Pour célébrer ses 40 ans, le GDDS a dévoilé mardi son nouveau logo qu’on aperçoit sur le gâteau tenu par Pierre Blanchet, coordonnateur de l’organisme. M. Blanchet est accompagné d’Olier Couture, président, et de Liliane Fournier, une des fondatrices du regroupement.

Droits sociaux: un besoin de meilleures prestations

TROIS-RIVIÈRES — Le Groupement pour la défense des droits sociaux (GDDS) de Trois-Rivières a mené différentes batailles au fil des ans afin de faire reconnaître les droits des personnes à l’aide sociale et s’attend à poursuivre la lutte pour améliorer les conditions de ces prestataires. Et une proposition pour y arriver est un rehaussement substantiel de la prestation mensuelle qui s’établirait à 1500 $.

Selon un comparatif fourni par le GDDS et basé sur des informations du Collectif pour un Québec sans pauvreté, les prestations de base attribuées en 1970, lors de l’application de la loi de l’aide sociale au Québec, auraient valu en dollars constants 674 $ par mois. En 2020, la prestation atteint 690 $. Même si un prestataire d’aide sociale peut profiter de mesures fiscales qui améliorent son revenu, celui-ci est insuffisant pour vivre décemment, estime Pierre Blanchet, coordonnateur du regroupement.

«Toutes les personnes à l’aide sociale vivent sous le seuil de la pauvreté. Les prestations couvrent 50 % de leurs besoins de base: se nourrir, se loger, se déplacer, s’habiller, quelques soins de santé et un minimum de loisir. Selon nous, il faudrait 1500 $ par mois pour les personnes sans contrainte à l’emploi», raconte M. Blanchet, rencontré lors d’une conférence de presse tenue mardi afin de souligner les 40 ans du GDDS.

M. Blanchet est pleinement conscient que ce montant ne peut être atteint sur une courte période de temps et que cette revendication soulèvera de nombreuses questions, car elle concerne des gens jugés aptes à travailler. Il croit toutefois que tout le monde sortirait gagnant d’une telle politique. «Quand les besoins de base d’une personne sont comblés, elle sera plus disponible à travailler, surtout s’il y a des mesures à l’emploi. La personne n’aurait pas à se préoccuper à savoir si elle a des dents ou des vêtements convenables pour se présenter pour un travail, elle n’aurait pas à penser qu’elle doit aller au comptoir alimentaire, la mobilité est aussi un enjeu majeur. Et la pauvreté coûte énormément. Ça coûte plus cher au niveau social, au niveau économique: assurance-chômage pour maladie, régime des rentes pour invalidité. Ça coûte plus cher que les soutenir.»

Une prestation mensuelle de 1500 $ représente un revenu annuel de 18 000 $. Selon Statistique Canada, les seuils de faible revenu après impôt pour une seule personne variaient en 2018 entre 14 051 $ (pour une personne vivant en secteur rural) et 18 166 $ (pour une personne vivant dans une ville de 100 000 à 499 999 habitants).

Le salaire minimum au Québec passera de 12,50 $ l’heure à 13,10 $ à compter du mois de mai. À ce moment, un employé qui travaille 35 heures par semaine profitera d’un revenu de 23 842 $.

Impliqué dans le mouvement communautaire, le GDDS a été mis sur pied en 1980 en plein cœur d’une difficile période économique. Le taux de chômage était élevé, le nombre de prestataires aussi, mais ces derniers n’étaient pas toujours au courant des droits qui étaient les leurs.

Liliane Fournier a fait partie des membres fondateurs de cet organisme il y a 40 ans. Elle se rappelle le contexte dans lequel l’organisme a été fondé. «On rêvait un peu en couleur, se souvient-elle. On se disait, ça va durer trois ou quatre ans et après, les problèmes vont être réglés. Ce n’est pas tout à fait ça qui est arrivé!»

Des gains ont été observés au fil du temps, note Pierre Blanchet. La bonification de l’exemption fiscale pour les pensions alimentaires, l’augmentation des revenus de travail pour les personnes seules ayant des contraintes sévères à l’emploi et la pleine indexation des prestations pour tous les assistés sociaux en font partie. Mais il y a encore du travail à faire, dit-il. «Tant que les besoins essentiels ne sont pas comblés, on va continuer de se battre avec les personnes et avec d’autres organismes pour faire avancer la cause.»