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Deux foyers de groupe temporaires ont été mis en place par la DPJ à la base Plein Air Ville-Joie
Deux foyers de groupe temporaires ont été mis en place par la DPJ à la base Plein Air Ville-Joie

DPJ: deux foyers de groupe temporaires mis en place à la base Plein Air Ville-Joie

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — En raison de la hausse des signalements faits à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Mauricie et du Centre-du-Québec et d’un manque de familles d’accueil qui est constant dans la région, des enfants pourraient bien être dans l’obligation de passer le temps des Fêtes dans l’un des deux foyers de groupe temporaires mis en place à la base Plein Air Ville-Joie.

«À la DPJ, on ne peut pas dire à quelqu’un qu’on est désolé, mais qu’on n’a plus de places. Donc on doit trouver des façons innovantes et créatives pour répondre aux besoins de ces enfants-là quand on est engorgé comme ça», explique Mathieu Bédard, directeur adjoint à l’hébergement jeunesse, la réadaptation et la délinquance à la Direction de la protection de la jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Ainsi, alors qu’un foyer de groupe temporaire pouvant accueillir six enfants âgés de 0 à 6 ans a été mis en place dernièrement dans le chalet Colibri, un second est en opération dans le chalet Ann McCormick depuis quelques mois déjà et est actuellement occupé par des enfants de 6 à 12 ans.

«On travaillait déjà avec la DPJ avant avec notamment des camps de répit, mais au printemps, on a monté un projet avec eux au départ pour que si une éclosion survenait dans un centre d’accueil par exemple, on avait un endroit pour héberger les jeunes. On voulait en fait monter un endroit qui se rapproche le plus possible de ce que ça peut ressembler d’être dans une cellule familiale. D’ailleurs, c’est selon moi un endroit qui est mieux que les centres jeunesse, puisqu’on leur offre nos infrastructures avec une grande cour et de nombreuses activités. Puis est ensuite arrivée la 3e phase du projet avec les plus jeunes, donc on a décidé de continuer avec eux en ce sens», souligne le directeur général de Plein Air Ville-Joie, Philippe Roy.

Pour ce faire, l’aménagement des chalets a évidemment dû être revu afin d’accueillir cette nouvelle clientèle. Ainsi, pour celui pouvant accueillir les enfants de 0 à 6 ans, du mobilier destiné à leur âge a notamment été ajouté, dont des lits avec tiroir, des bassinettes, des tables à langer, ainsi que des chaises hautes, en plus de fournitures telles que des biberons et des jouets.

«On est vraiment prêt advenant le cas où on devrait accueillir des bébés. On sait que ça peut être à tout moment. D’ailleurs, la semaine passée, on a été très proche de devoir en accueillir, mais ça démontre qu’on travaille très fort pour les placer en famille d’accueil avant de les amener dans le foyer temporaire. Mais on sait qu’on est sur un très mince fil, donc je pourrais en accueillir un à tout moment de manière temporaire», souligne M. Bédard.

Mais en plus de l’aménagement des lieux, d’autres détails doivent évidemment être pris en compte du côté de la DPJ afin de pouvoir veiller sur les enfants comme il se doit. S’il s’agit d’une situation plus simple pour les enfants âgés de 6 à 12 ans, alors que des éducateurs s’occupent à tour de rôle de veiller à leur bien-être et qu’un agent d’intervention monte la garde la nuit venue, la situation est tout autre lorsqu’il s’agit de jeunes enfants, et même de bébés dans certains cas.

«Si on pense aux bambins qui doivent boire une bouteille pendant la nuit, c’est bien différent qu’avec une clientèle plus vieille. Donc on avait prévu mettre du personnel éducateur même la nuit, mais ça pourrait être aussi des assistants en réadaptation ou des gardiens de sécurité. Bref, on pourrait aller chercher des gens dans plusieurs types d’emplois pour nous soutenir, mais assurément que les gens qui vont être là de nuit vont pouvoir prodiguer les soins nécessaires aux enfants», soutient Mathieu Bédard.

Une situation exceptionnelle

Évidemment, du côté de la DPJ, avoir recours à des foyers de groupe temporaires n’est pas une chose inconnue pour la clientèle plus âgée. Il s’agit toutefois d’une situation jamais vue, mentionne-t-on, dans un contexte où ce sont de si jeunes enfants qui sont impliqués.

«C’est en effet la première fois qu’on a un foyer de groupe temporaire pour les enfants de 0 à 6 ans, puisqu’habituellement, ça se fait plus avec les adolescents qui sont dans des centres de réadaptation. Mais le fait d’avoir une hausse des demandes qui est à ce point forte et que notre système d’hébergement est presque saturé, c’est la première fois que je vois ça et surtout que les deux arrivent en même temps.»

À cet effet, pour le directeur adjoint à l’hébergement, la pandémie qui sévit actuellement ne serait pas étrangère à ce phénomène.

La DPJ de la Mauricie et du Centre-du-Québec a dû créer deux foyers de groupe temporaires en raison de la hausse des signalements et du manque de familles d’accueil dans la région.

«La pandémie a certainement des effets sur la situation actuelle. Il faut comprendre que oui il y a des situations qui sont là depuis toujours à la DPJ, mais il y a aussi les effets de la pandémie qui viennent ajouter leur lot de détresse dans la population en général.»

Par ailleurs, M. Bédard estime que cette situation de foyers temporaires pourrait perdurer jusqu’à la fin de la crise sanitaire en cours, ou du moins, dès que la situation pourra se résorber, explique-t-il. Ainsi, il ne serait pas impossible que d’autres foyers du genre voient le jour au cours des prochains mois.

«C’est n’est pas impossible qu’on doive en ajouter d’autres. On regarde toutes les avenues possibles, car notre devoir est de nous préparer, mais c’est sûr que si l’affluence continue d’augmenter, je vais devoir effectivement trouver des alternatives supplémentaires», précise-t-il.

Une solution «déplorable» pour la FFARIQ

La mise en place de foyers de groupe temporaires a d’ailleurs tôt fait de faire réagir la présidente de la Fédération des familles d’accueil et des ressources intermédiaires du Québec (FFARIQ), Geneviève Rioux, qui s’occupe notamment de 600 familles d’accueil en Mauricie, en plus d’être la maman de 10 enfants, dont trois d’entre eux sont ses enfants biologiques.

«Dans ces foyers temporaires, l’enfant va avoir plusieurs intervenants différents, alors que dans les familles d’accueil, l’enfant va toujours avoir la même personne qui va s’occuper de lui, peu importe le moment de la journée, ce qui va le sécuriser.[...] Alors c’est certain que je ne réagis pas très bien à la mise en place de cette solution des foyers temporaires, car depuis que la nouvelle est sortie, plusieurs ressources m’interpellent en me disant qu’elles ont mentionné être prêtes à recevoir d’autres enfants dans leur milieu, mais on leur a dit qu’on n’en a pas besoin. Pour moi c’est un non-sens», déplore-t-elle.

Une situation qui est évidemment défendue par l’organisation.

«On fait des analyses très approfondies pour évaluer à quel endroit on va placer un jeune et si ce n’est pas possible de l’intégrer dans une famille d’accueil, c’est qu’on a identifié des raisons qui sont fondées. Par exemple, si un jeune est déjà dans le milieu, il ne faut pas que ça vienne contrevenir à son plan de développement. Donc tous ces éléments sont pris en ligne de compte», précise Guillaume Cliche, agent d’information au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

Pour obtenir plus d’informations afin de savoir comment devenir une famille d’accueil, il est possible de consulter le site du CIUSSS MCQ.