortue: respecter à la fois budget et échéancier

SHAWINIGAN — Les élus de Shawinigan doivent régulièrement se prononcer sur des directives de changement demandées dans le cadre du projet d’assainissement des eaux usées et d’aqueduc autour du lac à la Tortue. Le maire, Michel Angers, reconnaît que pour le moment, la priorité consiste à terminer le chantier, quitte à débattre du bien-fondé de certaines réclamations par la suite.

Lors de la séance publique du 16 octobre, le conseil municipal a autorisé deux nouveaux ajouts au contrat initial. Tout d’abord, la Ville de Shawinigan doit verser 180 000 $ à Allen entrepreneur général pour le déplacement du tracé d’une conduite de refoulement, en raison de la présence d’une conduite de gaz naturel. De plus, les élus se sont résignés à payer 127 825 $ à Construction Thurco pour l’addition de déflecteurs et de regards avec déflecteur de retenue des flottants pour des postes de pompage. Dans chaque cas, le conseil municipal a suivi la recommandation de la firme Pluritec.

À la période de questions, Robert Houle s’est étonné de ces nouveaux ajouts.

«Quand je vois des imprévus comme la présence d’une conduite de gaz naturel, excusez-moi, mais Pluritec devait faire l’étude du territoire», rappelle-t-il. «On n’avait pas vu une conduite de gaz naturel... C’est dur à accepter.»

M. Angers reconnaît que la Ville se pose aussi des questions sur certaines directives de changement. Afin de ne pas retarder indûment les travaux, le conseil municipal choisit toutefois de régler rapidement les factures demandées dans un contexte d’urgence, mais il n’est pas exclu qu’elles soient contestées plus tard.

«Je vous donne raison», a-t-il répondu à M. Houle. «C’est un peu difficile de penser qu’une conduite de gaz naturel passait à un endroit et qu’elle n’a pas été vue. Ça fait partie des choses, quand on arrive à la fin, sur lesquelles on revient. Une longue séquence de négociation s’enclenche.»

«Quand on arrive avec une directive de changement, si on ne l’accepte pas, les travaux s’arrêtent», ajoute le maire. «Certaines directives de changement ne passent pas après discussion, mais dans (d’autres) contextes, (c’est différent). Par exemple, le ministère de l’Environnement nous a mentionné que si on n’ajoutait pas de déflecteurs, ça s’arrêtait là. Nous, on veut que ça se termine et on discutera, à la fin, sur la nécessité ou pas.»

M. Angers répète que sur un chantier de 43 millions de dollars d’une telle complexité, des imprévus demeurent inévitables.

«Au final, on demeure convaincus que nous rentrerons dans l’enveloppe qui nous a été impartie», mentionne le maire. «On va probablement nous assurer que tous les extras soient couverts par l’aide financière de 83 %. Ça devrait refléter ce que nous avons dit aux citoyens quand nous avons présenté le projet.»

En entrevue, le maire de Shawinigan s’est réjoui qu’à tout le moins, l’entrepreneur ne devait plus travailler avec une épée de Damoclès pour respecter l’échéancier du 31 mars 2019. Sans tambour ni trompette, le délai maximal pour compléter les travaux subventionnés par le Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées a été repoussé au 31 mars 2020.

«Nous avons été avisés il y a quelques semaines», relate M. Angers, qui assure que cette prolongation ne signifie pas que l’entrepreneur lèvera le pied et attendra au printemps pour entreprendre le pavage.

«La question, c’est plus de savoir s’il y a de l’asphalte disponible», fait-il remarquer. «C’est beaucoup plus cher, mais j’ai appris que c’était couvert par la subvention de 83 % (malgré la hausse des prix). J’ai donc demandé d’en faire le maximum. J’aimerais qu’au minimum, le tour du lac soit fait, au moins une couche asphaltée cet automne. Mais je n’ai pas de contrôle là-dessus. L’entrepreneur cherche (de l’asphalte) et il a la consigne d’y aller.»