Les dépassements des coûts pour les travaux à Lac-à-la-Tortue ont atteint près de 7 millions $.

Eaux usées à Lac-à-la-Tortue: dépassement de coûts de 6,8M$

SHAWINIGAN — Il était déjà connu que le vaste chantier d’installation d’un réseau d’égout et d’aqueduc dans le secteur Lac-à-la-Tortue, évalué à l’origine à 44,4 millions $, avait plusieurs mois de retard. Voilà maintenant qu’on apprend que la Ville de Shawinigan fait face à des dépassements de coûts de 6,8 millions $. Le maire Michel Angers se dit en colère de la situation.

«C’est une situation inadmissible. Le conseil n’accepte pas ce qui s’est passé et des actions sont prises dès maintenant pour remédier à cette situation. J’ai dit dès le début du chantier que j’étais allergique aux dépassements de coûts. Je n’ai pas changé d’avis là-dessus et regardez-moi bien aller.»

Lors de la séance publique du conseil municipal de mardi soir, le conseil a donc adopté deux avis de motions de règlements d’emprunt pour éponger ces dépassements de coûts et permettre la fin des travaux d’ici la fin de l’été prochain. Concrètement, cela signifie qu’un nouvel emprunt de 520 000 $ porte sur les honoraires professionnels, alors qu’un second emprunt de
6 815 000 $ touche les travaux. Le maire indique que sur ce montant on doit retirer 2,8 millions $ qui seront à la charge de la Ville, car il s’agit du coût des travaux attribués à l’entretien des infrastructures.


Sur les 6,8 millions $ de dépassements de coûts annoncés par la Ville de Shawinigan mardi, 3,1 millions $ concernent des imprévus de chantier, 407 000 $ touchent les augmentations du prix du bitume, 2,48 millions $ correspondent aux travaux réalisés à la demande du ministère de l’Environnement et 900 000 $ portent sur les améliorations de la Ville aux réseaux existants. Ces montants sont jugés plus acceptables par l’administration municipale.

Les autres dépassements de coûts, qui sont moins justifiables, selon le maire, sont de 3,65 millions $ pour les différentes erreurs et omissions observées durant les travaux et 1,17 million $ pour les honoraires professionnels supplémentaires.

«C’est énorme. On parle de 700 bons de travail et 300 directives de changements lors des travaux. C’est 1000 interventions qui n’avaient pas été prévues. On souhaite que les choses soient mieux prévues. Ce n’est pas aux citoyens de Lac-à-la-Tortue de payer pour des erreurs importantes qui ont été faites», tonne Michel Angers.

La Ville entend analyser cette situation afin de trouver des façons de récupérer les sommes encourues et d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise. «Une recherche de solutions qui va passer tant par l’interne que l’externe et qui vont nous permettre de mieux comprendre ce qui s’est passé. Il est normal d’avoir des dépassements de coûts et des frais de contingence, mais certainement pas de cette hauteur-là», affirme le maire de Shawinigan qui précise que bien que des poursuites ne sont pas exclues, elles ne sont pour l’instant pas envisagées.

«On n’est pas dans les poursuites. Il reste des travaux à faire et on va les terminer à la fin de l’été 2019. Par la suite, la procédure c’est qu’on s’assoit avec les firmes professionnelles et l’entrepreneur. Des discussions vont s’enclencher à ce moment et on va tenter de savoir qui est responsable de quoi.»


L’objectif de la Ville sera de recouvrir le plus d’argent possible, pour revenir le plus possible près du budget global initial de
44,4 millions $. Des démarches auprès du ministère des Affaires municipales et de la députée de Laviolette–Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, ont déjà été entamées afin de pouvoir appliquer la subvention de 83 % du gouvernement pour la réalisation des travaux également sur les dépassements de coûts.

«On va souhaiter avoir des ententes en dehors des tribunaux. Parce que quand on embarque dans les tribunaux, c’est toujours beaucoup plus compliqué. Ce qu’on veut, c’est être capable de récupérer le maximum d’argent possible pour mettre les citoyens de Lac-à-la-Tortue au niveau de l’information qu’on leur avait donnée», ajoute le maire Michel Angers.

Conscient que ces dépassements de coûts peuvent irriter plusieurs citoyens, notamment ceux du secteur de Lac-à-la-Tortue, Michel Angers soutient que les élus sont imputables devant la population. «Même si ce n’est pas moi qui suis ingénieur, même si ce n’est pas moi qui ai les informations et même si ce n’est pas moi qui mets mes bottes et mes gants et qui vais sur le plancher, on est imputable d’une certaine façon. C’est une situation qui est triste et dommage, mais je vais assumer l’ensemble de mes responsabilités. Je vais tenter le plus possible de faire diminuer l’impact auprès des citoyens», affirme le maire.

«Je le fais en toute transparence et je vais continuer à le faire. Je rappelle que ça fait 40 ans que les citoyens souhaitaient ce projet à Lac-à-la-Tortue. Et qu’un conseil municipal de cette ancienne municipalité a refusé une subvention de 95 % pour le réaliser. La Ville de Shawinigan l’a finalement fait avec une subvention de 83 %, ce qui est quand même fort intéressant.»