DPJ: la Fédération des familles d'accueil favorable à la tenue d'une enquête

La Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec (FFARIQ) a accueilli très favorablement l'annonce du déclenchement d'une enquête par la Commission des droits de la personne sur les services dispensés par la Direction de la protection de la jeunesse en Mauricie et au Centre-du-Québec. Par cette démarche, la FFARIQ espère que les ressources seront désormais mieux épaulées pour bien effectuer leur travail, et qu'on arrivera à mettre à leur disposition tous les moyens nécessaires pour le faire.
«Il y a clairement un manque de soutien auprès des ressources, un manque de partenariat. Nos ressources côtoient les jeunes sept jours sur sept, mais souvent leur point de vue ou leur expertise n'est pas pris en considération. Il doit évidemment y avoir une reconnaissance pour les intervenants, mais les personnes significatives dans la vie des jeunes doivent avoir autant d'importance, sinon plus, dans la prise de décisions qui touchent directement la vie du jeune», croit la présidente de la fédération, Geneviève Rioux.
Au cours des dernières années, Mme Rioux constate qu'il y a en effet eu des manquements quant aux outils donnés aux familles d'accueil. L'abolition, il y a quelques années, d'un département complet servant uniquement de ressource, a été reçue comme une véritable gifle. 
«Il y a eu de très gros contrecoups. Nous avions créé de bons liens avec les intervenants ressources qui travaillaient directement avec nous. Nous nous sentions plus appréciés, moins jugés. De temps en temps, quand une famille d'accueil avait une difficulté avec un enfant, nous avions une ressource pour évacuer le trop-plein et nous aider à trouver des moyens pour intervenir avec le jeune. Nous avions de l'écoute et du soutien. Aujourd'hui, ce qu'on a, c'est un évaluateur à la qualité des services. Il n'est pas là pour nous épauler, il est là pour nous évaluer», déplore-t-elle.
Évidemment, l'annonce de la tenue d'une enquête en lien avec des situations qui ont été jugées problématiques et où des services déficients lésant les droits des enfants ont été constatés dans 19 cas, touchant 38 enfants, aurait de quoi miner le moral des troupes et démotiver la majorité des familles d'accueil de la région qui effectuent leur travail avec dévouement chaque jour. 
Or, la fédération constate aussi que plusieurs commentaires positifs sont ressortis de la part des familles d'accueil depuis l'annonce de l'enquête, lundi. «Nous avons eu plusieurs commentaires positifs. Les gens se disent: enfin, quelqu'un va venir constater que ça ne tourne pas toujours rond. On dénote et dénonce certaines des problématiques systémiques. Nous espérons que cette enquête lèvera le voile sur les lacunes pour apporter des solutions durables au système de protection des enfants les plus vulnérables de notre société», fait valoir Mme Rioux.
«J'ai confiance que les 2300 familles d'accueil membres de notre fédération ont toutes le désir d'aider les jeunes. J'espère qu'il n'y aura aucun autre dérapage, mais il y a un travail à faire au niveau des processus. J'espère aussi que le public va prendre en compte qu'on fait tout pour que ça ne se reproduise pas», constate Mme Rioux, qui dit percevoir des signaux positifs du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec sur la notion de partenariats.