Annie Matteau, étudiante en Techniques de travail social, cuisine ces jours-ci pour les bénéficiaires des services de l’organisme Point de Rue.
Annie Matteau, étudiante en Techniques de travail social, cuisine ces jours-ci pour les bénéficiaires des services de l’organisme Point de Rue.

Du bénévolat comme fin de session

TROIS-RIVIÈRES — Des étudiants du programme Techniques de travail social du Cégep de Trois-Rivières ont mis la main à la pâte pour aider la communauté durant la pandémie de coronavirus. Alors que la session en classe s’est terminée abruptement pour la totalité de la cohorte, ils ont reçu la consigne de faire du bénévolat pour aider la communauté en ces temps de crise afin de compléter leur cours «Intervention collective». Un «travail» de fin de session qui, à leurs yeux, sera bien plus payant du point de vue expérience de travail, mais surtout du point de vue humain.

Appels téléphoniques pour des personnes plus isolées, préparation de nourriture pour les organismes qui en ont besoin, vidéo de sensibilisation sur l’importance de demander de l’aide, poursuivre ou commencer un travail à temps partiel considéré comme essentiel... les initiatives étaient multiples, et les sourires engendrés tout autant.

Annie Matteau a profité du temps du confinement pour se transformer en chef cuisinière. Ces jours-ci, elle cuisine des pâtés chinois qui sont livrés à l’organisme Point de Rue pour les bénéficiaires de leurs services. Une fois par semaine, elle aide aussi aux banques alimentaires dans une initiative conjointe du Centre Jean-Noël-Trudel et du Carrefour Jeunesse Emploi.

«On voit un très gros mouvement de solidarité présentement, les gens s’investissent et c’est tant mieux, car les besoins sont très présents. Et en étant sur le terrain comme ça, on voit vraiment qu’on fait la différence», exprime-t-elle.

Sa collègue de classe Gabrielle Bordeleau a pratiquement doublé ses heures comme intervenante auprès des hommes judiciarisés à la Maison Radisson, en plus d’être une grande aide pour ses grands-parents, qui ne peuvent pas sortir de la maison en raison du confinement.

«C’est dans des temps comme ça qu’on réalise que le travail social est un service essentiel, parce que nous apportons la relation d’aide nécessaire dans la crise. En ce moment, la population vit un traumatisme et ça concrétise grandement notre métier que de le vivre concrètement. On voit que notre présence est indispensable», considère-t-elle.

Habitant la région de Lanaudière, Camille Jomphe ne pouvait pas, pour sa part, revenir en Mauricie pour effectuer son bénévolat étant donné l’interdiction de se déplacer d’une région à l’autre. Elle a donc choisi de faire du bénévolat au téléphone pour la FADOQ, en téléphonant à des personnes âgées seules pour prendre de leurs nouvelles et s’assurer qu’elles n’avaient besoin de rien et qu’elles respectaient les consignes de confinement.

«C’est extraordinaire de pouvoir leur parler comme ça, de les écouter et de sentir qu’on fait une différence dans leur journée», indique Camille.

Celle qui est déjà intervenante auprès des enfants autistes admet que cette expérience viendra aussi ajouter une corde à son arc une fois le diplôme en poche.