L’avocate Valérie Assouline réclame que les jugements concernant les droits de visite des parents durant la pandémie soient respectés.
L’avocate Valérie Assouline réclame que les jugements concernant les droits de visite des parents durant la pandémie soient respectés.

DPJ: les droits de visite doivent être maintenus, réclame une avocate

TROIS-RIVIÈRES — Les droits des enfants dont le dossier familial et les possibilités de visite parentale ont été pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse sont-ils bafoués en ces temps de crise sanitaire due à la pandémie de coronavirus? C’est un point que soulève l’avocate Valérie Assouline, qui représente bon nombre de ces familles à travers la province, et qui réclame aujourd’hui qu’au minimum, les jugements rendus en ce qui concerne les droits de visite et les contacts avec les parents soient respectés et non suspendus.

Me Assouline rapporte, à titre d’exemple, le cas de cette mère de la région qu’elle représente dans un dossier d’aliénation parentale pour lequel le père a obtenu la garde de l’enfant pour une période d’un an et demi. La mère pouvait avoir des accès supervisés à son enfant et des droits de visite une fin de semaine sur deux, pour maintenir le lien en attendant la suite des procédures. Or, les droits d’accès ont été suspendus lors du déclenchement de la crise sanitaire.

«C’est absolument inconcevable qu’on empêche les parents d’avoir un droit d’accès aux enfants. Il en va du développement affectif et émotionnel de ces enfants et les jugements devraient tout simplement continuer d’être appliqués tant et aussi longtemps que ça ne compromet pas la santé des enfants», explique Me Assouline.

Cette dernière rappelle qu’un jugement de la Cour supérieure rendu le 27 mars dernier stipulait que «la présence de la COVID-19 considérée comme une urgence sanitaire n’est pas en soi, en absence de symptômes pour les individus concernés, un motif suffisant nécessitant une modification du statu quo, de la garde et des accès pour les enfants». Or, déplore l’avocate, il semble qu’il y ait un double standard en ce qui concerne les enfants de la DPJ pour qui les droits de visite sont présentement suspendus.

Me Assouline a récemment écrit au cabinet du ministre Lionel Carmant, responsable notamment de tout ce qui relève de la protection de la jeunesse, afin de lui faire part de ces revendications. Elle n’a, à ce jour, pas encore obtenu de réponse.

«Ce sont les enfants qui seront les grands perdants dans tout ça, ce sont eux qui vont être pénalisés et qui vont en souffrir», explique-t-elle.

Au cabinet du ministre Lionel Carmant, on a indiqué que puisque le dossier faisait actuellement l’objet de discussions devant les tribunaux, le ministre allait s’abstenir de tout commentaire. Même son de cloche du côté du ministère de la Santé et des Services sociaux, qui a préféré s’abstenir de commenter sur la place publique.