Éric Lord, directeur général de Culture Mauricie.

Dur coup pour le milieu artistique

TROIS-RIVIÈRES — Un sondage réalisé par Culture Mauricie et les Conseils régionaux de la culture au Québec révèle que tous les secteurs artistiques sans exception sont affectés par la crise de la COVID-19.

Les artistes, organismes et intervenants des milieux des arts de la scène, des arts visuels, des arts médiatiques, de la littérature, du patrimoine et de la muséologie encaissent des contrecoups d’ordres financier, social et psychologique, révèle le sondage.

Le directeur général de Culture Mauricie, Éric Lord, a indiqué au Nouvelliste que pour certains artistes et artisans, les mesures imposées par le gouvernement génèrent des pertes allant jusqu’à 95% de leurs revenus. Plusieurs de ces personnes étant des travailleurs autonomes, ils n’ont pas droit à l’assurance-emploi, souligne-t-il.

C’est donc dire que les mesures de soutien gouvernemental sont attendues avec impatience par ces travailleurs, souligne-t-il.

Plusieurs artistes avaient été engagés, par exemple, dans le cadre du programme Culture à l’école. Certains devaient faire des lectures au Salon du livre qui a lui aussi été annulé, rappelle M. Lord.

Ateliers, conférences, animations, coordination artistique, spectacles, événements corporatifs, vernissages, tournages cinématographiques, captation d’événements, activités de réseautage, séances de signatures, autant d’activités qui n’auront pas lieu, indique M. Lord en se croisant les doigts pour la tenue du Festival international Danse encore et du Festivoix.

Ce dernier a aussi une pensée, entre autres, pour le cinéaste Alexandre Dostie qui était parti en tournée un peu partout dans le monde pour présenter son dernier court métrage Je finirai en prison.

Le directeur général indique que «l’annulation d’événements culturels et la fermeture des lieux de diffusion entraînent non seulement des pertes financières majeures pour les organismes, mais aussi l’arrêt ou le report de certaines manifestations culturelles périphériques s’y rattachant.» Or ces événements représentent «des sources importantes de revenus pour de nombreux artistes et travailleurs de la culture.

Étant donné la perte importante de revenus pour ces artistes et artisans, la situation risque de «causer chez certaines personnes des troubles psychologiques comme l’anxiété et la dépression», fait-il valoir.

«Si la crise perdure et que les recommandations d’isolement imposées par le gouvernement sont maintenues à plus long terme, Culture Mauricie juge que la situation risque de devenir alarmante pour le milieu. «Des fonds d’aide spéciaux semblent se mettre en place au sein des deux paliers du gouvernement, mais la nature précise de ceux-ci et les modes de fonctionnement s’y rattachant demeurent nébuleux», estime M. Lord.

«On est en relation avec le Conseil des arts et des lettres et le ministère de la Culture. Nous serons aux premières loges pour connaître les mesures», assure ce dernier.

À la lumière du sondage réalisé à la suite de l’annonce du premier ministre d’annuler toute représentation ou rassemblement de plus de 250 personnes pour tenter de réduire la propagation de la COVID-19, Culture Mauricie continuera à sonder les artistes et organismes culturels au cours des prochaines semaines, de documenter rigoureusement et de mesurer à plus long terme aussi les impacts de la crise sur le milieu artistique.